Vanadzor & la région de Lori

Écrit par Sébastien

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Bienvenue à Vanadzor, une destination que j’affectionne tout particulièrement pour son atmosphère authentique et son cadre naturel spectaculaire. Troisième plus grande ville d’Arménie, elle se situe à environ 128 kilomètres au nord d’Erevan, nichée au creux d’une vallée verdoyante où se rejoignent les rivières Tandzut et Vanadzor sous l’œil protecteur des monts Bazum et Pambak. Je trouve fascinant d’explorer cette cité qui, autrefois fleuron industriel sous le nom de Kirovakan, se réinvente aujourd’hui en un pôle culturel et touristique vibrant, tout en préservant des vestiges historiques datant de l’âge du bronze. C’est, selon moi, la porte d’entrée parfaite et le point de départ idéal pour partir à la découverte des monastères millénaires et des paysages sauvages de la magnifique région de Lori.

Temps de lecture estimé : 32 minutes

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Histoire de la région de Lori

En plongeant dans le passé de la province, j’ai découvert que les terres de Lori sont habitées depuis l’aube de l’humanité, avec des traces de colonies remontant au deuxième millénaire avant J.-C. Intégrée au royaume d’Urartu puis à la Grande Arménie sous le nom de province de Gugark, la région a connu son véritable âge d’or médiéval avec la fondation du royaume de Tashir-Dzoraget, aussi appelé royaume de Lori, en 979 par le roi Kiurike I. Sa capitale, la superbe forteresse de Lori Berd, est devenue un centre de pouvoir majeur avant que la région ne passe sous influence géorgienne, puis sous la direction de la prestigieuse dynastie des Zakarian au XIIe siècle. C’est d’ailleurs à cette époque que les monastères d’Haghpat et de Sanahin ont rayonné comme des centres intellectuels de premier plan pour la science et la culture arménienne.

Une étape charnière de son histoire moderne survient en 1801, lorsque le territoire est annexé par l’Empire russe, jouant alors un rôle de zone stratégique cruciale à la frontière avec la Perse. Plus tard, en mai 1918, la région a été le théâtre de la bataille héroïque de Karakilisa, où les troupes arméniennes ont réussi à repousser l’armée ottomane, une victoire essentielle qui a ouvert la voie à la déclaration de la Première République d’Arménie. Après une période de tensions frontalières avec la Géorgie, Lori a finalement été intégrée à l’Arménie soviétique en 1921, avant de vivre le traumatisme du séisme dévastateur de 1988 qui a marqué les mémoires. Depuis l’indépendance du pays en 1991, cette province montagneuse continue de me fasciner par la résilience de ses habitants et la richesse de son patrimoine mondial protégé par l’UNESCO.

Histoire de Vanadzor

L’histoire de Vanadzor remonte à l’âge du bronze, comme en témoignent les colonies, tombes et vestiges archéologiques découverts sur les collines de Tagavoranist et de Mashtots. Durant l’Antiquité et le Moyen Âge, la région a été gouvernée par diverses dynasties arméniennes, notamment les Arsacides et les Bagratides, avant de faire partie du royaume de Lori entre le Xe et le XIIe siècle. À partir du XIIIe siècle, la ville est connue sous le nom de Gharakilisa (l’église noire), une appellation d’origine turcique inspirée par une église médiévale en pierre noire construite sous les princes Zakarian. En 1801, la cité intègre l’Empire russe, jouant un rôle stratégique crucial pour les forces de défense à la frontière avec la Perse. Bien que totalement détruite en 1826 lors de la guerre russo-persane, elle est reconstruite dès 1828 pour accueillir les troupes russes et des centaines de familles arméniennes migrantes venant de Kars, d’Ardahan et d’Erzurum. L’ouverture de la ligne de chemin de fer vers Tbilissi en 1899 a ensuite accéléré son développement économique et urbain.

Sous l’ère soviétique, la ville subit une transformation radicale, étant rebaptisée Kirovakan en 1935 en l’honneur du dirigeant bolchevique Sergueï Kirov. Elle devient alors le troisième centre industriel d’Arménie, se spécialisant dans la chimie, le textile et la construction mécanique, avec plus de 25 usines exportant leurs produits vers 40 pays à son apogée. En 1918, la région fut également le théâtre de la bataille de Karakilisa, où les troupes arméniennes ont repoussé l’armée ottomane, permettant ainsi l’émergence de la Première République d’Arménie. Bien que la ville ait subi des dommages lors du séisme de 1988, elle fut moins dévastée que les villes voisines de Spitak et Gumri. En 1992, après l’indépendance de l’Arménie, la ville a repris le nom de Vanadzor, signifiant « la vallée du monastère ». Aujourd’hui, après avoir surmonté l’effondrement industriel post-soviétique, Vanadzor se réinvente en tant que centre culturel et touristique, cherchant à attirer de nouveaux investissements grâce à son riche patrimoine architectural et sa nature environnante.

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Comment se rendre à Vanadzor ?

Si tu prépares ton escapade vers le nord de l’Arménie, sache que Vanadzor est très bien connectée, notamment depuis Erevan qui se trouve à environ 128 km de là. Voici les différentes options que je te conseille pour t’y rendre selon tes envies et ton budget :

  • Le minibus (marshrutka) : C’est l’option la plus économique et celle que les locaux utilisent le plus. Il te suffit de te rendre à la gare routière centrale d’Erevan, appelée Kilikia. Les minibus n°403 et 404 partent tous les jours entre 8h45 et 19h30. Le trajet dure un peu plus de deux heures et ne te coûtera que 1 000 AMD (environ 2 €).
  • Le taxi : C’est l’idéal si tu voyages en groupe ou si tu veux plus de confort. Le trajet dure environ deux heures et le prix est d’environ 15 500 AMD (soit environ 40 €). Tu peux aussi utiliser des applications de taxi pour commander une course privée comme GOTRIP.GE.
  • Le train : Si tu n’es pas pressé et que tu veux profiter des paysages, tu peux prendre le train à la gare Sasuntsi David d’Erevan. C’est le train qui va vers Tbilissi et qui s’arrête à la gare centrale de Vanadzor. C’est l’option la plus longue, compte environ quatre heures de trajet. Tu peux acheter tes billets sur le site des chemins de fer arméniens ou directement à la gare.
  • Depuis Gyumri : Si tu te trouves déjà dans la deuxième ville du pays, Vanadzor n’est qu’à environ une heure de route.

Une fois arrivé à la gare routière de Vanadzor, tu trouveras facilement des minibus pour explorer les pépites de la région de Lori, comme Stepanavan ou le canyon de Debed.

Je vous recommande aussi la location de voiture si vous voulez être totalement libre de vos mouvements, car les routes sont décentes malgré les nombreux virages en épingle à cheveux. Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.

Carte de Vanadzor et de la région de Lori

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Quoi voir à Vanadzor ?

Pour une lecture plus simple, je vais partir du bas du canyon au niveau du village de Dsegh et remonter vers la frontière géorgienne. Sachez que dans ce premier village vous avez un office du tourisme qui pourra vous donner quelques informations supplémentaires si je n’ai pas déjà tout couvert. Ensuite, les Canyon d’Arevatsag et tout ce qu’il y a à l’ouest de Dsegh, je le traite dans l’article sur Stepanavan car ce n’est pas du tout le même route.

La Place Hayk (Centrale)

Si tu cherches le véritable cœur battant de Vanadzor, je te conseille de te rendre directement sur la Place Hayk, autrefois appelée place Kirov à l’époque soviétique. C’est un endroit que j’adore pour son architecture imposante datant des années 1950, où le style néoclassique soviétique se marie avec des éléments traditionnels arméniens, notamment sur les bâtiments de la municipalité et de la mairie. En te promenant, tu ne pourras pas rater la statue du célèbre poète Hovhannes Shiraz, ni les fascinantes sculptures soviétiques qui symbolisent des valeurs comme le travail, le progrès et le savoir. C’est vraiment le point de départ idéal pour s’imprégner de l’histoire et de l’identité de la troisième ville du pays.

L’ambiance sur la place est particulièrement géniale en soirée, quand les locaux s’y retrouvent pour discuter ou se détendre. Le clou du spectacle, ce sont sans aucun doute les fontaines dansantes (ou chantantes) qui s’illuminent et s’animent en musique durant la saison chaude. Si tu as envie d’une pause un peu plus nature, tu peux faire comme les habitants du coin et aller marcher près du petit lac artificiel situé juste à côté ou profiter de la verdure des parcs environnants. C’est l’endroit parfait pour s’arrêter prendre une glace, un café, et simplement observer la vie locale s’écouler paisiblement.

vanadzor

Musée des Beaux-Arts de Vanadzor

Si tu es amateur d’art comme moi, tu ne peux pas passer à Vanadzor sans faire un tour au Musée des Beaux-Arts. Véritable trésor culturel situé en plein centre-ville, ce musée a ouvert ses portes en 1974. À l’origine, c’était une simple branche de la Galerie Nationale d’Arménie, mais il est vite devenu une institution indépendante. Le bâtiment s’étend sur trois étages et constitue une étape incontournable pour s’imprégner de l’identité artistique de la région de Lori.

Ce que je trouve fascinant, c’est la richesse de sa collection qui compte aujourd’hui entre 1 700 et plus de 2 000 œuvres. On y trouve de tout : des peintures, des sculptures, des dessins, des gravures et même des arts décoratifs. Bien que l’accent soit mis sur les artistes locaux extrêmement talentueux de Vanadzor et de ses environs, les galeries abritent également des pièces remarquables d’artistes russes et européens.

Lors de ta visite, je te conseille de prendre le temps de discuter avec les guides ; ils connaissent des histoires passionnantes sur les chefs-d’œuvre exposés. En plus des collections permanentes, le musée organise régulièrement des expositions temporaires mettant en avant des artistes arméniens contemporains, ce qui permet de découvrir la scène créative actuelle. C’est vraiment l’endroit idéal pour comprendre pourquoi Vanadzor est historiquement réputée pour sa forte concentration de peintres, sculpteurs et créateurs.

  • Horaires : Du mardi au samedi de 10h00 à 18h00. Fermé le lundi et le dimanche.
  • Prix : 500 AMD pour un billet et 1500 AMD pour un guide anglophone.
Musée des Beaux-Arts de Vanadzor

Musée régional de Lori-Pambak

Si tu veux vraiment plonger dans l’âme du nord de l’Arménie, je te recommande vivement de faire une halte au Musée régional de Lori-Pambak. Fondée en 1938, cette institution est une véritable mine d’or dédiée à l’histoire et à l’ethnographie de l’ancienne région de Gugark. Avec une collection monumentale qui dépasse les 34 000 pièces et artefacts, c’est le lieu parfait pour observer l’évolution de la culture locale au fil des siècles. J’aime particulièrement le fait que ce musée agisse comme une vaste mémoire collective, retraçant le passé et l’identité de toute la province de Lori.

Une fois que tu auras commencé ton exploration de ce dépôt de savoir, tu seras transporté dans un univers où les bijoux anciens côtoient des outils, des poteries et des vêtements traditionnels. Les galeries regorgent de tapis aux motifs fascinants et d’objets rituels qui permettent de mieux comprendre le mode de vie des habitants à travers l’histoire. Pour moi, c’est cette immersion visuelle qui rend la visite si spéciale : on y voit concrètement le quotidien des générations passées à travers des expositions de vaisselle et d’objets usuels. C’est sans doute l’une des meilleures façons de s’imprégner de la richesse culturelle de la région avant de partir à l’assaut des paysages naturels environnants.

  • Horaires : Du mardi au samedi de 9h00 à 18h00. Fermé le lundi et le dimanche.
  • Prix : 1000 AMD pour un billet.

Théâtre dramatique Hovhannes Abelyan

J’aime beaucoup m’arrêter devant le Théâtre dramatique d’État Abelian, une véritable pépite architecturale nichée au cœur de la ville depuis 1931. Ce bâtiment plein de cachet, qui porte le nom du célèbre Hovhannes Abelian, est un haut lieu de la culture locale où l’on peut encore aujourd’hui assister à des représentations théâtrales passionnantes dans une ambiance intimiste. C’est une étape que je te conseille vivement pour ressentir la vitalité artistique de Vanadzor, tout en admirant cette structure historique qui se dresse fièrement entre les constructions plus modernes.

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Le street-art de Vanadzor

Les murs de la cité racontent eux aussi une histoire fascinante grâce aux nombreux graffitis et œuvres de street art que tu croiseras lors de tes explorations urbaines. Ce mouvement créatif utilise l’espace public pour lancer des messages engagés sur des thématiques sociales ou environnementales, transformant les façades parfois austères en une galerie d’art à ciel ouvert. Je trouve que cela donne une énergie incroyable à Vanadzor, qui possède un cadre urbain naturellement adapté à la créativité et aspire d’ailleurs à devenir la capitale arménienne de cet art dynamique.

Maison du maître Mehrab Mirzakhanyan

Je te suggère aussi de faire un petit détour par la Maison du Maître Mehrab, que tu trouveras sur la rue Abovyan, juste derrière la cathédrale Saint-Grégoire. Mehrab Mirzakhanyan était un artiste légendaire de la région de Lori, célèbre pour ses magnifiques sculptures en pierre et ses fontaines d’eau potable, souvent appelées fontaines éternelles par les locaux. Aujourd’hui, sa demeure est un régal pour les yeux, car elle reste magnifiquement décorée par ses descendants avec des œuvres sculptées fascinantes qui témoignent de son immense héritage artistique.

Cathédrale Saint-Grégoire de Narek

En levant les yeux vers les collines environnantes, je vous conseille de repérer l’imposante silhouette de la cathédrale Saint-Grégoire de Narek, car cet édifice majeur domine pratiquement tout le paysage urbain de Vanadzor. Érigée en 2005 pour commémorer le millénaire du célèbre « Livre des Lamentations » du saint, elle sert aujourd’hui de siège au diocèse de Gougark. Bien que son architecture moderne située sur la rue Abovyan soit très photogénique de l’extérieur, c’est vraiment en poussant ses portes que j’ai été le plus impressionné par ses murs richement ornés de fresques d’art. Ces peintures et images captivantes illustrent à merveille l’histoire de l’Église arménienne et la naissance du christianisme dans le pays, le tout dans un cadre paisible entouré de parcs et de montagnes verdoyantes.

Cathédrale Saint-Grégoire de Narek

Église de la Sainte-Mère-de-Dieu

L’histoire de la ville est intimement liée à l’église de la Sainte-Mère-de-Dieu (Surb Astvatsatsin), un lieu que je trouve chargé d’émotion. Surnommée « l’église noire » car elle remplace un ancien édifice médiéval en pierre sombre détruit par un séisme en 1826, la structure actuelle a été reconstruite entre 1828 et 1830 avec du tuf orange et noir. C’est d’ailleurs cette « église noire » originelle (Gharakilisa) qui a donné son ancien nom à Vanadzor sous l’Empire russe. En me promenant dans son jardin, j’ai été fasciné par les magnifiques khachkars du XIIIe siècle qui y sont conservés, véritables témoins du passé sous la protection des princes Zakarian. Fait remarquable, elle est l’une des rares églises d’Arménie à être restée ouverte au culte durant toute la période soviétique.

Église orthodoxe russe de la Nativité de la Vierge

Pour terminer ce tour religieux, ne manque pas l’église orthodoxe russe de la Nativité de la Vierge, située tout près de la gare ferroviaire. Construite en 1893, elle offre un contraste architectural saisissant avec les églises arméniennes environnantes grâce à son style byzantin et son dôme arrondi, qui rappellent un peu la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en format réduit. C’est l’un des rares et des plus anciens édifices orthodoxes russes encore en activité en Arménie, servant fidèlement la communauté russe locale de la province de Lori. J’aime beaucoup l’atmosphère paisible qui s’en dégage, rappelant la diversité culturelle qui fait la richesse de cette région.

Jardin Botanique de Vanadzor

Pour une véritable bouffée d’oxygène, je vous conseille de faire un détour par le Jardin Botanique de Vanadzor, un sanctuaire de verdure niché à la périphérie sud-ouest de la ville. Fondé dans les années 1930 par le célèbre dendrologue Jora Sarukhanyan, ce parc de 12 hectares est considéré comme l’un des plus anciens et des plus vastes du pays. En m’y promenant, j’ai été émerveillé par l’incroyable biodiversité qu’il abrite : plus de 600 espèces de plantes y cohabitent, dont certaines sont rares ou menacées. C’est pour moi l’endroit idéal pour s’évader du tumulte urbain et se ressourcer au milieu de paysages paisibles, particulièrement au printemps ou au début de l’été quand les floraisons transforment les allées en un véritable spectacle naturel. Bien que certains recommandent de passer par un tour organisé pour s’y rendre, l’accès à ce havre de paix reste un incontournable pour les amoureux de la nature de passage dans la région.

Sources d’eau minérale

Une de mes découvertes préférées à Vanadzor est sans doute la source de Tetuh Djour, que les habitants appellent affectueusement « l’eau acide ». Ne te laisse pas freiner par ce nom surprenant, car cette eau minérale naturelle, qui descend directement des montagnes, est en réalité incroyablement rafraîchissante et délicieuse. La petite fontaine que tu verras a été aménagée dans les années 1970 et elle est devenue un véritable point de ralliement pour les locaux qui lui prêtent des vertus curatives et thérapeutiques. Je te recommande vivement d’apporter une bouteille vide pour la remplir gratuitement aux robinets, mais sois patient : quand le soleil brille, il n’est pas rare de devoir faire un peu la queue au milieu des Vanadzortsi venus faire leur provision d’eau fraîche.

Maison Tairov

J’adore m’arrêter devant la maison de Vasily Tairov, un édifice du XIXe siècle qui détonne vraiment par son élégance au cœur de Vanadzor. Construite par ce riche homme d’affaires, l’un des pères fondateurs de la célèbre industrie du brandy arménien, cette demeure se voulait à l’origine ostentatoire et unique par rapport aux autres grandes constructions de la ville. Nichée sur la rue Zakaryan, à deux pas du « Pont des Amoureux », la propriété est entourée d’un jardin plein de charme agrémenté de fontaines et d’une flore variée. Depuis 1999, ce bâtiment historique est devenu le siège du diocèse de Gougark de l’Église apostolique arménienne, offrant un cadre paisible idéal pour vos souvenirs photographiques. C’est également un lieu de détente privilégié puisque le domaine partage ses espaces verts avec l’ancien complexe de santé Hayastan, formant une oasis boisée le long de la rivière Vanadzor.

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Palais de la culture de Vanadzor

Lors de votre exploration du parc Charles Aznavour, récemment restauré, vous découvrirez l’imposant Palais de la Culture (souvent appelé Maison de la Culture), un édifice de style néoclassique qui s’impose comme l’un des plus vastes centres artistiques d’Arménie. J’ai été personnellement ébloui par son intérieur qui renferme l’un des lustres les plus spectaculaires du pays, une pièce maîtresse qui vaut à elle seule le détour. Ce lieu, situé à proximité immédiate des vestiges de l’ancienne usine chimique, rend également hommage au passé avec son monument dédié aux chimistes tombés lors de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, il demeure un pilier de la vie locale en accueillant de nombreux événements et expositions qui célèbrent la vitalité culturelle et les traditions de la région de Lori.

Boutique d’antiquités d’Hovsep Mesropyan

Je vous suggère de faire une petite halte pleine de nostalgie dans la boutique d’antiquités d’Hovsep Mesropyan, un véritable repaire pour les collectionneurs situé au 50 de l’avenue Tigran Mets. Fondé en 1980 par cet artiste local, cet endroit regorge de trouvailles accumulées au fil des décennies, allant de simples accessoires et pièces de monnaie à des médailles soviétiques ou de l’argent ancien. J’ai été particulièrement impressionné par la diversité des objets exposés, puisque l’on peut même y admirer des jarres en argile vieilles de 5 000 ans provenant de tout le pays. C’est le spot parfait pour chiner un objet chargé d’histoire tout en découvrant une collection personnelle unique, alimentée par des dons et des recherches passionnées à travers toute l’Arménie.

Marché de Vanadzor

Pour s’imprégner de l’effervescence locale, je vous suggère de faire un tour au marché ouvert de Lachin, niché en plein centre-ville. C’est un véritable festival de couleurs où les agriculteurs des villages voisins viennent vendre leurs récoltes de fruits et légumes frais, mais aussi des viandes et des produits artisanaux. En flânant dans ses ruelles étroites, j’ai été fasciné par la variété des herbes de montagne comme le sndrik, le shushan ou le papuk, que les vendeurs vous feront volontiers découvrir pour vous initier aux saveurs sauvages de la région. En plus des étals alimentaires, ce marché central offre un aperçu authentique du quotidien et de la culture commerciale des habitants. Situé à proximité immédiate de la gare routière, c’est l’endroit idéal pour chiner quelques souvenirs ou simplement observer la vie locale avant de poursuivre votre route dans la province de Lori.

Urbex à Vanadzor

À la fin des années 1980, Kirovakan (rebaptisée Vanadzor en 1993) était la deuxième ville industrielle d’Arménie après la capitale, avec 32 entreprises produisant des biens d’une valeur de 620 millions de roubles par an et employant environ 30 000 personnes sur les 170 000 habitants de la ville, exportant leurs produits vers plus de 40 pays. Cependant, après le tremblement de terre dévastateur de 1988, toutes les entreprises ont été privatisées et la plupart ont cessé leurs activités, tandis que celles qui subsistent fonctionnent à une échelle infiniment réduite par rapport au glorieux passé industriel de la ville.

Voici une liste non exhaustive des complexes industriels à l’abandon. A l’heure où j’écris ces mots, je n’ai toujours pas trouvé le moyen de les visiter.

  • L’usine Artavtomatika, connue par les anciens habitants de Kirovakan sous le nom d’« usine de robots », fabriquait de petits robots de bureau, mais rares sont ceux qui savaient que ces appareils étaient en réalité destinés à l’industrie de la défense.
  • La centrale thermique, mise en service en 1962, fournissait non seulement de l’électricité mais aussi de l’eau chaude et de la vapeur à plusieurs entreprises industrielles ainsi qu’aux habitations via le système de chauffage central, et l’avenir de cette entreprise aujourd’hui à la dérive reste encore incertain.
  • Depuis 1957, des représentants de 13 nationalités ont participé à la construction de l’usine de fibres chimiques, qui produisait annuellement 13 586 tonnes de fibres et 7 000 tonnes de filtres à cigarettes, mais elle est aujourd’hui à l’arrêt.
  • L’usine Electron fabriquait des appareils secrets destinés à l’industrie de la défense. Les habitants de Kirovakan avaient l’habitude de dire en plaisantant : « Nous fabriquons une machine à coudre, mais nous recevons une mitrailleuse. » La société Chin-Van Ltd. a été créée sur le site de l’usine Electron. Elle fabrique des tracteurs à partir de pièces détachées chinoises. Son volume de production reste toutefois relativement faible.
  • L’usine chimique, première entreprise industrielle de la ville fondée en 1929, a débuté avec un atelier de chaux et d’azote avant d’ajouter progressivement des ateliers de corindon, d’urée et de mélamine, pour achever sa construction en 1977 et devenir un géant industriel employant plusieurs milliers de personnes. En 1987, lors de sa dernière année de pleine activité, l’usine produisait plus de 180 000 tonnes d’engrais, 2 200 tonnes d’ammoniaque, 34 660 tonnes de carbure de calcium et 13 570 tonnes de mélamine, mais après un arrêt temporaire suite au tremblement de terre de 1988, elle n’a repris qu’une activité réduite et intermittente, et aujourd’hui pratiquement à l’arrêt, elle n’emploie plus que 200 à 300 personnes chargées principalement de la surveillance du site et des équipements.
  • D’après les habitants, il arrivait parfois que les habitants de Kirovakan achètent des articles à Moscou pour se rendre compte ensuite qu’il s’agissait de produits fabriqués à Kirovakan. L’usine de tricotage est l’un des plus anciens bâtiments de la ville. Construit en 1921, il a commencé son activité avec 5 machines et 92 ouvriers. En 1980, l’usine produisait 50 références de produits, pour un total de 70 000 pièces.
  • Il ne reste plus que les clôtures de l’ancienne usine de machines-outils. Les tourneurs d’« Avtogenmash » se livraient une concurrence acharnée pour savoir qui usinerait le mieux les pièces. C’est à cette époque qu’ils ont commencé à produire des machines laser. Les produits de l’usine ont remporté des médailles d’or aux salons internationaux de Leipzig et de Plovdiv, mais cette marche triomphale a été interrompue en 1988 à la suite de l’effondrement du bâtiment de l’usine causé par un tremblement de terre. Il y a eu de nombreuses victimes.
Vanadzor usine
La centrale thermique

Où séjourner à Vanadzor ?

Pour poser tes valises dans cette ville verdoyante, je te recommande sans hésiter le B&B Maghay. C’est mon coup de cœur absolu car l’accueil y est incroyablement chaleureux et les chambres conviennent aussi bien aux voyageurs solos qu’aux couples ou aux familles. Le jardin est une véritable petite oasis avec ses chaises, ses tables et même un hamac pour se détendre après une journée de marche, mais c’est surtout le petit-déjeuner qui reste gravé dans ma mémoire : beaucoup de voyageurs s’accordent à dire que c’est l’un des meilleurs de toute l’Arménie.

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Une autre option fascinante pour s’imprégner de l’histoire locale est l’Hôtel Kirovakan. Cet imposant bâtiment situé sur une colline est un ancien hôtel soviétique qui a été rénové pour offrir un confort moderne tout en conservant quelques touches architecturales de l’époque de l’URSS. En choisissant de séjourner ici, tu profiteras de chambres spacieuses et surtout d’une vue imprenable sur toute la cité depuis les hauteurs, sans oublier son bar en terrasse qui est parfait pour les soirées d’été.

Les voyageurs en quête de soins et de détente préféreront peut-être le Vanadzor Armenia Health Resort & Hotel, qui est l’un des centres les plus importants pour les traitements thermaux à base d’eaux minérales et de boue de la région. Enfin, pour une expérience plus luxueuse et élégante, le Tufenkian Avan Dzoraget Hotel est une référence incontournable avec son style boutique raffiné.

Où manger un bout à Vanadzor ?

Pour une immersion totale dans l’hospitalité locale, je vous recommande vivement le Home Restaurant, plus connu par les habitants sous le nom de Papi Mot (chez grand-père). Situé dans l’arrière-cour d’une maison familiale rue Zoryan, ce spot propose une cuisine généreuse et authentique : je vous suggère de goûter leurs saucisses maison à la grenade ou leurs salades fraîches accompagnées de kompot. Un autre passage obligé pour les gourmands reste le marché ouvert de Lachin en plein centre, où vous pourrez découvrir des herbes de montagne typiques comme le sndrik, le shushan ou le papuk tout en picorant les produits frais des fermes voisines.

Amateurs de pause café et de gourmandises, vous trouverez votre bonheur chez Shamam’s Macarons au 19 rue Myasnikyan. C’est un café inspirant où les macarons sont de véritables petites œuvres d’art, souvent décorés de dessins uniques réalisés par un artiste local. Dans un style plus détendu, la Maran Beer House sur l’avenue Tigran Mets est l’endroit idéal pour déguster une bière artisanale de la région de Lori accompagnée d’une cuisine variée et de bières non filtrées.

Quoi voir dans la région de Lori ?

Les villages molokans

Lorsqu’on s’aventure dans les montagnes verdoyantes de la province de Lori, on découvre des lieux où le temps semble s’être arrêté : les villages de Fioletovo et Lermontovo, foyers de la communauté des Molokans. Ces chrétiens spirituels originaires de Russie, exilés au XIXe siècle en raison de leurs croyances divergeant de l’Église orthodoxe, ont su préserver une identité unique caractérisée par une vie simple et des traditions ancestrales. En te promenant entre leurs maisons traditionnelles en bois, tu remarqueras sans doute le style de vie très sobre des habitants, qui rejettent les icônes et la hiérarchie religieuse pour se concentrer sur les enseignements de la Bible. Je te conseille vivement de faire une halte à Fioletovo pour visiter leur musée du patrimoine ouvert en 2023 ou pour partager un thé au samovar accompagné de leurs célèbres pirogues aux légumes. C’est une expérience humaine fascinante qui permet de découvrir une culture fondée sur le travail de la terre, le refus de l’alcool et du tabac, et une hospitalité qui te marquera durablement.

Stepanavan, son Dendropark & la forteresse de Lori

Stepanavan, une charmante ville de villégiature nichée au cœur de la province du Lori, où l’air pur chargé d’arômes de pins attire les voyageurs en quête de sérénité. Pour une immersion totale dans la verdure, je vous invite à flâner dans les allées du célèbre Dendropark, le tout premier arboretum d’Arménie fondé en 1933, qui abrite une collection fascinante de plus de 500 espèces végétales, dont de jeunes séquoias géants de Californie. L’aventure se poursuit avec la découverte de la forteresse de Lori Berd, une sentinelle médiévale érigée au XIe siècle par le roi David Anhoghin qui fut autrefois la capitale florissante du royaume de Tashir-Dzoraget. Un peu plus loin dans le canyon, vous tomberez sous le charme du monastère d’Hnevank, un complexe monastique des VIIe-XIIe siècles dont les pierres aux teintes bicolores et le dôme unique s’intègrent majestueusement au paysage sauvage des gorges du Dzoraget. Entre nature curative et vieilles pierres chargées d’histoire, ce petit coin de paradis du nord de l’Arménie est une étape incontournable que j’adore faire découvrir.

debed canyon

Canyon de Debed

Laissez-moi vous emmener dans mon coin de paradis secret au nord de l’Arménie : le canyon du Debed. Imaginez des gorges spectaculaires où le basalte gris dessine un paysage de « badlands » absolument unique dans tout le Caucase. C’est ici que se cachent les trésors de l’UNESCO, comme les majestueux monastères frères de Sanahin et d’Haghpat, mais la région ne s’arrête pas à ses pierres millénaires. Entre deux randonnées sur le magnifique World Heritage Trail, vous pourriez explorer les fresques byzantines d’Akhtala, vous perdre dans les grottes mystérieuses de Zarni-Parni ou même tomber nez à nez avec un véritable avion de chasse MiG-21 au détour d’un village. Des descentes épiques en rafting sur la rivière Debed aux moments de calme absolu face au rocher géant de Tsits Kar, cette vallée du Lori est une terre de légendes et d’aventures qui n’attend que vous….

Monastère de Sanahin

Imaginez un lieu dont le nom même défie le temps : Sanahin, ou « celui-ci est plus vieux que celui-là ». En arrivant sur ce haut plateau qui domine Alaverdi, j’ai été immédiatement saisi par l’aura de sagesse qui émane de ces pierres de basalte gris poli, ciselées il y a plus de mille ans. Ce site classé à l’UNESCO n’était pas qu’une simple succession d’églises, mais une véritable université médiévale où la théologie croisait la calligraphie et la médecine sous les voûtes de son académie renommée. On peut encore y voir les niches de pierre où s’asseyaient les étudiants de l’illustre Grigor Magistros, tandis que la bibliothèque monumentale, ou Matenadaran, semble encore garder le secret des manuscrits les plus précieux de l’Arménie. Entre ses khatchkars d’une finesse inouïe et son imposant clocher de 1235, chaque recoin de ce sanctuaire raconte une page de la résilience et du génie artistique arménien que je vous invite à feuilleter avec moi.

Monastère d’Haghpat

Visualisez un sanctuaire accroché à flanc de montagne, défiant les siècles et les invasions depuis plus de mille ans. C’est à Haghpat, l’un de mes coups de cœur absolus dans le nord de l’Arménie, que j’ai vraiment compris ce que la résilience et le génie architectural signifient. Fondée en 976 pour assurer la protection des fils de la reine Khosrovanouche, cette « forteresse du savoir » classée à l’UNESCO était autrefois un centre intellectuel vibrant où des centaines de moines étudiaient aussi bien l’astronomie que la théologie. J’ai été particulièrement saisi par l’aura de mystère qui entoure son Matenadaran, cette bibliothèque autrefois enterrée pour sauver des manuscrits inestimables, et par la finesse de son célèbre khatchkar « Sauveur de tous », teint au rouge de cochenille. Que vous soyez amateur de fresques médiévales ou simplement en quête d’une vue époustouflante sur le canyon du Debed, chaque pierre de ce labyrinthe de basalte a une légende fascinante à vous murmurer…

monastère d'Haghpat

FAQ sur Vanadzor

Quelles sont les visites incontournables de Vanadzor ?

La Place Hayk constitue le cœur de la cité, célèbre pour ses bâtiments imposants et ses fontaines « dansantes » qui s’animent en musique à la nuit tombée. Je vous recommande aussi de découvrir l’église Surb Astvatsatsin, surnommée « l’église noire », dont l’édifice actuel du XIXe siècle contient des khachkars (pierres-croix) médiévaux dans son jardin. Pour les amateurs d’art, le Musée des Beaux-Arts et ses trois étages de collections régionales sont une étape indispensable.

Quelles activités de plein air propose la région ?

Les amateurs d’adrénaline doivent absolument tester le Boo Mountain Bike Park, qui propose le premier parcours de pump track du Caucase, ou s’essayer au rafting sur la rivière Debed. Les randonneurs trouveront leur bonheur grâce aux nombreux sentiers menant vers des sommets comme le mont Tezh ou à travers le canyon d’Arevatsag. Enfin, le Jardin Botanique de Vanadzor offre une balade paisible parmi plus de 600 espèces végétales.

Quelle est la meilleure période pour visiter la région de Lori ?

La saison idéale s’étend de mai à septembre, car le climat y est doux et parfait pour les activités extérieures. L’été est également riche en événements, comme le festival des plantes comestibles à Dsegh en juillet ou l’Airfest à l’aéroport de Stepanavan en août. L’automne est tout aussi charmant pour admirer les feuillages colorés des forêts environnantes, tandis que l’hiver offre des paysages enneigés et des possibilités de ski à proximité.

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