Dilijan | Parc national & lac Parz

Écrit par Sébastien

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Après avoir parcouru les paysages parfois arides du reste du pays, je vous emmène aujourd’hui respirer le grand air à Dilijan (ou Dilidjan), cette charmante ville de la province du Tavush que tout le monde ici surnomme la « petite Suisse arménienne ». Imaginez des montagnes enveloppées de forêts denses, des monastères médiévaux comme Haghartsine ou Gochavank qui semblent surgir de nulle part, et un air si pur qu’il attire les voyageurs en quête de sérénité depuis des siècles. En arrivant sur place, vous découvrirez un mélange unique entre artisanat traditionnel, randonnées spectaculaires sur la Transcaucasian Trail et gastronomie locale réconfortante. Laissez-moi vous guider à travers ce petit paradis verdoyant pour que vous puissiez en savourer chaque instant.

Temps de lecture estimé : 32 minutes

Remarque : cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie que je peux percevoir des clopinettes si vous effectuez un achat en cliquant sur un lien (sans frais pour vous).

Brève histoire de Dilijan

L’histoire de cette région remonte à bien plus loin qu’on ne l’imagine, avec des traces de peuplement datant de la fin de l’âge du bronze et du début de l’âge du fer. Dès le Moyen Âge, ces terres boisées servaient de résidence d’été et de terrain de chasse favori pour les rois Arsacides. C’est durant cette période faste, entre le Xe et le XIIIe siècle, que la zone a vu s’épanouir ses joyaux architecturaux comme les monastères de Haghartsine et Goshavank, devenant ainsi un centre intellectuel et spirituel majeur pour l’Arménie.

Par la suite, le XIXe siècle a marqué un tournant décisif sous la domination russe, transformant peu à peu Dilidjan en une station thermale réputée où les familles aisées du Caucase venaient construire leurs élégantes villas d’été. Cette renommée s’est intensifiée durant l’ère soviétique, faisant de la ville un haut lieu de villégiature pour les créatifs, les compositeurs et les peintres, avec l’ouverture de plus de 30 sanatoriums réputés pour leur air pur et leurs eaux minérales. Bien qu’elle ait connu un certain déclin après la chute de l’Union soviétique, je suis ravi de constater qu’elle connaît aujourd’hui une véritable renaissance grâce au développement de l’écotourisme et de nouveaux centres éducatifs internationaux.

Bons plans en un clin d’œil

Depuis Erevan : Visite privée jusqu’à Dilijan en passant par Sevan

Excursion en groupe en incluant Sevan et Dilijan

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Comment se rendre à Dilijan ?

Rejoindre Dilijan depuis Erevan est un jeu d’enfant, car la ville ne se trouve qu’à 100 kilomètres de la capitale. Il faut compter généralement une heure et demie de route pour passer de l’agitation urbaine à la sérénité des montagnes boisées.

En minibus

Pour les voyageurs qui, comme moi, privilégient les solutions locales et économiques, la marshrutka (le minibus traditionnel) est l’option idéale. Ces minibus partent de la gare routière du Nord, située à environ 10 kilomètres du centre d’Erevan. Pour vous y rendre, vous pouvez prendre un taxi via une application pour environ 1 000-1 500 AMD ou opter pour le bus municipal n°46, qui ne coûte que 100 AMD. Le trajet en marshrutka vers Dilidjan dure entre 1h30 et 2h et vous coûtera entre 1 000 et 1 500 AMD par personne. Je vous conseille d’arriver un peu en avance sur l’horaire prévu (les départs commencent à 9h00), car les chauffeurs ont l’habitude de partir dès que le véhicule est plein.

En taxi ou en voiture

D’autres alternatives s’offrent à vous si vous recherchez plus de confort ou de rapidité. Le taxi privé, que vous pouvez commander via des applications comme GOTRIP.GE, vous emmènera à destination en une heure environ pour un tarif oscillant entre 10 000 et 17 000 AMD. Par ailleurs, le service GG shuttle propose des navettes partagées très confortables au départ du musée Matenadaran pour environ 1 600 AMD.

Louer une voiture est une excellente idée si vous souhaitez explorer les monastères isolés ou les sentiers du parc national à votre propre rythme. L’autoroute M4, qui relie Erevan à Dilijan, est une route panoramique bien entretenue qui longe même une partie des rives du lac Sevan. Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.

Enfin, pour ceux qui arrivent directement de Géorgie, il est tout à fait possible de s’arrêter à Vanadzor, d’où des minibus rejoignent Dilijan en une heure pour seulement 500 AMD environ.

Enfin, de nombreux tours organisés proposent des excursions à la journée au départ d’Erevan. C’est une option sans stress qui combine souvent la visite des monastères et du lac avec d’autres sites magnifiques comme Sevan. Quel que soit votre choix, n’oubliez pas d’emporter une petite veste, car même en plein été, l’air frais de l’altitude peut surprendre.

Carte de Dilijan

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Quoi voir dans le village de Dilijan ?

Dilidjan n’est pas seulement une ville, c’est une véritable porte d’entrée vers une nature luxuriante et un patrimoine médiéval fascinant. Voici ma liste complète des incontournables, à la fois dans le centre et dans les environs verdoyants.

Vieux Dilijan

Lors de mes explorations à Dilijan, je finis toujours par me retrouver dans la rue Sharambeyan, le cœur historique que tout le monde appelle le « Vieux Dilidjan ». Ce quartier, bien que petit, est un véritable bijou d’architecture avec ses maisons du XIXe siècle ornées de balcons en bois sculptés, caractéristiques du style unique de la région. Ces bâtisses servaient autrefois de villégiatures d’été aux familles aisées du Caucase qui cherchaient à s’isoler dans la forêt. Depuis sa restauration par le complexe Tufenkian en 2004, la rue a retrouvé son allure d’autrefois, avec ses pavés traditionnels et ses tapis suspendus qui donnent l’impression d’être projeté un siècle en arrière.

Au-delà du décor, j’apprécie particulièrement l’énergie créative qui anime cette avenue piétonne servant de musée à ciel ouvert pour l’artisanat arménien. On y croise des artisans passionnés comme Grigor, un sculpteur sur bois de troisième génération, ou Arsen dans son atelier de céramique, tous deux ravis de partager leur savoir-faire. Je vous conseille d’ailleurs de tenter l’expérience d’un master class de poterie ou de sculpture, car c’est une excellente façon de s’immerger dans la culture locale pendant environ une heure. L’ambiance y est incroyablement sereine, et entre deux visites de galeries d’art, vous pourrez dénicher des souvenirs authentiques tout en respirant l’air pur de la montagne.

dilijan old town

Musée d’histoire locale et galerie d’art

Pour plonger dans le passé de la région, je vous recommande de vous arrêter au 28 de la rue Myasnikyan, où se dresse un bâtiment massif en travertin blanc abritant le Musée d’histoire locale. Fondé en 1950, cet établissement agit comme une véritable machine à explorer le temps, vous transportant de l’ère énéolithique jusqu’aux intérieurs raffinés de l’intelligentsia du XIXe siècle. En parcourant les collections, j’ai été fasciné par les objets archéologiques datant de la fin de l’âge du bronze et du début de l’âge du fer, mais aussi par la finesse des bijoux anciens et des tapis traditionnels exposés. Vous y découvrirez même une exposition de chaises assez originale qui apporte une touche inattendue à la découverte du patrimoine local.

À l’étage, le décor change avec une galerie d’art aux sols de marbre qui accueille des chefs-d’œuvre de peintres arméniens et internationaux. C’est ici que vous pourrez admirer des toiles de maîtres renommés tels qu’Aivazovsky, Saryan ou Terlemezyan, ainsi que des œuvres provenant parfois directement du prestigieux musée de l’Ermitage. Le musée ne se contente pas d’exposer des peintures flamandes, italiennes ou françaises des XVIe et XVIIIe siècles, il propose aussi des ateliers interactifs, comme celui sur l’art de la gravure, pour ceux qui souhaitent s’essayer à la création. Cette étape culturelle offre un complément idéal aux randonnées en forêt, permettant de mieux comprendre l’âme artistique de cette ville autrefois très prisée des créateurs soviétiques.

Amphithéâtre de Dilijan

En vous promenant au cœur de la ville, vous ne pourrez pas manquer l’amphithéâtre de Dilijan, une structure assez surprenante qui semble tout droit sortie de la Grèce antique. Bien qu’il ait un air séculaire avec ses colonnes majestueuses et sa statue centrale de femme au pichet baptisée « Vardavar », cet édifice a en réalité été construit récemment, en 2008. C’est un endroit que j’aime particulièrement visiter en fin de journée, car le coucher du soleil pare les murs de pierre de teintes chaudes et dorées, créant un cadre vraiment photogénique. Aujourd’hui, il sert de scène pour divers événements culturels et spectacles, tout en offrant aux voyageurs un espace paisible pour s’asseoir et admirer la vue sur les montagnes environnantes.

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Monument « Mimino »

Impossible de rater le monument « Mimino » lors de votre passage au rond-point central de la ville. Installé en 2011, cet ensemble en bronze rend hommage aux héros d’une comédie soviétique culte de 1977 que tout le monde ici connaît par cœur. On y retrouve les statues de Rubik, Valiko et Volokhov, symbolisant l’amitié entre l’Arménie, la Géorgie et la Russie. J’adore m’y arrêter non seulement pour la photo, mais aussi pour sacrifier à la tradition locale : toucher le nez des personnages pour s’attirer la chance, ce qui explique pourquoi ils sont si brillants et polis. Entre les trois compères, une fontaine vous permet de goûter cette fameuse eau de Dilidjan dont Rubik se vantait dans le film en affirmant qu’elle occupait la deuxième place mondiale après celle de San Francisco. C’est un véritable symbole de la ville qui apporte toujours un sourire aux voyageurs et aux habitants.

Monument commémorant le 50e anniversaire de l’Arménie soviétique

En levant les yeux vers les collines qui surplombent le rond-point central, vous apercevrez sans aucun doute l’un des symboles les plus frappants de la ville : le monument commémorant le 50e anniversaire de l’Arménie soviétique. Érigé en 1970, cet édifice massif en forme d’étoile blanche à cinq branches est un exemple pur du modernisme soviétique, arborant un style que l’on pourrait qualifier de brutaliste. J’ai trouvé fascinant d’apprendre que ses cinq pointes ont une signification symbolique précise, représentant chacune une décennie de l’ère soviétique dans le pays. Œuvre des architectes S. Avetisyan, A. Tarkhanyan et K. Vatinyan, cette structure est perchée sur une petite colline, ce qui la rend visible depuis presque n’importe quel point de vue de Dilidjan. C’est une étape incontournable pour les amateurs d’histoire qui, comme moi, apprécient de voir comment ces vestiges architecturaux s’intègrent de manière organique dans le paysage de montagnes verdoyantes.

Monument commémorant le 50e anniversaire de l'Arménie soviétique

Parc municipal de Ditaran

À quelques pas du centre d’information dans le parc municipal de Ditaran, j’ai découvert le parc d’aventure Verev, un endroit génial pour ceux qui veulent un peu d’action en pleine nature. Saviez-vous qu’il s’agit du plus long parc d’accrobranche d’Arménie ?. Il propose différents parcours d’obstacles aériens qui serpentent entre les arbres, avec des ponts suspendus et des cordes qui mettront votre équilibre à l’épreuve. Ce qui est super, c’est que les niveaux de difficulté sont variés, donc que vous soyez un débutant ou un amateur de sensations fortes, vous y trouverez votre compte pour un tarif d’environ 12 € par personne.

Juste à côté des vieux manèges un peu délabrés de l’époque soviétique, vous tomberez sur une structure bien plus moderne : le cinéma Ditaran. C’est un établissement en forme de dôme assez impressionnant qui projette des films immersifs et éducatifs à couper le souffle. Confortablement installé dans votre siège, vous regardez des courts-métrages de 25 à 35 minutes projetés directement sur le plafond, traitant de sujets passionnants comme l’histoire de la Terre avec le film « Stars » ou même de la science-fiction. C’est, à mon avis, l’étape idéale pour une pause culturelle originale en famille après une bonne randonnée dans la forêt environnante.

Quoi voir autour de Dilijan ?

Monastère d’Haghartsin

Le monastère de Haghartsin est pour moi l’un des trésors les plus fascinants de la région, niché au creux d’une vallée boisée à environ 13-15 kilomètres de Dilidjan. Son nom poétique, qui signifie « Danse des aigles », trouve ses racines entre le Xe et le XIIIe siècle. Si les premières pierres ont été posées sous la dynastie des Bagratides, le site a véritablement connu son âge d’or après avoir été refondé en 1184 par le musicologue Khatchatour Taronetsi, avec le soutien des princes Zakarian. Récemment, le complexe a bénéficié d’une rénovation majeure grâce à un don généreux de l’émir de Charjah, ce qui lui permet aujourd’hui de briller à nouveau dans son écrin de verdure.

Monastère Haghartsin dilijan

En arrivant sur place, vous découvrirez un ensemble architectural remarquable composé de trois églises principales. La plus ancienne, Saint-Grégoire, abrite un cadran solaire sur sa façade sud, tandis que Saint-Astvatsatsine (Sainte-Mère-de-Dieu) est la plus grande et la plus richement décorée. À leurs côtés se dresse la petite église Saint-Étienne, souvent utilisée pour les baptêmes. Je vous conseille vivement de ne pas manquer le réfectoire, construit en 1248, qui est un exemple rare et magnifique de l’ingénierie médiévale arménienne avec ses colonnes symbolisant les douze apôtres.

Une visite à Haghartsine ne serait pas complète sans saluer le vieux noyer calciné situé derrière les églises, un témoin vivant presque aussi âgé que le monastère lui-même. La légende locale raconte que si vous parvenez à passer à travers la cavité de son tronc, vos vœux les plus chers se réaliseront. Prenez également le temps d’admirer les nombreux khatchkars (pierres à croix) finement sculptés et de visiter la boulangerie sur place pour goûter un gata traditionnel tout chaud. Pour les plus aventureux, un sentier de 1,6 km part du monastère et s’enfonce dans la forêt vers une cascade cachée, idéale pour une pause fraîcheur en pleine nature.

Monastère de Gochavank

Après avoir quitté l’effervescence de Dilijan, je vous conseille vivement de faire un saut dans le petit village de Gosh pour découvrir son monastère éponyme, fondé à la fin du XIIe siècle. À l’origine, le site s’appelait Nor-Getik, soit le « Nouveau Getik », car il a été bâti pour remplacer un ancien complexe détruit par un puissant séisme. Ce haut lieu spirituel doit sa renommée à son fondateur, l’érudit et juriste Mkhitar Gosh, une figure majeure de l’histoire arménienne qui y a rédigé le premier code de lois du pays. C’est d’ailleurs en son honneur que le monastère a pris son nom actuel après sa disparition en 1213.

En déambulant entre les édifices de pierre, vous serez frappé par le raffinement de l’architecture médiévale arménienne, notamment celle de l’église principale, Sourp Astvatsatsin. Mais le véritable trésor du site, celui devant lequel je m’arrête toujours avec admiration, c’est l’incroyable khachkar réalisé par le maître tailleur Poghos en 1291. Surnommé « Aseghnagorts » (brodé à l’aiguille), il est considéré comme l’un des plus beaux du monde pour la finesse extrême de ses motifs ciselés. Prenez aussi le temps d’explorer les ruines de la bibliothèque et de l’ancienne école, témoins de l’époque où Goshavank était l’un des centres intellectuels les plus prestigieux du Caucase.

Monastère de Gochavank dilijan

Une fois sur place, je vous suggère de grimper un peu sur le versant boisé pour rejoindre la petite chapelle funéraire de Mkhitar Gosh, située légèrement à l’écart du complexe principal. Le cadre naturel, niché au cœur de la vallée de Tandzout, apporte une atmosphère de sérénité absolue qui invite à la réflexion. Avant de repartir, n’hésitez pas à flâner dans le village traditionnel qui entoure les monuments ; c’est une immersion parfaite dans la vie rurale arménienne. Pour les plus courageux, sachez qu’un sentier de randonnée de quelques kilomètres mène au lac Gosh, un petit écrin sauvage idéal pour une pause pique-nique en pleine forêt.

Lac Parz

Imaginez un véritable miroir d’eau translucide niché au cœur d’une forêt dense à environ 1 350 mètres d’altitude. C’est le lac Parz, dont le nom signifie littéralement « clair » en arménien, décrivant parfaitement la façon dont les arbres et le ciel se reflètent sur sa surface émeraude. Pour m’y rendre, je prends généralement un taxi pendant une vingtaine de minutes depuis le centre de Dilijan, même si les plus courageux peuvent choisir d’emprunter les sentiers de randonnée balisés qui serpentent à travers le parc national. L’endroit possède une atmosphère presque onirique, particulièrement durant les mois d’automne quand les feuillages se parent de teintes rouges et jaunes flamboyantes.

Une fois sur les berges, vous remarquerez que le site est assez aménagé, proposant des activités variées allant de la promenade paisible en barque à une tyrolienne impressionnante qui survole les eaux. Les familles apprécient souvent le parc d’aventure avec ses parcours de cordes, tandis que le restaurant au bord de l’eau permet de savourer un délicieux barbecue traditionnel dans un cadre relaxant. Je vous conseille de suivre le petit sentier de randonnée qui fait le tour du périmètre pour vous éloigner un peu de l’agitation des zones commerciales et profiter pleinement de la sérénité des bois. Pensez également à faire un saut au centre de reproduction des cerfs rouges tout proche pour observer de près ces animaux magnifiques en cours de réintroduction dans le parc national.

Lac Parz Dilijan

Ijevan Wine Factory

En poussant un peu plus loin vers le nord, à environ 130 km d’Erevan, j’aime m’arrêter à la fabrique de vin et de cognac d’Ijevan, l’une des plus anciennes et prestigieuses du pays puisqu’elle a été fondée en 1951. Nichée dans la province du Tavush, au confluent des rivières Aghstev et Spitak Jur, l’usine profite d’un emplacement privilégié dans une vallée entourée de montagnes boisées. Depuis son acquisition en 2005 par E. L. Egiazaryan, elle a bénéficié d’investissements majeurs pour moderniser ses équipements et attirer des experts internationaux, lui permettant de rester à la pointe de l’industrie tout en respectant les traditions historiques arméniennes.

Ce qui me fascine à chaque visite, c’est la diversité incroyable de leur production qui s’étend à une trentaine de variétés, allant des brandies de haute qualité aux vins pétillants, en passant par des vodkas et des jus. Vous y trouverez des crus célèbres comme le « Mkhitar Gosh » ou le « Sargon », ainsi que des vins de fruits qui font la réputation de la région. Leurs vignobles couvrent plus de 300 hectares dans la vallée de l’Ararat, où le climat favorable garantit des raisins de premier choix pour des arômes raffinés. Comptez environ 7 € pour une visite qui vous permettra de découvrir les secrets de leur fabrication et, bien sûr, de savourer leurs produits dans un cadre enchanteur.

Ijevan Wine Factory

Parc national de Dilijan

Ce qui me frappe à chaque fois que je m’enfonce dans les 24 000 hectares du parc national, c’est cette incroyable explosion de verdure qui lui vaut son surnom de « petite Suisse ». On y trouve près de la moitié des espèces végétales présentes dans tout le Caucase, et figurez-vous qu’un tiers d’entre elles sont endémiques à la région. En levant les yeux, vous pourrez admirer des hêtres d’Orient majestueux dont certains affichent plus de 300 ans au compteur.

Côté faune, le parc est un véritable refuge abritant plus de 900 espèces animales. L’un de mes moments préférés reste la visite du centre de reproduction des cerfs rouges du Caucase, un projet passionnant qui vise à réintroduire ces animaux magnifiques, autrefois menacés par le braconnage et la déforestation, dans les forêts du Tavush. En restant discret sur les sentiers, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir la richesse de la biodiversité locale dans son habitat naturel. Il est toutefois bon de savoir que des ours vivent également dans ces montagnes, bien qu’ils évitent généralement tout contact avec les randonneurs.

Balade de Jukhtakvank et Matosavank

Pour s’imprégner de l’âme sauvage de la région, rien ne vaut une balade vers les monastères de Jukhtakvank et Matosavank, deux joyaux cachés au cœur de la forêt. J’aime particulièrement ce sentier car il nous plonge dans un décor mystique où les ruines médiévales semblent fusionner avec la nature environnante. D’un côté, Jukhtakvank (qui signifie « la paire ») se dresse avec ses deux églises jumelles, dont l’une est maintenue de façon spectaculaire par de massifs cerclages métalliques. De l’autre côté du vallon, Matosavank se dissimule si bien dans les bosquets touffus qu’on pourrait presque passer à côté de ses murs couverts de mousse et de ses khatchkars baignés d’une lumière verte surnaturelle. Le parcours traverse des paysages variés, alternant entre des sentiers forestiers ombragés et des prairies alpines, offrant une parenthèse de calme absolu à seulement quelques kilomètres du centre de Dilijan.

  • Difficulté : Facile.
  • Durée : Entre 1 et 2 heures selon votre rythme de visite.
  • Distance : Environ 3 km pour la boucle à partir du début du sentier (comptez 7 km si vous partez à pied du centre de Dilidjan).

Balade de la cascade cachée

Pour un moment de pure fraîcheur, je vous suggère de tester le sentier de la cascade cachée, un petit bijou naturel niché au creux de la forêt juste à côté du monastère d’Haghartsine. Ce qui rend cette balade si spéciale, c’est que cette chute d’eau à plusieurs niveaux est si bien dissimulée par des falaises et d’énormes rochers qu’elle n’a été découverte que très récemment. Le chemin part du monastère et s’enfonce dans les bois en suivant le cours d’un ruisseau dont le murmure vous guidera tout au long du parcours. D’ailleurs, vous traverserez un petit pont de bois aménagé pour faciliter le passage, et vous aurez même l’occasion de découvrir quelques khatchkars médiévaux oubliés parmi les arbres en explorant les environs. Une fois arrivé, les plus courageux d’entre vous pourront plonger dans le bassin naturel au pied de la cascade pour une baignade revigorante, alors n’oubliez pas d’emporter une serviette. C’est une escapade enchantée, idéale pour déconnecter et profiter de l’aura mystique de la forêt arménienne.

  • Difficulté : Facile.
  • Durée : Environ 1 heure 30 minutes.
  • Distance : Environ 3,2 km aller-retour.

Balade du lac de Gosh

J’ai un faible pour le lac Gosh, une véritable petite « goutte de cristal » nichée au cœur des montagnes boisées du parc national. Contrairement au lac Parz, cet endroit est resté merveilleusement sauvage et dépourvu d’infrastructures, ce qui en fait le lieu idéal pour une pause pique-nique en toute sérénité. La randonnée commence généralement au village de Gosh, juste au-dessus du célèbre monastère de Goshavank, en suivant un sentier qui s’enfonce dans une forêt dense. Préparez-vous à une ascension assez raide dans les bois, mais je vous assure que la récompense à l’arrivée en vaut largement la peine. En chemin, vous aurez peut-être même la chance d’apercevoir quelques khatchkars anciens dissimulés parmi les arbres, ajoutant une touche mystique à votre balade.

  • Difficulté : Facile.
  • Durée : Environ 3 heures.
  • Distance : Environ 8,4 km aller-retour.
lac Gosh Dilijan

Randonnée du lac de Parz entre Gosh et Dilijan

Pour une aventure mémorable, je vous recommande vivement le trek reliant Dilijan, le lac Parz et le village de Gosh, une section spectaculaire et bien balisée du Transcaucasian Trail. Ce sentier est un véritable condensé de ce que la « petite Suisse arménienne » a de meilleur à offrir : on quitte l’agitation pour s’enfoncer dans des forêts de hêtres centenaires avant d’atteindre les hautes prairies alpines de Gyolort, où les vues sur les falaises calcaires sont tout simplement grandioses. En chemin, le lac Parz offre une halte rafraîchissante avec son eau vert émeraude, tandis que la descente vers Gosh permet d’admirer le monastère de Goshavank qui semble surgir au milieu des montagnes. Par ailleurs, en partant de Dilidjan, vous traverserez la célèbre « forêt ivre » (Drunken Forest) aux troncs incurvés, un site naturel assez insolite né de glissements de terrain. C’est une journée intense qui demande de l’endurance, mais c’est pour moi l’expérience de randonnée ultime pour s’imprégner de l’âme sauvage et médiévale du Tavush.

Voici les détails pratiques de cette grande traversée :

  • Difficulté : Moyenne.
  • Durée : Entre 6 et 8 heures de marche effective selon votre rythme et vos pauses.
  • Distance : Environ 21 km pour la totalité de l’itinéraire.

Randonnée de la crête de Dimats

Pour prendre de la hauteur et en prendre plein les yeux, je vous emmène au sommet du mont Dimats, un pic majestueux qui culmine à environ 2 378 mètres d’altitude. Ce belvédère naturel, situé au nord-ouest du village d’Haghartsine, est visible depuis presque partout à Dilidjan et offre l’un des panoramas les plus spectaculaires du parc national. En arrivant sur la crête, vous serez récompensé par d’immenses prairies alpines verdoyantes et une vue plongeante sur les falaises calcaires et les vallées boisées environnantes qui vous coupera littéralement le souffle. C’est une destination de choix pour les randonneurs en quête de grands espaces, mais sachez qu’il est également possible d’y accéder en 4×4 (jeeping) pour ceux qui préfèrent éviter l’effort physique tout en profitant du paysage. La diversité de la flore et la sensation unique de dominer toute la région font de cet endroit une étape absolument incontournable de votre exploration du Tavush.

  • Difficulté : Modérée.
  • Durée : Comptez une journée complète de marche (environ 7 à 9 heures selon votre rythme).
  • Distance : Environ 20 km pour la boucle complète.
crête de Dimats Dilijan

Visite guidée vers Dilijan

J’ai trouvé les 3 meilleurs excursions dans la région. La première est une excursion en groupe qui vous amènera au bord du lac Sevan avant de monter vers les monastères de Dilijan avec en bonus la cave à vin d’Ijevan. La seconde est une excursion privée vers la crête de Dimats. Enfin, la troisième est plus ou moins la même que la première mais en version privée.

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Centre d’élevage de cerfs élaphes

Lors de votre passage près du lac Parz, je vous recommande vivement de faire un détour par le centre de reproduction des cerfs rouges du Caucase, un projet passionnant né en 2013 de la collaboration entre le WWF-Arménie et le ministère de l’Environnement. Ce sanctuaire de 10 hectares a été spécialement aménagé pour réintroduire cette espèce magnifique, autrefois disparue des montagnes arméniennes à cause du braconnage et de la déforestation. C’est un moment fort en émotion que de voir ces animaux protégés évoluer dans un environnement sécurisé, d’autant plus que la population s’agrandit régulièrement depuis l’arrivée de plusieurs individus venus d’Iran en 2018.

Centre d'élevage de cerfs élaphes Dilijan

L’expérience sur place est véritablement immersive et plaira autant aux passionnés de nature qu’aux familles. Vous aurez l’occasion d’observer les cerfs de très près et même de les nourrir avec des branches de feuilles fraîches qu’ils viennent grignoter directement dans vos mains, ce qui est toujours un moment magique. Le site dispose également d’une petite boutique de souvenirs où chaque achat contribue directement au financement du programme de conservation. C’est, à mon avis, l’une des étapes les plus concrètes pour comprendre les efforts de préservation de la biodiversité au sein du parc national de Dilidjan.

  • Horaires : Le centre est généralement accessible en semaine, calqué sur les horaires du parc national (du lundi au vendredi, de 9h00 à 18h00), mais il est prudent de vérifier les disponibilités selon la saison.
  • Prix : 1 100 AMD par personne.
  • Informations pratiques : Aucune réservation préalable n’est requise et vous êtes libre de prendre des photos ; prévoyez toutefois des chaussures adaptées car le terrain forestier peut être accidenté.

Où séjourner à Dilijan ?

Que ce soit pour un week-end romantique ou une base pour explorer les sentiers de randonnée, Dilijan propose une offre d’hébergement très variée qui a bien évolué ces dernières années. J’ai pris le temps de vous lister mes options préférées, de la demeure historique au resort moderne, pour vous aider à choisir selon vos envies.

Pour une immersion totale dans l’histoire locale, le Tufenkian Old Dilijan Complex, situé sur la rue Sharambeyan, est une option incontournable. Il s’agit de maisons du XIXe siècle magnifiquement restaurées avec des balcons en bois sculptés typiques de la région. L’intérieur des chambres est tout aussi charmant avec des meubles anciens et des tapis faits main, vous transportant littéralement dans le passé. Notez tout de même que ce quartier est plus animé le week-end et que les tarifs y sont un peu plus élevés.

old Dilijan complex

D’un autre côté, si vous recherchez le confort moderne d’un grand complexe, Dili Town Resort and Spa offre des prestations de luxe avec une piscine extérieure et une vue imprenable sur les sommets environnants. Une autre adresse très prisée est le Best Western Paradise Hotel, un établissement 4 étoiles situé un peu à l’écart du centre, idéal pour ceux qui apprécient les standards internationaux et les installations de spa.

Pour un accueil plus authentique et chaleureux, je vous suggère de vous tourner vers les maisons d’hôtes familiales qui font la renommée de l’hospitalité arménienne. La Daravand Guest House est l’un de mes coups de cœur pour son ambiance rustique tout en bois et ses repas faits maison qui sont un pur délice. Je vous recommande également la Green Garden Guesthouse, une adresse paisible située à seulement dix minutes à pied du centre d’information touristique. J’ai beaucoup apprécié l’accueil de l’hôtesse qui parle très bien anglais et propose des chambres spacieuses accompagnées de succulents repas faits maison. La Guest House Dilijan Orran constitue une autre option très recommandable pour ceux qui voyagent avec un budget serré. C’est un établissement que je suggère souvent car il est réputé pour être l’un des meilleurs choix économiques de la région.

Où manger un bout à Dilijan ?

Pour moi, Dilidjan est en train de devenir l’un des centres gastronomiques les plus intéressants d’Arménie. Que vous cherchiez un café moderne pour travailler ou une table traditionnelle nichée dans les bois, vous trouverez forcément votre bonheur. Voici mes petites adresses préférées pour « manger un bout » dans le coin.

Je commence souvent mes journées au Café #2, situé juste au bord du lac artificiel, près du rond-point central. C’est un lieu très tendance avec une ambiance jeune et créative, idéal pour un café ou un plat léger. Ce qui me touche particulièrement, c’est que c’est un café social qui emploie et forme les adolescents de la ville aux métiers de l’hôtellerie. On y sert une cuisine internationale, de bons cafés et de la gata (le pain sucré local) délicieuse.

kchuch
kchuch

Une autre étape absolument incontournable est le restaurant Kchuch. Comme son nom l’indique, leur spécialité réside dans les plats mijotés lentement dans des jarres en argile traditionnelles, ce qui donne un goût incroyable aux aliments. Je vous conseille vivement leur pizza aux champignons de la forêt ou leur agneau à la bière. Non loin, Papanino House se remarque immédiatement grâce à son architecture typique et ses superbes balcons en bois sculptés. C’est le rendez-vous incontournable des amateurs de viandes grillées et de vin.

Niché dans le quartier historique du Vieux Dilidjan, l’Old Dilijan Winery Restaurant vous accueille dans un décor authentique de vieilles pierres datant de 1870. J’apprécie particulièrement sa carte qui marie cuisine arménienne et internationale avec une belle sélection de vins locaux.

Pour une ambiance boisée et plus intime, je vous suggère de tester Ker u Sus, une adresse à la décoration folklorique très soignée. On y sert de délicieuses spécialités arméniennes et géorgiennes, comme leur harissa consistante qui est parfaite pour se réchauffer après une journée au grand air. Si vous avez envie de musique, le Flying Ostrich by Dolmama est l’endroit parfait pour un dîner accompagné de jazz au bord de la rivière Aghstev.

Enfin, si vous avez envie d’une escapade insolite, prenez la direction du village d’Aghavnavank pour découvrir Dilvados Distillery & Grill. L’hôte, Arnag, y partage sa passion pour les distillats arméniens biologiques autour d’un savoureux barbecue de viandes et de légumes.

Où boire un verre à Dilijan ?

Hovaz Wine Rooms est un espace de dégustation chaleureux situé au cœur de Dilijan, pensé comme une porte d’entrée vers l’univers du vin arménien. L’adresse met particulièrement en avant les vins pétillants produits selon la méthode traditionnelle, avec la possibilité d’observer certaines étapes de fabrication et de découvrir des cépages locaux, dans une ambiance conviviale qui se prête aussi bien à la dégustation qu’à une pause gourmande autour de produits comme la viande et le fromage. L’établissement communique également une identité très ancrée dans Dilijan, avec une adresse centrale et des horaires en soirée qui en font une halte agréable lors d’une visite de la ville.

Pour changer un peu des monastères médiévaux, je vous suggère de faire un tour du côté des établissements The Kliver, un lieu qui apporte une touche de modernité et de convivialité urbaine à la ville. C’est l’endroit parfait pour se détendre en fin de journée autour d’une bonne bière, souvent artisanale, dans un cadre qui mélange habilement l’esprit pub et le confort montagnard. J’aime beaucoup l’atmosphère qui y règne, particulièrement les soirs où des musiciens locaux viennent animer la salle, créant une ambiance vivante qui manque parfois dans les coins plus reculés du Tavush.

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FAQ sur Dilijan

Quelle est la meilleure période pour visiter Dilijan ?

Je vous conseille de privilégier la période allant de mai à octobre pour profiter de températures agréables, idéales pour la randonnée. L’automne est particulièrement spectaculaire avec les couleurs flamboyantes de la forêt, tandis que l’hiver attire ceux qui aiment les paysages enneigés et le calme absolu.

Comment se déplacer une fois sur place ?

Le centre-ville est compact et se visite très bien à pied. Pour rejoindre les sites comme le monastère d’Haghartsine ou le lac Parz, les taxis locaux sont très abordables. Vous pouvez aussi louer des vélos au centre d’information touristique pour explorer les sentiers balisés.

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