Il fut un temps, en Mingrélie, où l’on vendangeait en grimpant dans les arbres. L’Ojaleshi (en géorgien : ოჯალეში, à prononcer « o-dja-lé-chi ») doit d’ailleurs son nom à cette habitude : en mingrélien, la langue kartvélienne parlée dans la région, ja désigne l’arbre, et l’oja-leshi est la vigne que l’on laisse grimper sur son tuteur vivant. Ce rouge ancestral de Samegrelo, que l’on appelle aussi Shonuri ou Svanuri, fut la variété dominante des piémonts mingréliens avant que les maladies fongiques et le phylloxéra ne ravagent les vignobles à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Aujourd’hui, les plantations sont conduites près du sol, ce qui réduit les rendements mais donne des raisins de meilleure qualité.
L’Ojaleshi s’exprime au mieux sur les sols calcaires de Salkhino, Tamakoni et Abedati, dans la municipalité de Martvili. On le retrouve aussi à Racha-Lechkhumi, sur les pentes qui surplombent la Tskhenistskali (un affluent de la rivière Rioni), et plus au nord-est autour du village d’Orbeli, où il développe des arômes de rose. Attention toutefois : comme je l’explique en fin d’article, la vigne cultivée dans ces deux dernières zones, l’Orbeluri Ojaleshi, n’est pas tout à fait le même cépage que celui de Mingrélie.
Temps de lecture estimé : 16 minutes
Remarque : cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie que je peux percevoir des clopinettes si vous effectuez un achat en cliquant sur un lien (sans frais pour vous).
Histoire du cépage Ojaleshi
Au XVIIe siècle, l’explorateur français Jean Chardin traverse la Mingrélie et s’enthousiasme pour la viticulture locale. Il fait l’éloge des vins du pays, qu’il juge puissants, très agréables à boire et faciles à digérer, et tout particulièrement de ceux issus de l’Ojaleshi.
Deux siècles plus tard, le cépage a conquis les plumes des voyageurs. En 1848, l’orientaliste français Marie-Félicité Brosset, invité des Dadiani le jour de Pâques, laisse ce témoignage savoureux :
Ni dans le hall, ni dans le jardin, ni nulle part ailleurs, je n’ai remarqué une seule personne qui ait noyé son esprit dans le vin, et Dieu sait quel doux nectar est l’Ojaleshi… il est un peu fort à boire, mais il est bon. Je ne peux m’empêcher de le comparer au meilleur Bordeaux, car je ne connais aucun autre vin qui puisse rivaliser avec lui en Géorgie, à l’exception de celui d’Ateni. Sur l’ensemble de la Terre, seul le tokaji peut être meilleur, s’il y en a un.
Marie-Félicité Brosset, orientaliste, 1848
Quatre ans plus tard, le prince Davit Dadiani lui-même écrit dans une lettre de 1852 que le premier de tous les vins est l’Ojaleshi, né de vignes que l’on laisse grimper dans les hauts kakis de Salkhino. Ce prince mingrélien avait établi des plantations d’Ojaleshi dans le village de Salkhino. Mais c’est son gendre qui donnera au cépage ses lettres de noblesse : Achille Murat, petit-fils de Joachim Murat, maréchal de Napoléon et roi de Naples, qui épouse à Paris en 1868 la fille du prince, Salomé Dadiani. Voici leur histoire.
Après des études dans un institut militaire, Achille Murat est nommé lieutenant dans l’armée française. Il est d’abord affecté en Algérie, où il reste avec sa femme jusqu’en 1870, date à laquelle la guerre éclate entre la France et la Prusse. Rappelé en France, il assiste à la défaite rapide et décisive qui entraîne la chute du Second Empire et la proclamation de la République.
Achille et Salomé choisissent alors de s’installer en Mingrélie, dans un magnifique palais en bois situé au cœur du complexe résidentiel des Dadiani, à Zougdidi. Achille y lance plusieurs petites entreprises, dont une cave. Il introduit en Géorgie divers cépages français, mais il se consacre surtout à la culture systématique de l’Ojaleshi, très prisé des Mingréliens et pourtant jamais commercialisé, au point d’avoir presque disparu. Les vignes descendent de leurs arbres pour être alignées en rangs, à la manière de la viticulture classique. Les vins obtenus sont remarquables : ils s’exportent avec succès en Europe, et les étiquettes imprimées pour la France sont encore conservées dans le palais des Dadiani.
Les Mingréliens, dont le souvenir du servage féodal était encore frais, s’émerveillaient de voir Achille, fils de la royauté, travailler côte à côte avec les serviteurs et les paysans. Ils s’étonnaient aussi de l’intérêt qu’il portait aux gens du peuple, comme en témoigne son soutien à la construction d’écoles, de routes et de cliniques.

Achille meurt en 1895. De nombreux compatriotes font le voyage depuis la France pour lui dire adieu, et une foule de Mingréliens assiste à la cérémonie. Il est enterré dans le jardin de l’église catholique de Chkaduashi, où la famille possédait une résidence d’été. Pendant des années, on honore sa mémoire en nettoyant sa pierre tombale et en plantant des hortensias alentour, mais la tombe est ensuite laissée aux intempéries pendant la majeure partie de la période soviétique. Il faut attendre 1975 pour que la municipalité fasse ériger une nouvelle pierre tombale en sa mémoire.
Son héritage, lui, ne s’éteint pas. Les plantations de Salkhino atteignent 16 hectares et, en 1912, l’Ojaleshi de Salkhino, fruit du travail des Murat, décroche une médaille d’or à l’exposition agricole de Paris, ouvrant au vin les portes du monde. Quant à Salomé, elle s’installe à Paris avec ses trois enfants après la mort de son mari et y meurt en 1913, dans une relative pauvreté.
Caractéristiques du cépage
Côté botanique, l’Ojaleshi appartient au groupe des cépages pontiques, ces variétés du pourtour de la mer Noire. Sa feuille est ronde, bordée de dents triangulaires. Ses petites grappes coniques portent des baies de taille moyenne, bleu-noir, à la peau épaisse et à la chair ferme.
Son calendrier réserve une surprise. Le débourrement est précoce, entre le 1er et le 15 avril, mais la maturité se fait longtemps attendre : la vendange n’a guère lieu avant la fin octobre, se poursuit jusqu’à la mi-novembre et peut même s’étirer jusqu’en décembre pour les vendanges tardives. La période de végétation dure environ 245 jours. À maturité, la teneur en sucre atteint 23 à 24 % et l’acidité totale avoisine 8,5 à 9 g/l, un rapport idéal pour produire d’excellents vins demi-doux. Le cep donne ses premières grappes dès la deuxième année après la plantation et atteint sa pleine maturité la quatrième année.
Par comparaison avec d’autres cépages, l’Ojaleshi se montre assez sensible aux maladies fongiques, en particulier à l’oïdium. Les gelées sont rares en Mingrélie, mais elles ne sont pas inexistantes : lors d’un millésime frappé par le gel, certains vignerons n’ont récolté qu’un tiers de leur production habituelle.
Reste la question du terroir. Les meilleurs Ojaleshi naissent sur les piémonts, dans les gorges de la Tekhura et de l’Abasha, tandis que les raisins des plaines basses de Mingrélie, trop humides, donnent des vins de moindre qualité. Le village de Bandza abrite lui aussi de beaux vignobles. Sur ces coteaux, la vigne vit encore parfois à la manière d’autrefois, dans la tradition de la maghlari, cette conduite haute où les ceps grimpent le long de kakis (plaqueminiers) ou d’aulnes. Les plantations actuelles, conduites bas selon des méthodes comme le Guyot simple ou double, sacrifient une partie du rendement au profit de la qualité.
Les vins d’Ojaleshi se distinguent par leur goût harmonieux, leur bouquet agréable, leur couleur intense et leur bel équilibre entre alcool et acidité. Récoltés tardivement, les raisins donnent un vin demi-doux de grande qualité. Autrefois, on faisait même sécher les grappes pour concentrer les sucres, ce qui donnait des vins très colorés, de 13 à 15 % d’alcool, dont la puissance faisait dire aux Mingréliens qu’ils avaient la force des Svanes.

Couleur et arômes
Dans le verre, l’Ojaleshi traditionnel affiche un rubis profond, presque sombre. Le nez s’ouvre sur les fruits rouges, relevés de poivre et d’épices douces, avec des accents de violette, de fraise des bois, de mûre et de rose, auxquels le temps ajoute du thé noir et du clou de girofle. En bouche, il se montre de corps moyen, aux tanins souples, à l’acidité vive et à la texture soyeuse, avec une finale florale persistante. Les versions demi-douces rappellent la cerise bien mûre et la prune en conserve, avec des touches de cacao ou d’herbes sèches.
Les cuvées actuelles affichent généralement 10 à 12 % d’alcool, avec environ 4 à 5 % de sucre résiduel pour les demi-doux naturels. En vieillissant en bouteille, le vin gagne en complexité et se rapproche d’un rouge sec.

Du demi-doux au sec : les styles d’Ojaleshi
Le demi-doux naturel reste l’expression classique de la Mingrélie. Il s’est imposé à l’époque soviétique et n’a presque jamais changé de style depuis. Mais le cépage se réinvente. Quelques vignerons cherchent à en tirer un rouge sec de haute qualité, plus floral et épicé, ou à en mélanger un petit pourcentage avec du Saperavi, comme on glisse volontiers un peu de Merlot ou de Cabernet Franc dans un Cabernet Sauvignon. D’autres en font un rosé frais : Oda Family Marani l’assemble par exemple avec du Tsolikouri pour obtenir un vin aux arômes de baies des bois. Enfin, quelques cuvées rares sont vinifiées en qvevri, ces jarres en terre cuite enterrées, pour un rouge plus terrien, au grain subtil.
Pour mesurer à quel point l’Ojaleshi a failli disparaître, un chiffre suffit : en 2004, la Géorgie ne comptait que 141 hectares de ce cépage, dont 137 étaient cultivés par des exploitations familiales.
Accords mets et Ojaleshi
Chez lui, en Mingrélie, l’Ojaleshi accompagne les viandes les plus fines de la cuisine locale : poulet rôti, chevreau, porcelet rôti ou porc farci au fromage. Il s’entend aussi à merveille avec les plats de viande aux noix, comme le kharcho (une soupe de bœuf aux noix, grand classique mingrélien), et avec les ragoûts de tomates comme l’Ostri, un ragoût de bœuf chaud et épicé. Les spécialités plus rustiques lui vont tout autant : le kuchmachi (un sauté d’abats de volaille aux noix et à la grenade) et le kupati (la saucisse géorgienne). Enfin, le sulguni fumé, ce fromage filant, constitue un excellent compagnon.
Le côté soyeux et légèrement sucré du demi-doux tempère les épices et la richesse des sauces aux noix. Je vous conseille de le servir autour de 14 à 16 °C, et un peu moins frais pour les versions sèches.

Les AOP à base d’Ojaleshi
Salkhino Ojaleshi
L’Ojaleshi de Salkhino est la seule AOP qui porte le nom du cépage. Elle protège un vin rouge sec, élaboré exclusivement à partir d’Ojaleshi vendangé dans la micro-zone de Salkhino, située dans la municipalité de Martvili, sur des vignes d’environ 250 mètres d’altitude. Le village est le berceau historique du cépage, celui des plantations des Dadiani puis des Murat, ce qui donne à cette appellation une valeur de symbole. La Géorgie compte aujourd’hui une trentaine d’AOP, mais la Kakhétie en concentre à elle seule une vingtaine : celle de Salkhino est donc l’une des rares voix de l’Ouest du pays.
Où goûter l’Ojaleshi en Géorgie ?
Le plus beau, bien sûr, est de le boire là où il est né. À Salkhino, dans la municipalité de Martvili (connue aussi pour son canyon), la cave locale et l’ancienne résidence des Dadiani permettent de goûter le vin à deux pas des lieux qui ont forgé sa légende. À Zougdidi, le palais des Dadiani prolonge l’histoire. Côté producteurs, gardez en tête les noms de Martvilis Marani, d’Oda Family Marani et de Khareba Winery, qui travaillent l’Ojaleshi de Mingrélie avec soin.
Cette étape s’intègre très bien à un itinéraire en Mingrélie, et mon planificateur d’itinéraire vous aide à construire le vôtre.
Où acheter les vins à base d’Ojaleshi en Europe ?
Mon partenaire 8wines propose ce cépage très rare. Une seule référence est disponible, mais c’est une occasion unique. Cliquez sur la bannière ci-dessous pour en profiter !
À ne pas confondre avec l’Orbeluri et le Guriis
Voici le piège classique, et le sujet qui passionne les amateurs. À Lechkhumi et en Gourie existent deux autres variétés, l’Orbeluri Ojaleshi et le Guriis Ojaleshi, dont les caractéristiques botaniques diffèrent considérablement de celles de l’Ojaleshi de Mingrélie. Les habitants de Gourie racontent que leur variété a été plantée pour la première fois dans les années 1900 par le propriétaire Ivan Eristavi, dans le district de Chokhatauri, et qu’elle est aujourd’hui répandue dans tout l’est de la Gourie. Quant à l’Orbeluri, il aurait gagné Lechkhumi depuis la Mingrélie au XIXe siècle, avant d’évoluer seul pendant des générations, jusqu’à ne plus ressembler à son cousin. C’est pourquoi la loi géorgienne sur la vigne et le vin distingue formellement l’Ojaleshi, l’Orbeluri Ojaleshi et le Guriis Ojaleshi.
Dans la pratique, pourtant, la plupart des producteurs simplifient. Les grandes maisons étiquettent souvent « Ojaleshi » un vin issu d’Orbeluri, et l’Agence nationale du vin elle-même emploie ce raccourci, ce qui entretient la confusion. Seuls quelques petits producteurs de Mingrélie, comme Oda et Martvilis Marani, tiennent à faire la distinction.
Un abus de langage qui brouille les pistes
« Il est temps de donner un nom à chaque chose », estime Zaza Gagua, de Martvilis Marani. Il reçoit les raisins de vignerons des villages de Tamakoni et Targameuli, dans la municipalité de Martvili, et en tire un rouge sec. Produit en édition limitée, son vin est devenu célèbre pour sa qualité, mais aussi pour avoir été le premier Ojaleshi sec embouteillé sous ce nom, alors que le demi-doux régnait sans partage depuis l’époque soviétique. Jusqu’à 200 bouteilles du millésime 2013 ont ainsi rejoint le marché londonien, séduisant les gourmets géorgiens comme les acheteurs étrangers. Fort de ce succès, Zaza Gagua a planté son propre vignoble d’Ojaleshi.
Lado Kublashvili, de Khareba Winery, défend la même précision. Sa maison embouteille ses vins par micro-région : selon lui, l’Usakhelouri doit venir de la micro-zone d’Okureshi, et l’Ojaleshi de Samegrelo, dans la micro-zone historique de la vallée de la Tekhura.

Deux Ojaleshi, deux prix
Le marché a lui-même tranché. À l’époque de cette querelle, le raisin Ojaleshi de la municipalité de Martvili se vendait environ 6 GEL le kilo (autour de 1,70 €), contre 2,5 GEL (environ 0,70 €) pour l’Orbeluri de la municipalité de Tsageri. Cet écart a nourri la colère de certains producteurs de Tsageri, mécontents des prix proposés par les entreprises.
En Mingrélie, le raisin a atteint un prix record, deux fois supérieur à celui des années précédentes, grâce à l’arrivée de Khareba Winery. Pour la première fois, la maison achetait de l’Ojaleshi dans la meilleure micro-région, celle des villages de la Tekhura (Salkhino, Tamakoni, Targameuli), afin de produire un demi-doux et un sec, ce dernier selon la méthode traditionnelle en qvevri.

Zaza Gagua, qui avait conclu un accord à 3 GEL le kilo, a vu Khareba surenchérir à 5 GEL puis à 6 GEL. Il y voit pourtant une bonne nouvelle : une demande forte encourage les producteurs à replanter de l’Ojaleshi plutôt que des noyers, ce qu’il considère comme un acte patriotique. Lado Kublashvili rappelle de son côté que ce millésime, frappé par le gel, n’avait donné qu’un tiers de la récolte habituelle, ce qui a pesé sur les prix. Sa maison compte continuer à acheter des raisins locaux et, un jour, acquérir des terres pour planter son propre Ojaleshi, afin d’assurer la préservation du cépage dans la région.
Un cépage, trois identités ?
Même les ampélographes ne s’accordent pas. Leurs ouvrages de référence du XXe siècle décrivent séparément un cépage rouge Orbeluri de Racha-Lechkhumi, un cépage rouge Ojaleshi de Mingrélie et un troisième, le Guriis Ojaleshi de Gourie, qu’ils jugent authentiques et différents. Selon l’une des hypothèses, l’Orbeluri serait entré à Lechkhumi depuis la Mingrélie au XIXe siècle et aurait évolué de façon autonome. L’un des auteurs va même jusqu’à suggérer qu’il pourrait s’agir de Merlot, une piste qui reste à prouver.
Des étiquettes qui entretiennent le flou
Quelques exemples relevés il y a plusieurs années montrent à quel point les étiquettes peuvent troubler le consommateur (à vérifier sur les millésimes actuels). Le Telavi Marani 2010 annonçait 100 % d’Ojaleshi de Racha-Lechkhumi, en rouge semi-doux AOP : or l’Ojaleshi n’est pas originaire de cette région et, à l’époque, aucune AOP ne portait son nom. Aujourd’hui, la seule qui existe, Salkhino Ojaleshi, protège un vin sec et ne concerne que Salkhino.
Le Tbilvino 2006 précisait qu’il s’agissait d’Orbeluri Ojaleshi de Lechkhumi, tout en s’appelant simplement Ojaleshi. Chez Tchrebalo, à Ambrolauri, l’étiquette indiquait un rouge naturellement doux issu du même cépage, sans expliquer comment un raisin de Mingrélie s’était retrouvé à Racha. Quant au Kakhetian Traditional Winemaking, il annonçait un rouge semi-doux « naturel » produit depuis 1933 à partir de raisins récoltés à Orbeli, à 1700 mètres d’altitude, sous le simple nom d’Ojaleshi.
Mon conseil pour bien choisir
Pour boire du véritable Ojaleshi de Mingrélie, cherchez sur l’étiquette les mentions Samegrelo, Martvili, Salkhino, Tamakoni ou vallée de la Tekhura. Si vous lisez Lechkhumi, Orbeli ou Tsageri, il s’agit très probablement d’Orbeluri Ojaleshi, un vin qui mérite lui aussi d’être goûté, mais issu d’un autre cépage.
Avez-vous déjà goûté ce cépage ? Dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires ci-dessous.


Un cépage d’exception à déguster absolument
Excellent ces vins !