Située dans les hautes terres de l’Imeretie en Géorgie occidentale, la ville de Sachkhere est une destination idyllique nichée au bord de la rivière Kvirila. Autrefois escale stratégique sur une branche de la Route de la Soie reliant l’Orient et l’Occident, cette localité possède une histoire riche et un patrimoine archéologique remontant à l’âge du bronze. Elle est aujourd’hui célèbre pour ses monuments emblématiques, notamment la forteresse de Modinakhe qui surplombe la ville et la maison-musée du célèbre poète national Akaki Tsereteli. Entre ses paysages montagneux spectaculaires, ses églises anciennes et ses curiosités de l’ère soviétique comme ses mosaïques et sa gare historique, Sachkhere offre une immersion authentique et méconnue dans la culture géorgienne.
Temps de lecture estimé : 13 minutes
Remarque : cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie que je peux percevoir des clopinettes si vous effectuez un achat en cliquant sur un lien (sans frais pour vous).
Brève histoire de Sachkhere
L’histoire de Sachkhere remonte à l’âge du bronze, comme en témoignent les kurgans et les anciens établissements découverts lors de fouilles archéologiques dans la région. Autrefois située sur une branche de la Route de la Soie, la localité servait de point de commerce crucial et de lien stratégique entre l’Orient et l’Occident. Son développement est étroitement lié à la famille noble Tsereteli, qui s’y est installée au XIVe siècle et y a fait construire l’emblématique forteresse de Modinakhe vers 1730. Si la ville a perdu son importance militaire après la capture de la forteresse par les troupes russes en 1810, elle a connu une phase d’industrialisation sous l’ère soviétique avant d’être officiellement déclarée ville en 1964. Plus récemment, Sachkhere a été durement éprouvée par un séisme majeur en 1991, ce qui a nécessité, des années plus tard, la reconstruction et la restauration de plusieurs de ses monuments historiques nationaux.

Le château de Modinakhe
Dominant la ville de Sachkhere à 700 mètres d’altitude, la forteresse de Modinakhe est perchée sur une crête de calcaire escarpée dans la région de l’Imereti. Son nom singulier, qui signifie « viens et vois » en géorgien, est issu d’une légende locale : le noble Papuna Tsereteli l’aurait fait construire au XVIIIe siècle après que son futur beau-père, Davit Abashidze, eut refusé de lui donner sa fille en mariage car il ne possédait pas de château. Une fois l’édifice achevé, Papuna aurait fièrement invité son beau-père à venir constater sa nouvelle puissance par ces mots. Aujourd’hui classée monument d’importance nationale, la forteresse est célèbre pour la vue panoramique exceptionnelle qu’elle offre sur la vallée de la rivière Kvirila et les montagnes environnantes.
L’histoire de ce site est riche et mouvementée, servant longtemps de résidence aux princes de la famille Tsereteli. Érigée vers les années 1730, la forteresse servit de bastion à Papuna Tsereteli lorsqu’il organisa une rébellion contre le roi Alexandre V d’Imereti, et elle offrit même un refuge au roi Salomon Ier lors d’une invasion ottomane en 1766. En 1810, lors de la conquête russe du Caucase, la forteresse fut capturée par l’armée impériale grâce à des traîtres alors qu’elle était commandée par une femme, perdant dès lors son importance stratégique. Des fouilles archéologiques ont par ailleurs démontré que le site était occupé bien avant l’ère médiévale, révélant des vestiges datant de l’âge du bronze et de l’antiquité, notamment des bijoux et des pièces de monnaie romaines.
Architecturalement, la forteresse se composait de deux longs murs se terminant par des tours défensives, dont une tour principale particulièrement haute. L’enceinte abritait autrefois une maison, une chapelle, une prison et une cour parsemée de qvevris (jarres à vin traditionnelles) enterrés dans le sol. Bien que la structure ait été gravement endommagée par un séisme en 1991, elle a bénéficié d’une restauration en 2019 qui a facilité son accès grâce à une nouvelle route pavée. Un ancien téléphérique de l’ère soviétique, dont la station inférieure à l’architecture brutaliste est encore visible en ville, permettait autrefois aux visiteurs d’accéder directement au sommet de la crête.

Comment se rendre à Sachkhere ?
Pour se rendre à Sachkhere en transport en commun, les voyageurs peuvent utiliser les marshrutkas (minibus) qui partent de la gare routière de Didube (station Nige) à Tbilissi environ toutes les heures entre 7h00 et 17h00, pour un tarif de 15 GEL. Depuis Koutaïssi, des minibus partent de la gare routière centrale selon le même horaire, avec un arrêt à Tchiatoura en chemin, pour un coût d’environ 8 GEL. Il est également possible de prendre le train depuis la gare de Koutaïssi I, qui propose deux liaisons quotidiennes depuis 2021, bien qu’il s’agisse de trains électriques anciens, lents et au confort sommaire.
En voiture, Sachkhere est située à environ 175 km de Tbilissi (3 heures de route) et à 90 km de Koutaïssi (environ 2,5 heures). Pour plus de liberté, il est recommandé de louer un véhicule avec LOCALRENT ou d’utiliser un service de chauffeur privé comme GoTrip, ce qui facilite l’exploration des paysages montagneux et des monuments dispersés dans la municipalité.
Où séjourner à Sachkhere ?
Il n’y a que l’hôtel Bern à Sachkhere autrement il faudra prendre une maison d’hôtes
La « Family Guest House Marso » est une maison d’hôtes géorgienne typique : chaleureuse, confortable, d’une propreté irréprochable et gérée par une matriarche très sympathique. Elle dispose de tout ce dont vous avez besoin pour un court séjour. Vous pouvez vous garer dans la rue, juste devant le portail d’entrée.

Plan de Sachkhere
Découvrez Sachkhere sans effort grâce à ma carte interactive, conçue pour vous faire gagner du temps et simplifier votre voyage. Cette superposition Google Maps, accessible depuis n’importe quel appareil, regroupe ma sélection des beaux lieux à visiter, des meilleurs restaurants, des supers hébergements et beaucoup d’autres choses. Mes recommandations proviennent d’années de travail à explorer le pays. Je les partage encore gracieusement pour un certain temps, alors profitez en ! Fini les recherches fastidieuses : ouvrez simplement la carte et laissez-vous guider vers les trésors cachés et les incontournables de Géorgie.
Quoi voir à Sachkhere en dehors du château ?
La gare ferroviaire
La gare ferroviaire de Sachkhere, inaugurée en 1907, est un monument du patrimoine culturel remarquable par son architecture en pierre taillée et son design parfaitement symétrique. Le projet a été initié dès 1904 grâce au mécénat d’Elisabeth Tsereteli, une philanthrope issue de la noble famille locale qui en a financé la construction. Bien que le bâtiment original ait été gravement endommagé, voire presque entièrement détruit par le violent séisme de 1991, il a été fidèlement reconstruit en 2000, conservant ses caractéristiques d’origine, notamment une petite tour en pierre distinctive adjacente au bâtiment principal.

Sur le plan opérationnel, la gare relie la ville à Zestafoni et Koutaissi via une ligne ferroviaire transversale. Après une interruption, les services de passagers entre Kutaisi et Sachkhere ont repris en 2021, avec deux liaisons quotidiennes assurées par d’anciens trains électriques. Bien que ces trajets soient décrits comme lents et dotés d’un confort rustique, la gare demeure un point d’intérêt majeur pour les visiteurs, témoignant de l’importance historique et du développement industriel de Sachkhere à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Le musée Akaki Tsereteli
Situé dans le village de Skhvitori, à environ trois kilomètres de Sachkhere, le musée-maison d’Akaki Tsereteli est un monument dédié à l’un des poètes et réformateurs les plus influents de la littérature géorgienne moderne. La demeure seigneuriale, un bâtiment en pierre de deux étages, a été construite en 1834 par des ouvriers grecs à la demande du père du poète, le prince Rostom Tsereteli. Le domaine conserve une cour traditionnelle imerétienne authentique, abritant des silos à grains et à maïs, une boulangerie, une étable, ainsi qu’un noyer centenaire datant de l’époque où le poète y vivait. Bien qu’issu de cette lignée aristocratique, Akaki fut élevé dans une modeste cabane de paysan à Savane pour lui inculquer l’humilité, un site qui complète aujourd’hui la visite historique.
Transformée en musée en 1943, la résidence abrite une collection exceptionnelle de plus de 8 000 objets relatant la vie et l’engagement patriotique de Tsereteli. Les visiteurs peuvent y explorer sa bibliothèque personnelle contenant des œuvres philosophiques et littéraires en géorgien, russe et français, ainsi que ses manuscrits originaux et ses vêtements. Parmi les pièces les plus émouvantes figurent son berceau d’enfant et le lit dans lequel il s’est éteint en 1915, accompagné d’une horloge dont les aiguilles sont restées arrêtées à l’heure exacte de son décès. Ce musée est une étape essentielle pour comprendre l’identité culturelle de la Géorgie, honorant une figure de proue du mouvement de libération nationale.

Le marché de Sachkhere
Le centre-ville de Sachkhere est presque entièrement animé par son vaste bazar en plein air et le marché de Modinakhe. Cet espace dynamique comprend également une section couverte nommée Sachkhere Central, offrant une immersion authentique dans la vie locale. À proximité de la gare routière, les visiteurs peuvent admirer une sculpture en bas-relief datant de l’époque soviétique sur un mur adjacent, tandis que le café-boulangerie « Rendez-vous », situé à l’angle du marché, est recommandé pour une pause café ou une pâtisserie lors d’une exploration des étals.
Les mosaïques soviétiques
Sachkhere abrite deux mosaïques soviétiques remarquables, créées à une époque où l’industrie et l’agriculture de grande échelle se développaient dans l’Imereti. La première se trouve à l’entrée de la ville, sur les murs d’une ancienne station-service ; elle se compose de deux panneaux bien conservés, l’un illustrant des automobiles anciennes et des engrenages, l’autre montrant une main brandissant une torche enflammée. La seconde mosaïque, située sur l’autre rive de la rivière Kvirila, décore la façade d’une ancienne usine de traitement du coton. Cette œuvre, composée de sept panneaux festonnés, entremêle des motifs de plants de coton avec six personnages en costumes traditionnels géorgiens. Bien que les auteurs et les dates exactes de ces réalisations soient inconnus, elles demeurent dans un excellent état de conservation, offrant un témoignage artistique unique de l’ère soviétique.

Que faire autour de Sachkhere ?
La façon la plus simple d’explorer le parc national de Mtirala est à pied. Des randonnées à cheval sont également organisées à l’intérieur du parc. Il existe deux sentiers distincts à l’intérieur du parc : le sentier Tsablnari, qui peut être parcouru en une journée, et le sentier Tsivtskaro, qui nécessite de passer la nuit dans le parc.
Prendre la route pittoresque jusqu’à Oni
Inaugurée en septembre 2021, la nouvelle route de 51,5 km reliant Sachkhere à Oni constitue un axe stratégique majeur entre les régions de l’Imereti et de Racha. Ce projet, financé par l’État pour un montant supérieur à 111 millions de GEL, permet de réduire la distance de 80 km et d’économiser environ 1,5 heure de trajet, ramenant le temps de parcours total à 3,5 heures. Le tracé traverse des zones forestières sauvages et la vallée de la rivière Kheri, grimpant jusqu’à 1 500 mètres d’altitude au niveau du col de Khikhata. En plus de faciliter la mobilité de la population locale et de stimuler le développement socio-économique, cette route est considérée comme l’une des plus pittoresques de Géorgie, offrant des vues spectaculaires sur le Grand Caucase à travers les gorges de Kheura. Elle dessert plusieurs villages comme Shkmeri et Kvashkhieti avant de rejoindre l’axe principal à seulement 5 km d’Oni.

Voir les téléphériques de l’ère soviétique à Chiatura
Située à seulement 15 minutes de route au sud de Sachkhere, la ville de Chiatura est une cité minière historique implantée dans la vallée de la rivière Kvirila. Elle est mondialement célèbre pour ses mines de manganèse et son réseau emblématique de téléphériques de l’ère soviétique, construits à partir des années 1950 pour transporter les ouvriers vers les sites d’extraction en hauteur. Bien que les anciennes remontées mécaniques aient été récemment remplacées par un système de gondoles modernes et technologiques, la ville reste un site d’intérêt majeur pour son architecture industrielle et peut être facilement visitée lors d’un circuit incluant le pilier de Katskhi et le couvent de Mgvime.
Avez-vous déjà vu un tel château ? Partagez votre avis dans les commentaires ci-dessous.

