Le vent siffle entre des pierres vieilles de plusieurs millénaires, et ce chant minéral, presque humain, a donné son nom au site : Karahunj, littéralement « la pierre qui sonne ». Perché sur un plateau rocheux à 1770 mètres d’altitude, dans la province reculée du Syunik, à quelques kilomètres seulement de la ville de Sisian, ce champ de plus de 200 mégalithes de basalte continue de fasciner archéologues, astronomes et voyageurs venus du monde entier. Que vous l’appeliez Karahunj, Zorats Karer ou « Stonehenge arménien », ce monument énigmatique mérite qu’on lui consacre une bonne partie d’une journée de votre séjour dans le sud de l’Arménie. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de son histoire mouvementée, de ses mystères non résolus, de tout ce qu’il y a à voir sur place et aux alentours, ainsi que mes conseils pratiques pour organiser votre visite dans les meilleures conditions, sans oublier où dormir et où manger non loin du site.
Temps de lecture estimé : 34 minutes
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- Histoire du Karahunj (Zorats Karer)
- Bons plans en un clic
- Comment se rendre au Karahunj (Zorats Karer) ?
- Informations pratiques sur le Karahunj (Zorats Karer)
- Carte de l’Arménie
- Quoi voir au Karahunj (Zorats Karer) ?
- Quoi voir aux alentours du Karahunj (Zorats Karer) ?
- Pétroglyphes d’Ukhtassar et l’ascension du Mont Tsghuk
- Quoi voir sur la route de Sisian à Goris ?
- Visite guidée du Karahunj (Zorats Karer)
- Où dormir non loin du Karahunj (Zorats Karer) ?
- Où manger un bout non loin du Karahunj (Zorats Karer) ?
- FAQ sur le Karahunj (Zorats Karer)
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Histoire du Karahunj (Zorats Karer)
Un site aux mille noms et aux origines discutées
Avant même de parler d’astronomie ou d’archéologie, il faut d’abord s’attarder sur les noms de ce lieu, tant ils racontent à eux seuls toute la complexité du site. Karahunj tire son nom de deux racines arméniennes, kar (la pierre) et hunj (le son), soit littéralement « la pierre qui sonne », en référence au sifflement produit par le vent lorsqu’il s’engouffre dans les trous percés au sommet de certains mégalithes. Localement, on préfère souvent le nom de Zorats Karer, que l’on traduit tantôt par « pierres dressées », tantôt par « pierre des puissants », tandis que d’autres appellations plus anciennes, Tsits Karer ou Dik-Dik Karer, désignent toutes deux des pierres verticales plantées dans le sol comme des sentinelles. Perché à 1770 mètres d’altitude sur un éperon rocheux dominant la vallée de la rivière Dar, un affluent du Vorotan, le site s’étend sur environ sept hectares, à seulement trois kilomètres au nord de la ville de Sisian, dans la province du Syunik, au sud de l’Arménie.
Les 223 pierres officiellement recensées sur le site, sans compter les nombreux fragments non numérotés, sont taillées dans un basalte local dont la teinte grise se pare de mousses et de lichens au fil des siècles. Leur hauteur varie de 0,5 à 3 mètres, pour un poids pouvant atteindre 10 tonnes. Si les premières mentions écrites du lieu remontent au XIIIe siècle, sous la plume de l’historien Stépanos Orbélian évoquant un village nommé Carounge, ce n’est qu’en 2004 que l’État arménien a officiellement reconnu le site sous l’appellation d’« observatoire de Karahunj », par décret gouvernemental, entérinant ainsi, sans trancher le débat scientifique, l’hypothèse la plus populaire auprès du grand public et des voyageurs du monde entier.
Nécropole, observatoire ou forteresse : un débat scientifique toujours vif
C’est en 1984 que l’archéologue soviétique Onnik Khnkikyan émet le premier l’hypothèse d’un usage astronomique des pierres percées de Karahunj, une piste reprise dès l’année suivante par l’astrophysicienne Elma Parsamian, de l’observatoire de Byurakan, qui établit que plusieurs trous s’alignaient précisément avec le lever et le coucher du soleil au solstice d’été. Mais c’est surtout le radiophysicien Paris Herouni qui popularise véritablement cette théorie à l’international : entre 1994 et 2001, ses recherches le conduisent à affirmer que Karahunj serait le plus vieil observatoire astronomique connu au monde, vieux de 7500 ans, soit 3500 ans de plus que Stonehenge. Il reçoit même le soutien appuyé de Gerald Hawkins, l’astronome britannique qui avait le premier proposé une lecture astronomique du site anglais, ce qui contribue largement à populariser le surnom de « Stonehenge arménien ».
Cette lecture spectaculaire est pourtant loin de faire l’unanimité dans le monde scientifique. En 2000, une équipe d’archéologues de l’université de Munich, dirigée par Stephan Kroll, identifie le site comme une nécropole occupée du bronze moyen à l’âge du fer, où de vastes tombes monumentales ont été mises au jour, et interprète les alignements de pierres comme les vestiges d’un mur d’enceinte plus tardif, d’époque hellénistique. Les fouilles plus récentes menées par l’archéologue arménien Ashot Piliposyan confirment cette occupation funéraire prolongée, du XIXe siècle avant notre ère jusqu’à l’époque urartéenne et achéménide. Quant à l’archéoastronome britannique Clive Ruggles, il juge la comparaison avec Stonehenge « peu utile », tandis que le professeur Pavel Avetisyan, de l’Académie des sciences d’Arménie, qualifie carrément la théorie de l’observatoire de « charlatanisme élémentaire ». Reste que ce désaccord persistant, loin de nuire à la réputation du site, ne fait qu’ajouter à son mystère et à sa popularité auprès des voyageurs.
Bons plans en un clic
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Comment se rendre au Karahunj (Zorats Karer) ?
Le moyen le plus confortable pour rejoindre Karahunj reste sans conteste la voiture de location, qui vous laisse libre de combiner la visite avec les nombreux autres trésors du Syunik. Comptez environ 3 à 4 heures de route depuis Erevan, sur une distance d’un peu plus de 200 kilomètres, en empruntant la route principale M2 en direction du sud jusqu’à Sisian, puis une courte bifurcation de 3 kilomètres vers le site. Les routes sont globalement en bon état jusqu’à Sisian, mais restez prudent sur les derniers kilomètres, parfois plus accidentés.
Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.
Pour une expérience confortable sans les contraintes de la conduite, je vous recommande GOTRIP.GE. Comptez un trajet de 3 à 4 heures depuis Erevan pour une course d’environ 80 € en taxi classique, ou davantage pour un transfert privé confortable avec chauffeur. C’est une option particulièrement adaptée si vous prévoyez de combiner Karahunj avec d’autres étapes du Syunik le même jour, le chauffeur pouvant généralement vous attendre sur place moyennant un supplément horaire.
L’option la plus économique reste le minibus (marshrutka), qui relie deux fois par jour, à 9h00 et 16h00, la gare routière interurbaine d’Erevan à la ville de Goris, en un trajet de 4 à 5 heures pour environ 6 €. De Goris, il vous faudra ensuite négocier un taxi jusqu’à Karahunj, ce qui porte le coût total à environ 12 € pour l’aller simple. C’est une solution qui demande de la patience et de la flexibilité, mais qui reste tout à fait envisageable pour les voyageurs à petit budget.
Enfin, de nombreuses excursions organisées au départ d’Erevan combinent en une seule journée le site de Karahunj, la cascade de Shaki et le téléphérique des Ailes de Tatev, généralement complétées par une dégustation de vin à Areni. C’est une solution idéale si vous ne souhaitez pas conduire vous-même sur ces longues distances, tout en profitant des explications d’un guide local. Je vous en propose une sélection dans la section « Visite guidée » un peu plus bas dans cet article.
Informations pratiques sur le Karahunj (Zorats Karer)
Horaires et temps de visite
Karahunj est accessible du lundi au samedi, de 10h00 à 18h00, la dernière entrée étant autorisée jusqu’à 17h30 ; le site semble fermer ses portes le dimanche selon la source la plus récente dont je dispose, un point assez inhabituel pour un site en plein air qu’il vaut mieux vérifier directement auprès du bureau d’accueil avant de vous déplacer. Comptez entre 1h30 et 2 heures pour une visite complète du site à un rythme tranquille, en incluant un passage par le petit musée. La meilleure période pour visiter s’étend de mai à novembre, avec une préférence marquée pour l’automne : les étés peuvent se révéler particulièrement chauds et poussiéreux sur ce plateau exposé du Syunik, tandis que le début du printemps reste souvent encore frais en altitude.
Prix des billets
Le tarif d’entrée pour les visiteurs étrangers s’élève à 3,50 € (1500 AMD), les étudiants, les retraités et les réfugiés bénéficiant d’un tarif réduit d’environ 1,75 €, tandis que l’entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans. Si vous souhaitez approfondir votre visite, des guides sont proposés sur place pour 7 € en arménien et 12 € en anglais ou en russe, auxquels s’ajoute un programme pédagogique au musée pour environ 3,50 € supplémentaires.
Conseils pratiques et accessibilité
Le site ne dispose d’aucun sanitaire, ni d’aucun point d’ombre pour vous abriter du soleil : pensez donc à emporter de l’eau, une casquette et de la crème solaire, même si le vent frais qui balaie en permanence ce plateau d’altitude peut faire illusion. Le terrain, assez irrégulier et parsemé de pierres, rend la visite peu adaptée aux personnes à mobilité réduite ou aux poussettes, et je recommande vivement des chaussures fermées à semelle robuste. Pour les photographes, privilégiez le lever ou le coucher du soleil, lorsque la lumière rasante sculpte le relief des mégalithes ; et si le ciel est dégagé, n’hésitez pas à revenir de nuit pour profiter de l’un des meilleurs ciels étoilés d’Arménie, loin de toute pollution lumineuse.
Carte de l’Arménie
Découvrez l’Arménie sans effort grâce à ma carte interactive, conçue pour vous faire gagner du temps et simplifier votre voyage. Cette superposition Google Maps, accessible depuis n’importe quel appareil, regroupe ma sélection des plus beaux lieux à visiter, des meilleurs restaurants, des bons plans hébergements et plus de 600 points d’intérêt, dont Karahunj et l’ensemble des sites du Syunik. Mes recommandations proviennent d’années de travail à explorer le pays. Je les partage encore gracieusement pour un certain temps, alors profitez-en ! Fini les recherches fastidieuses : ouvrez simplement la carte et laissez-vous guider vers les trésors cachés et les incontournables d’Arménie.

Quoi voir au Karahunj (Zorats Karer) ?
Le cercle central de Karahunj
Au cœur du site s’étend le cercle central, la structure la plus photographiée et la plus énigmatique de tout Karahunj. Une quarantaine de pierres dressées y forment une ellipse presque parfaite, entourant ce que les archéologues identifient aujourd’hui comme une tombe à ciste, pillée dans l’Antiquité mais dont des fragments de coquillages retrouvés au sol permettent de la dater du XVe ou du XIVe siècle avant notre ère. Deux rangées de menhirs percés encerclent cet ensemble funéraire, formant selon plusieurs chercheurs une frontière rituelle censée accompagner le passage de l’âme du monde profane vers le monde sacré.
En vous approchant, prenez le temps d’observer la disposition précise des blocs de basalte : leur alignement n’a rien d’aléatoire, même si son sens exact continue de diviser les spécialistes. C’est ici que la légende locale situe les soldats pétrifiés de Tamerlan, changés en pierre après une nuit de prière des habitants de Sisian assiégés. Entre mythe local et hypothèse scientifique, le cercle central résume à lui seul toute l’ambiguïté fascinante de Karahunj, et j’aime m’y attarder un long moment avant de poursuivre la visite vers les autres alignements du site.
Les bras nord et sud
De part et d’autre du cercle central se déploient deux longs alignements de menhirs, communément appelés le bras nord et le bras sud. Ces rangées de pierres dressées, dont certaines dépassent les deux mètres de hauteur, s’étirent sur plusieurs dizaines de mètres selon un axe globalement nord-sud qui a nourri l’essentiel des théories archéoastronomiques sur le site. Les stries d’érosion et les mousses colorées qui recouvrent le basalte témoignent de plusieurs millénaires d’exposition aux vents violents qui balayent en permanence ce plateau situé à 1770 mètres d’altitude.
Pour le radiophysicien Paris Herouni, dont les recherches menées entre 1994 et 2001 ont le plus contribué à populariser Karahunj à l’international, ces deux bras auraient servi à observer le lever et le coucher du soleil aux solstices et aux équinoxes, ainsi que certains points extrêmes de la course lunaire. Dix-sept pierres auraient ainsi été associées aux observations solaires et quatorze autres aux cycles de la lune. Une équipe de chercheurs allemands de l’université de Munich a toutefois proposé une lecture bien différente, y voyant les vestiges d’un mur d’enceinte fortifié datant de la période hellénistique.

L’allée nord-est
Moins connue des visiteurs pressés, l’allée nord-est mérite pourtant qu’on lui consacre quelques minutes de marche supplémentaires. Ce couloir de pierres, qui s’étend sur une cinquantaine de mètres depuis le centre du site, a fait l’objet d’interprétations aussi nombreuses que contradictoires : les chercheurs l’ont tour à tour associé au solstice d’été, au point culminant du cycle lunaire majeur, voire au lever héliaque de la planète Vénus, sans qu’aucun consensus scientifique ne se dégage véritablement à ce jour sur sa fonction précise.
Cette incertitude n’enlève rien au charme du lieu : en fin de journée, lorsque la lumière rasante du soleil couchant caresse les pierres dressées, l’allée nord-est offre l’une des perspectives photographiques les plus spectaculaires de tout Karahunj. Je vous conseille de vous y attarder au coucher du soleil si votre emploi du temps le permet, car c’est précisément à cette heure que les jeux d’ombres révèlent le mieux le relief tourmenté des mégalithes et leurs perforations caractéristiques, creusées avec des outils de silex à noyau d’obsidienne.
La corde traversant le cercle
Une corde de pierres traverse le cercle central de part en part, reliant les deux moitiés du site selon un axe qui intrigue les archéologues depuis les premières études du site. Cette ligne de menhirs, moins spectaculaire au premier regard que les grands alignements nord et sud, joue pourtant un rôle clé dans la compréhension globale de l’architecture de Karahunj, puisqu’elle semble avoir organisé la circulation entre les différents espaces funéraires et cérémoniels du complexe mégalithique. Prenez le temps de la suivre du regard depuis un point un peu surélevé : c’est souvent depuis ce recul que l’on saisit le mieux la cohérence d’ensemble du site, bien plus lisible d’en haut qu’au ras des pierres.
Les photographies aériennes réalisées par drone en 2018, dans le cadre d’un programme de documentation mené par l’Université américaine d’Arménie, ont permis de mieux comprendre comment cette corde s’articule avec le mur défensif qui traverse le site du nord au sud. Les chercheurs ont ainsi pu établir que ce mur, probablement plus tardif, recoupait la colonnade en spirale du complexe originel, ce qui a eu pour effet de perturber, voire de désacraliser, l’organisation rituelle initialement voulue par les bâtisseurs de Karahunj.
Les pierres à trous de Karahunj
Sur les quelque 223 pierres recensées à Karahunj, environ 80 présentent un trou circulaire percé près de leur sommet, un détail qui a valu au site sa réputation de plus vieil observatoire astronomique du monde. Ces perforations, d’un diamètre de 4 à 5 centimètres, s’évasent en cône vers l’extérieur et présentent une surface intérieure étonnamment lisse et bien conservée par rapport à l’extérieur des pierres, rongé par des siècles d’érosion et recouvert de lichens aux teintes changeantes. Seules 37 de ces pierres percées tiennent encore debout aujourd’hui, avec un total de 47 trous répertoriés par les équipes de recherche successives.

C’est précisément ce contraste de conservation qui alimente le débat scientifique : certains y voient la preuve que les trous sont d’origine récente, donc non préhistoriques, ce qui invaliderait leur usage astronomique originel. D’autres chercheurs, comme Onnik Khnkikyan dès 1984, continuent de défendre l’hypothèse d’un usage cultuel ou observationnel. Quoi qu’il en soit, le vent qui s’engouffre dans ces cavités produit par temps venteux un sifflement caractéristique, à l’origine même du nom Karahunj, littéralement « la pierre qui sonne ».
La chambre funéraire centrale
Au centre du complexe se trouve la chambre funéraire principale, désignée par les archéologues sous le nom de complexe architectural n°1. Cette tombe, l’une des plus anciennes structures identifiées sur le site, aurait été édifiée durant la phase ancienne de formation de Karahunj, autour de 1900 à 1700 avant notre ère, comme en témoigne la céramique polychrome caractéristique de l’âge du bronze moyen retrouvée lors des fouilles menées par l’archéologue Ashot Piliposyan. Sa position centrale, au cœur même du cercle de menhirs, laisse penser qu’elle occupait une place particulière dans l’organisation symbolique de l’ensemble du site funéraire et cérémoniel.
Les fouilles conduites en 2017 dans cette même chambre ont mis au jour tout un ensemble d’offrandes funéraires datées de la fin de l’âge du bronze récent, entre 1300 et 1100 avant notre ère, révélant que la tombe a servi à de multiples reprises au fil des siècles, mêlant les strates archéologiques de différentes époques. Des bracelets de bronze et une cruche à la surface jaune-olive ornée de larges bandes brunes entrecroisées comptent parmi les découvertes les plus marquantes de ce site funéraire toujours étudié aujourd’hui.
Les pierres dressées isolées
En vous éloignant légèrement du cœur du complexe, vous croiserez plusieurs pierres dressées isolées, dispersées sur l’ensemble des sept hectares que couvre le site. Contrairement aux alignements structurés du cercle central ou des bras nord et sud, ces menhirs solitaires ne semblent obéir à aucune organisation géométrique évidente, ce qui a longtemps intrigué les premiers observateurs du site, de l’ethnographe Stepan Lisitsian dans les années 1930 à l’archéologue Marus Hasratyan qui y découvrit dans les années 1950 des chambres funéraires datées du XIe au IXe siècle avant notre ère.
Ces pierres isolées, tout comme celles regroupées en alignement, portent parfois les traces de trous ayant servi, selon certaines hypothèses plus prosaïques mais solidement documentées, à faire glisser les mégalithes depuis la carrière jusqu’à leur emplacement final grâce à des cordes tirées par des bœufs. Cette technique de halage, attestée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale dans la région de Sisian, rappelle que Karahunj reste avant tout un formidable chantier d’ingénierie préhistorique, bien avant d’être un supposé observatoire. En vous promenant entre ces sentinelles de basalte dispersées, vous mesurerez mieux l’ampleur du travail accompli par les bâtisseurs de ce site il y a plusieurs millénaires.
Le mur défensif hellénistique
Bien que largement ruinée aujourd’hui, la ligne défensive qui traverse le promontoire de Karahunj du nord au sud reste identifiable pour l’œil attentif, en particulier grâce aux relevés aériens réalisés ces dernières années. Cette fortification, dont les pans intérieur et extérieur ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques, aurait été construite après l’abandon de la fonction rituelle originelle du site, probablement à l’époque hellénistique, en réutilisant les mégalithes perforés comme éléments de renforcement de la maçonnerie. Le promontoire triangulaire sur lequel s’élève Karahunj était par ailleurs naturellement protégé par des canyons escarpés sur ses flancs nord-ouest et sud-ouest, ce mur ne fermant que le côté est, plus exposé.
L’absence de tout artefact daté après le IIIe siècle avant notre ère à Karahunj suggère que ce mur aurait pu être élevé par Artaxias Ier le Grand, fondateur de la dynastie artaxiade, dans le cadre plus large de ses campagnes militaires dans la région de Tsguk. Cette hypothèse trouve un écho troublant dans la découverte, non loin de Sisian, d’une inscription araméenne attribuée à ce même souverain, ce qui ancre un peu plus solidement Karahunj dans l’histoire politique de l’Arménie antique plutôt que dans la seule légende.
L’observation nocturne du ciel
Karahunj n’est pas seulement un site à visiter de jour : sa situation isolée, loin de toute pollution lumineuse, en fait depuis longtemps un lieu de rendez-vous privilégié pour les astronomes amateurs et les groupes de jeunes Erevanais venus célébrer certains solstices selon des rites contemporains inspirés du néopaganisme. Le ciel nocturne y est d’une clarté remarquable, et les nuits sans lune permettent d’observer à l’œil nu la Voie lactée dans des conditions rarement égalées ailleurs en Arménie. C’est une expérience que je recommande à tous les curieux, qu’ils soient passionnés d’astronomie ou simplement en quête d’un moment de contemplation loin de toute agitation.
Si le site ferme officiellement ses portes en fin d’après-midi, rien ne vous empêche de revenir aux abords de Karahunj une fois la nuit tombée, muni d’un télescope ou simplement d’une bonne paire de jumelles, pour admirer le ciel étoilé depuis les environs immédiats du monument. Je vous conseille de vérifier la météo et les phases lunaires avant de programmer une sortie nocturne, et de prévoir des vêtements chauds : même en plein été, les nuits sur ce plateau d’altitude peuvent se révéler particulièrement fraîches.
Quoi voir aux alentours du Karahunj (Zorats Karer) ?
La cascade de Shaki
Juste avant l’entrée de Sisian, à environ sept kilomètres de Karahunj, la cascade de Shaki dévale une falaise abrupte sur 18 mètres de hauteur, l’un des spectacles naturels les plus impressionnants de tout le Syunik. Malgré sa hauteur modeste, la chute impressionne par sa puissance et par le décor spectaculaire qui l’entoure : l’eau du ruisseau Shaki, affluent de la rivière Vorotan, se précipite entre des parois de pierre sombre au fond d’une gorge étroite, offrant un spectacle rafraîchissant particulièrement bienvenu après la chaleur sèche du plateau de Karahunj.
Ce lieu porte aussi en lui une légende locale poignante : quatre-vingt-treize jeunes femmes du village de Gegharkuni, capturées par des envahisseurs et destinées au harem d’un général ennemi, se seraient jetées dans la rivière plutôt que de se soumettre à l’esclavage. Seule Shaki, aux yeux bleus, tenta de fuir à la nage ; au moment où les soldats allaient la rattraper, une falaise se serait dressée pour la protéger, et elle aurait disparu à jamais derrière le rocher. Depuis, la cascade et le village voisin portent son nom, en souvenir de cette liberté arrachée à la légende.

Le musée d’histoire de Sisian
Avant ou après votre visite de Karahunj, faites un crochet par le petit musée d’histoire de Sisian, installé au cœur de cette ville qui sert de porte d’entrée à l’ensemble de la région. Vous y découvrirez une collection d’objets rassemblés dans les environs immédiats, depuis des pétroglyphes paléolithiques retrouvés sur les sommets voisins jusqu’à du mobilier funéraire issu du grand cimetière de l’âge du bronze qui jouxte le site mégalithique, comptant plus de deux cents tombes à ciste encore largement inexplorées.
Ce musée modeste mais instructif permet de replacer Karahunj dans un contexte archéologique beaucoup plus large, celui d’une région du Syunik occupée et façonnée par l’homme depuis des millénaires, bien avant même l’érection des premiers mégalithes. J’aime particulièrement conseiller cette étape aux voyageurs curieux qui souhaitent comprendre l’ampleur du peuplement préhistorique de cette vallée avant de se lancer dans l’exploration du plateau rocheux, où les indices archéologiques sont parfois plus difficiles à interpréter sans ce minimum de contexte offert par les collections locales.
Sisavank
Plus accessible, à deux pas du centre-ville, l’église Saint-Grégoire de Sisian, plus connue sous le nom de Sisavank (ou église Saint-Jean), se dresse sur une colline offrant une vue dégagée sur la ville et les montagnes environnantes. Construite entre 670 et 689 sur le site d’un temple païen, à l’initiative de la princesse Varazdoukht puis reconstruite par le prince Kohazat, cette église en pierre de basalte bleuté appartient au même style architectural que la célèbre Sainte-Hripsimé d’Etchmiadzine, avec son plan en croix inscrite dans un carré et ses bas-reliefs représentant les quatre évangélistes. Le vieux cimetière qui s’étend juste derrière l’édifice en fait une étape courte mais chargée d’histoire, idéale pour compléter votre visite avant de reprendre la route vers Karahunj, à quelques minutes seulement.

Église submergée de Tolors
À une quinzaine de minutes de route de Sisian, le réservoir de Tolors cache un spectacle aussi insolite que mélancolique : l’église Sainte-Hripsimé, littéralement engloutie par les eaux depuis la construction du barrage soviétique dans les années 1970. Bâtie au XIXe siècle sur le site de l’ancien village de Tolors, aujourd’hui disparu sous la retenue d’eau, elle ne refait surface que par intermittence, lorsque le niveau du réservoir baisse suffisamment pour laisser apparaître son toit voûté et parfois même sa porte, que les habitants les plus chanceux peuvent alors franchir pour s’y recueillir quelques instants. Les villageois racontent qu’une pluie de grêle s’abat immanquablement sur les récoltes chaque fois que l’eau atteint le dôme de l’édifice, comme un rappel silencieux du sacrilège commis en noyant ce lieu de culte. Le moment exact de sa réapparition variant d’une année à l’autre selon la pluviométrie, je vous conseille de vous renseigner sur place, à Sisian, avant de faire le détour, faute de quoi vous ne verrez qu’une étendue d’eau parfaitement calme, sans le moindre indice du sanctuaire englouti en dessous.

Pétroglyphes d’Ukhtassar et l’ascension du Mont Tsghuk
À près de 35 kilomètres de Sisian, sur les flancs du mont Ukhtasar dont le nom signifie littéralement « la montagne du chameau » en référence à la silhouette bossue de son sommet, se cache l’un des sites les plus mystérieux et les moins accessibles de tout le Syunik. Plus de 2000 fragments de roche volcanique, sombres vestiges d’un ancien cratère aujourd’hui éteint, portent encore les traces de gravures rupestres réalisées entre le Paléolithique, il y a environ 12 000 ans, et l’âge du fer, la plus grande diversité de motifs datant précisément de l’âge du bronze et du début de cette dernière période. Le site n’est accessible que quelques mois par an, généralement entre juin et septembre, tant l’altitude, l’enneigement persistant et le terrain accidenté compliquent l’accès le reste de l’année : mieux vaut prévoir un véhicule 4×4 et, si possible, un guide local pour rejoindre le lac d’Ukhtasar via le village d’Ishkhansar, dernier point de repère avant une piste de terre qui serpente à travers un paysage minéral saisissant de solitude.

Les gravures elles-mêmes, découvertes au début du XXe siècle mais réellement étudiées seulement à partir des années 1920 puis 1960, continuent aujourd’hui encore d’intriguer les chercheurs : scènes de chasse, animaux de toutes sortes, spirales, cercles, motifs géométriques et même des symboles évoquant le zodiaque se succèdent sur les blocs de basalte noirci, formant un immense répertoire visuel accumulé au fil de plusieurs millénaires par des générations successives de bergers et de tribus semi-nomades. Le chercheur Hamlet Martirosyan a proposé une théorie fascinante autour de ces pétroglyphes, qu’il qualifie d’« écriture de chèvre » ou itsagir : selon lui, la fréquence étonnante des représentations caprines s’expliquerait par une homophonie en arménien ancien entre les mots désignant la chèvre et l’écriture elle-même, les artistes préhistoriques ayant ainsi trouvé un moyen ingénieux de coder des concepts abstraits à travers des images concrètes. Qu’on adhère ou non à cette hypothèse, difficile de ne pas être saisi par le silence quasi total qui règne sur ce plateau d’altitude, où seuls quelques bergers et leurs troupeaux croisent encore, l’été venu, le chemin des rares visiteurs.
Pour les randonneurs les plus motivés, la visite des pétroglyphes se prolonge naturellement par l’ascension du mont Tsghuk, volcan éteint qui culmine à 3582 mètres juste au-dessus du lac d’Ukhtasar. Comptez environ 380 mètres de dénivelé sur un peu moins de 7 kilomètres, une randonnée de difficulté modérée mais qu’il vaut mieux réserver à la période de juin à septembre, entre coulées de lave figées, éboulis volcaniques et traces glaciaires encore visibles sur les pentes. Le panorama qui s’offre depuis le sommet, embrassant tout le haut plateau du Syunik, récompense largement l’effort fourni.
Quoi voir sur la route de Sisian à Goris ?
Mémorial d’Aghitu
Sur la route qui mène à Vorotnavank, à sept kilomètres à l’est de Sisian, le mémorial d’Aghitu mérite un bref arrêt : ce mausolée du VIe ou VIIe siècle, l’un des mieux conservés de son genre en Arménie, se compose de deux tours rectangulaires encadrant une colonne octogonale richement sculptée de grenades, de grappes de raisin et de motifs géométriques. La légende locale veut qu’il honore trois princes du Syunik tombés en repoussant une armée perse, tandis que son image ornait autrefois le billet de 1000 drams. Un joli détour architectural, à quelques minutes seulement de la route vers Vorotnaberd et Vorotnavank
Vorotnavank
À une quinzaine de kilomètres à l’est de Sisian, perché sur une crête qui domine les gorges du Vorotan, le monastère de Vorotnavank mérite le détour pour qui ne craint pas quelques kilomètres de piste cahoteuse. Fondée sur les vestiges d’un sanctuaire du IIIe siècle attribué à Grégoire l’Illuminateur, l’église principale, Saint-Stépanos, fut édifiée vers l’an 1000 par la reine Chahandoukht du Syunik, avant que son fils, le prince Sévada, n’y ajoute l’église Saint-Karapet quelques années plus tard. Entourée d’une haute muraille défensive qui a résisté aux invasions mongoles et seldjoukides, cette ancienne académie religieuse et intellectuelle, où étudia notamment le philosophe Hovhan Vorotnetsi avant de fonder l’université de Tatev, a beaucoup souffert du séisme de 1931, mais ses murs de basalte tiennent encore fièrement face au panorama vertigineux de la vallée du Vorotan.

Forteresse de Vorotnaberd et le pont Melik-Tangi
À quelques encablures de Vorotnavank, sur cette même crête qui surplombe les gorges spectaculaires du Vorotan, se dressent les ruines de la forteresse de Vorotnaberd, perchée à 1365 mètres d’altitude entre les villages de Vaghatin et de Vorotan. Mentionnée dès le Ve siècle comme place forte stratégique du Syunik, elle fut longtemps reliée au monastère voisin par un passage souterrain secret, emprunté à plusieurs reprises lors des sièges qui ont marqué son histoire tourmentée : prise par les Turcs seldjoukides en 1104, puis à nouveau menacée par les hordes mongoles en 1236 et par les troupes de Tamerlan en 1386, avant d’être libérée par le général arménien Ivane Zakarian, qui en confia la garde à la famille princière des Orbélian. C’est toutefois au XVIIIe siècle que la forteresse acquiert son surnom actuel de « château de David Bek » : c’est en effet ce héros de la résistance arménienne contre l’occupation perse qui s’en empare le 29 mars 1724, au terme de quatre jours de combats acharnés, avant de faire de tout le Syunik une principauté arménienne indépendante pour la première fois depuis des siècles. Aujourd’hui largement en ruine et peu fréquentée par les voyageurs étrangers, Vorotnaberd offre pourtant un panorama saisissant sur le canyon du Vorotan, et se combine naturellement avec la visite de Vorotnavank pour les curieux prêts à s’aventurer un peu hors des sentiers battus du Syunik.
Au pied de la forteresse, le pont de Melik-Tangi enjambe élégamment la rivière Vorotan depuis 1853, année où il fut construit à l’initiative du melik éponyme, alors gouverneur du district de Sisian. Ce petit ouvrage en pierre, resté remarquablement bien conservé, mérite un arrêt rapide sur la route qui mène aux gorges du Vorotan, d’autant qu’une source thermale naturelle, chauffée à 37°C, se trouve juste à proximité pour qui souhaiterait s’offrir une pause bien méritée entre deux visites.
Le caravansérail de Kotrats
À une quinzaine de kilomètres au sud de Karahunj, sur la route historique reliant Sisian à Goris, les ruines du caravansérail de Kotrats, aussi appelé caravansérail de Harzhis, témoignent de l’âge d’or commercial de la route de la Soie en Arménie médiévale. Construit en 1343 par la famille princière des Orbélian, cet édifice en pierres de basalte brutes servait de halte aux caravanes marchandes qui reliaient la vallée de l’Ararat au Syunik, puis Tabriz à la mer Caspienne, en traversant les cols redoutés de la province de Tsguk durant l’hiver.

Bien que partiellement effondré aujourd’hui, ce qui lui vaut d’ailleurs son surnom de « caravansérail brisé », le site conserve une inscription bilingue arménienne et persane gravée au-dessus de l’entrée, mentionnant les commanditaires du bâtiment. La grande salle à trois nefs, autrefois couverte d’un toit de lauzes et dotée de mangeoires pour les bêtes de somme, reste l’une des mieux préservées d’Arménie après le célèbre caravansérail de Selim. Le long du chemin qui y mène, gardez l’œil ouvert : vous croiserez d’anciennes pierres dressées qui servaient jadis de balises aux caravanes lors des traversées hivernales.
Visite guidée du Karahunj (Zorats Karer)
J’ai sélectionné pour vous deux excursions qui incluent Karahunj dans un circuit plus large à travers le Syunik : l’une combine le site avec la cascade de Shaki et le téléphérique des Ailes de Tatev, l’autre y ajoute le pont suspendu de Khndzoresk et une dégustation de vin à Areni.
Où dormir non loin du Karahunj (Zorats Karer) ?
Pour dormir au plus près du site, l’Azoyan Holidays, à seulement 2 kilomètres de Karahunj et 5 kilomètres de Sisian, offre une option chaleureuse et abordable. Le jardin, le coin barbecue et le mobilier extérieur en font un lieu agréable pour profiter du paysage montagneux du Syunik en fin de journée, avant ou après votre visite du site mégalithique. Les chambres doubles et triples, ainsi qu’un cottage familial de six lits, disposent toutes de leur propre salle de bain, avec Wi-Fi gratuit et parking privé inclus.
Pour un séjour plus confortable en plein centre de Sisian, l’Hotel Basen reste une valeur sûre, réputée pour son restaurant qui sert une cuisine arménienne fraîche et généreuse, entre grillades au feu de bois et dolmas végétariens préparés avec des herbes cueillies dans les montagnes voisines. Son emplacement central en fait une excellente base pour rayonner vers Karahunj, la cascade de Shaki et, plus au sud, le complexe de Tatev, à moins d’une heure de route.

Où manger un bout non loin du Karahunj (Zorats Karer) ?
Le Van Tavern, niché rue Israyelyan à quelques minutes à peine de l’Hotel Basen, mérite le détour. Ce restaurant familial, régulièrement cité parmi les meilleures tables de Sisian, mise sur une cuisine du terroir simple et généreuse, préparée à partir de produits frais issus des environs. La truite grillée (ishkhanatsoug), servie directement sortie du feu, y est particulièrement appréciée des voyageurs, tout comme l’accueil chaleureux et sans chichis qui règne dans la salle, où il n’est pas rare de croiser une famille locale fêtant un anniversaire.
Au-delà de cette adresse bien identifiée, les établissements se font rares : je vous invite donc, comme souvent dans les petites villes du Syunik, à privilégier les tables familiales et les petites cantines de Sisian pour goûter aux classiques de la cuisine arménienne. N’hésitez pas également à demander conseil à votre hébergeur, souvent la meilleure source d’informations à jour sur les bonnes tables du moment.
FAQ sur le Karahunj (Zorats Karer)
Oui, contrairement à de nombreux sites archéologiques protégés, les visiteurs sont autorisés à toucher les pierres de Karahunj, ce qui permet d’apprécier de près la texture du basalte et la précision des perforations qui ont fait la réputation du site.
Absolument, la photographie est non seulement autorisée mais activement encouragée sur l’ensemble du site. Le lever et le coucher du soleil offrent la lumière la plus flatteuse pour photographier les mégalithes et leur relief.
Cette affirmation, popularisée par les recherches de Paris Herouni dans les années 1990, reste très contestée par la communauté scientifique. Les études archéologiques les plus rigoureuses, notamment celles menées par l’université de Munich, situent l’essentiel de l’occupation du site entre l’âge du bronze moyen et l’âge du fer, soit une période globalement contemporaine ou postérieure à Stonehenge plutôt que largement antérieure.
Il n’y a pas de musée à proprement parler sur le site mégalithique lui-même, mais un petit musée dédié à Karahunj et à son contexte archéologique se trouve à Sisian, à quelques minutes de route seulement, et mérite une visite complémentaire.
Le site ferme officiellement ses portes à 18h00, mais rien n’empêche de revenir aux abords du monument après la tombée de la nuit pour profiter de la très faible pollution lumineuse de la région, particulièrement propice à l’observation des étoiles avec un simple télescope ou des jumelles.
Le site se prête bien à une visite en famille, l’entrée étant gratuite pour les enfants de moins de 12 ans, à condition de prévoir de l’eau et une protection solaire pour cette promenade sans ombre. En revanche, le terrain irrégulier et parsemé de pierres rend la visite difficile pour les personnes à mobilité réduite ou les poussettes.
C’est vivement recommandé, tant Karahunj se prête bien à une combinaison avec les autres trésors de la région : la cascade de Shaki à quelques kilomètres, le village troglodytique de Khndzoresk, le vignoble d’Areni et, bien sûr, le monastère de Tatev accessible par le plus long téléphérique réversible du monde.
Karahunj signifie littéralement « la pierre qui sonne », en référence au sifflement du vent dans les pierres percées. Zorats Karer se traduit par « pierres dressées » ou « pierre des puissants » selon les interprétations, tandis que Tsits Karer et Dik-Dik Karer désignent tous deux des pierres plantées verticalement dans le sol, en écho à leur silhouette caractéristique.
Avez-vous déjà visité le Karahunj (Zorats Karer) ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.


