Réserve de Khosrov | Cascades, forteresse & pétroglyphes

Écrit par Sébastien

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Je vous invite à découvrir la réserve forestière de Khosrov, un véritable voyage dans le temps fondé au IVe siècle par le roi Khosrov III Kotak pour servir de terrain de chasse royal et préserver le climat local, ce qui en fait l’une des plus anciennes zones protégées de notre planète. Ce joyau de biodiversité, qui s’étend sur plus de 23 000 hectares, abrite plus de la moitié de la flore arménienne et des espèces rares comme le rarissime léopard de Perse ou les agiles chèvres à bézoard. Au gré de mes balades, j’ai été fasciné par les cascades mythiques d’Astghik et de Vahagn, dont les eaux vives rappellent les légendes de la déesse de la beauté et du dieu de la guerre. Le relief accidenté dévoile également d’impressionnants vestiges médiévaux, tels que la forteresse de Kaqavaberd, perchée à plus de 2 000 mètres d’altitude avec ses murs massifs, ainsi que les ruines majestueuses des monastères de Havuts Tar et d’Aghjots Vank, d’anciens centres culturels renommés pour leurs manuscrits avant d’être dévastés par le terrible séisme de 1679.

Temps de lecture estimé : 20 minutes

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Brève histoire de la réserve de Khosrov

Saviez-vous que la réserve de Khosrov est l’une des plus anciennes zones protégées au monde, avec une histoire qui remonte à environ 1 700 ans ?. Elle a été fondée au IVe siècle, plus précisément entre 334 et 338 ap. J.-C., par le roi arménien Khosrov III Kotak, dont elle porte fièrement le nom. À l’origine, le souverain souhaitait améliorer les conditions climatiques des capitales de l’époque, Artashat et Dvin, tout en assurant la conservation de la flore et de la faune locales. Ce vaste domaine servait alors de terrain pour la chasse royale, les divertissements et même des exercices militaires.

Après avoir traversé les siècles comme un témoignage de l’attachement des Arméniens à leur patrimoine, ce joyau naturel a officiellement obtenu le statut de réserve d’État en septembre 1958. Aujourd’hui, elle s’étend sur plus de 23 000 hectares et se divise en quatre secteurs distincts : Garni, Kaqavaberd, Khosrov et Khachadzor. Sa gestion moderne vise désormais à protéger la biodiversité exceptionnelle du bassin des rivières Azat et Vedi, tout en favorisant le tourisme éducatif et la recherche scientifique. En reconnaissance de sa valeur écologique unique dans le Caucase, la réserve a d’ailleurs été récompensée par le Diplôme européen des espaces protégés en 2013.

Biodiversité de la réserve de Khosrov

La réserve de Khosrov est un véritable sanctuaire pour la vie sauvage, et je peux vous dire que sa richesse est tout simplement époustouflante pour une si petite surface. C’est un point chaud de la biodiversité du Caucase où l’on trouve plus de 1 800 espèces de plantes, soit plus de la moitié de la flore de toute l’Arménie ! On y croise des paysages variés, allant des semi-déserts aux prairies alpines, mais les véritables joyaux sont les forêts de genévriers et de chênes du Caucase, des vestiges de l’ère tertiaire qui ont traversé les millénaires. Si vous avez l’œil, vous pourrez même repérer des espèces endémiques rares comme le poirier de Khosrov ou des fleurs magnifiques inscrites au Livre Rouge.

Côté animaux, préparez vos jumelles, car la faune est tout aussi fascinante et variée. La réserve abrite des créatures légendaires et discrètes, comme le léopard de Perse (on estime qu’il n’en reste qu’une dizaine dans tout le pays) et le lynx d’Eurasie. En vous baladant, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir des chèvres bezoar grimpant sur les falaises escarpées ou des ours bruns syriens se régalant de fruits sauvages. Le ciel n’est pas en reste avec plus de 190 espèces d’oiseaux, dont le majestueux vautour moine qui niche dans les genévriers, faisant de ce lieu un paradis pour les amoureux de la nature sauvage.

Bons plans en un clin d’œil


Visite privée d’une journée complète dans la réserve de Khosrov

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Climat et géologie de la réserve forestière de Khosrov

Si vous comptez explorer la réserve, attendez-vous à un décor spectaculaire sculpté par une géologie tourmentée. Le paysage est une succession sauvage de crêtes montagneuses, de hauts plateaux et de canyons profonds qui témoignent d’une ancienne activité tectonique, avec des failles et des fractures bien visibles. Les roches que vous foulerez, principalement des dépôts volcaniques et des intrusions ignées, datent des périodes du Crétacé et du pré-Oligocène. J’ai été frappé par les pentes abruptes du terrain, dépassant souvent les 30 degrés, où l’érosion par le vent et l’eau a façonné d’étonnantes figures géologiques naturelles au fil des millénaires.

Côté météo, c’est un vrai caméléon : le climat varie énormément en fonction de l’altitude, qui oscille entre 700 et 2 800 mètres. Dans les zones les plus basses du contrefort de l’Ararat, on trouve un climat continental sec avec des étés torrides pouvant grimper jusqu’à 38 °C. En montant un peu, entre 1 400 et 2 000 mètres, l’air devient plus tempéré mais les hivers sont rudes, avec une couverture neigeuse stable de novembre à mars et des records de froid atteignant les -30 °C. Enfin, sur les hauteurs dépassant les 2 000 mètres, le climat devient franchement froid et humide, avec des précipitations annuelles allant jusqu’à 800 mm. C’est justement cette incroyable diversité de microclimats qui permet à une telle richesse botanique de s’épanouir ici.

Comment se rendre dans la réserve de Khosrov ?

Pour rejoindre ce sanctuaire naturel, votre aventure commencera très probablement à Erevan, la capitale se trouvant à environ 28 kilomètres de l’entrée du complexe. La majorité des visiteurs se dirigent vers le district de Garni, qui est le point d’accès le plus populaire et se situe à environ 40 kilomètres du centre-ville. Vous devrez d’abord vous rendre dans les villages de Garni ou de Goght, qui constituent les principaux points de passage pour pénétrer dans les différentes zones de la réserve. De nombreuses agences de trekking proposent d’ailleurs des services de transfert direct depuis votre lieu de séjour pour simplifier votre trajet.

Une fois aux portes de la forêt, sachez que l’expérience se poursuit principalement à pied, car aucun transport classique ne peut atteindre les sites les plus reculés comme les cascades de Vahagn et d’Astghik. Bien que certains itinéraires, comme celui menant au lac Vishap, puissent être parcourus en véhicule tout-terrain (4×4), la plupart des sentiers exigent une marche de plusieurs kilomètres sur un terrain rocheux et parfois difficile. Il est impératif d’obtenir au préalable un permis auprès de l’administration de la réserve, une démarche facilitée par le centre des visiteurs situé dans le district de Garni. Pour votre sécurité et le respect des règles de conservation, je vous conseille de partir avec un guide professionnel, dont la présence est d’ailleurs obligatoire pour accéder à certains secteurs protégés.

Carte de la réserve de Khosrov

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Quoi voir dans la réserve de Khosrov ?

Randonnée des 2 cascades

Lors de mes explorations dans la réserve de Khosrov, j’ai été frappé par l’abondance de ses ressources hydriques qui alimentent cette nature sauvage. Les deux artères principales sont les rivières Azat et Vedi, qui s’écoulent sur plus de 55 km chacune et atteignent leur débit maximum en avril et mai, nourries par un mélange de fonte des neiges, de pluies et de sources souterraines. La rivière Azat est particulièrement vitale, car ses eaux pures approvisionnent même la capitale, Erevan. En plus de ces rivières, vous trouverez une multitude de sources d’eau douce et minérale au régime stable, ainsi que de nombreux petits affluents comme les rivières Khosrov et Mankuk qui serpentent à travers les montagnes.

Les 2 cascades se trouvent à environ 8 kilomètres de l’entrée de la réserve. Il faut marcher sur le piste pendant 4.5 kilomètres avant de bifurquer vers Bayburd. Vous pouvez rejoindre facilement l’embranchement en 4×4 mais pour cela il faut un permis d’accès, à demander à l’office du tourisme.

Cascade d’Astghik

Si vous cherchez un coin vraiment féerique, je vous conseille de vous rendre aux chutes d’Aghjots pour découvrir la cascade d’Astghik, haute d’environ 30 mètres. Elle porte le nom de la déesse païenne de l’amour et de la beauté, et la légende raconte qu’elle venait s’y baigner chaque soir avant d’être secourue par son époux Vahagn. Contrairement à sa voisine, cette cascade est plus douce et calme, ses eaux dégringolant le long de falaises recouvertes de mousse avant de finir leur course dans un bassin naturel cristallin. C’est un spectacle magique, particulièrement au printemps et en été lorsque le débit est à son apogée et que la végétation environnante est luxuriante.

Cascade de Vahagn

À seulement quelques centaines de mètres de là, vous tomberez sur la cascade de Vahagn, nommée en l’honneur du dieu du feu, de la guerre et du courage. Ici, le décor est plus dramatique : un courant puissant et étroit plonge d’environ 10 mètres depuis une falaise presque verticale, s’écrasant avec fracas sur des rochers plats en contrebas. Les embruns se dispersent dans le canyon de Garni, offrant une fraîcheur incroyable, idéale pour se ressourcer après une randonnée. Gardez toutefois à l’esprit qu’il est interdit de s’approcher trop près de la base de la chute à cause des risques de chutes de pierres, mais la vue reste absolument mémorable.

Cascade de Vahagn réserve de Khosrov

Forteresse de Kaqavaberd

Si vous cherchez un lieu chargé d’histoire lors de votre passage dans la réserve de Khosrov, la forteresse de Kaqavaberd (aussi appelée « forteresse de la perdrix » à cause des nombreux oiseaux qui y vivent) est un incontournable absolu, même si elle se mérite !. Perchée à plus de 2 000 mètres d’altitude sur un piton rocheux de la montagne Geghi, cette place forte médiévale est mentionnée pour la première fois par l’historien Hovhannes Draskhanakerttsi aux IXe et Xe siècles. À cette époque, elle servait de domaine à la dynastie des Bagratoni et a été le théâtre de replis stratégiques face aux généraux arabes. C’est l’un des rares témoignages encore debout de l’architecture militaire arménienne du Moyen Âge, avec ses murs massifs de plus de 2 mètres d’épaisseur et ses tours de 10 mètres de haut qui ont défié le temps.

Au fil des siècles, la forteresse a changé de mains au gré des successions royales, passant de la famille Pahlavouni au XIe siècle à celle des Proshyan aux XIIe et XIIIe siècles. Mais ce qui fait vibrer le cœur des Arméniens, c’est surtout son lien avec le légendaire Gevorg Marzpetuni, dont elle fut la résidence principale lors de ses luttes héroïques pour l’indépendance, un récit d’ailleurs immortalisé par le grand romancier Muratsan. Malheureusement, la forteresse a été gravement endommagée par le terrible séisme de 1679, le même qui a frappé Garni et Havuts Tar, et n’a jamais été reconstruite depuis. Aujourd’hui, bien qu’elle soit en ruines et que son accès soit restreint depuis 2018 pour des raisons de conservation, elle reste un symbole majestueux de la puissance passée de la province d’Ayrarat.

Forteresse de Kaqavaberd réserve de Khosrov

Information sur la randonnée de Kaqavaberd

Si vous prévoyez de visiter la majestueuse forteresse de Kaqavaberd, sachez que c’est une véritable aventure qui se mérite ! Elle se trouve nichée dans la réserve de Khosrov, à environ 13,5 km au sud-est du village de Garni. Pour vous y rendre, le point de départ habituel est l’ancien village abandonné de Berdatak (autrefois appelé Kaladibi). De là, un sentier de randonnée grimpe sur le flanc escarpé du mont Geghi, où la forteresse est perchée à une altitude impressionnante d’environ 2 100 mètres. L’accès par la route est qualifié de difficile, alors attendez-vous à marcher sur des pentes dont l’inclinaison dépasse souvent les 30 degrés pour atteindre ce nid d’aigle dominant la rive droite de la rivière Azat.

Attention toutefois, car l’accès n’est pas totalement libre : depuis 2018, la forteresse est officiellement fermée aux visiteurs pour des raisons de sécurité et de conservation. Si vous envisagez une expédition, il est impératif d’obtenir au préalable un permis d’entrée auprès de l’administration de la réserve de Khosrov. Lors de votre ascension, restez bien sur vos gardes, surtout durant les saisons chaudes, pour éviter les serpents venimeux comme la vipère de l’Ararat ou la vipère de Radde qui habitent la région. Comme le terrain est sauvage et que l’on peut y croiser des ours bruns ou des chèvres bezoar, je vous conseille vivement de partir avec un guide professionnel pour profiter de l’expérience en toute sérénité.

Monastère de Havuts Tar

Si vous vous baladez dans la réserve de Khosrov, vous ne pouvez pas manquer le monastère de Havuts Tar, un site majestueux perché sur un promontoire dominant les gorges de la rivière Azat. Fondé dès le IVe siècle, ce complexe fortifié a connu son âge d’or entre le XIe et le XIIIe siècle, devenant l’un des centres spirituels et culturels les plus importants de l’Arménie médiévale. Il était particulièrement réputé pour son activité de calligraphie, abritant autrefois le célèbre « Vehamor Avetaran », le plus ancien manuscrit complet d’Arménie sur lequel les présidents prêtent aujourd’hui serment lors de leur investiture. Son nom, qui signifie « vol d’oiseau », viendrait d’une légende où un prêtre aurait transformé des prisonniers en oiseaux pour les sauver de l’envahisseur Tamerlan.

Même si le monastère est aujourd’hui en ruines à cause du séisme dévastateur de 1679 et des invasions ultérieures, les vestiges qui subsistent restent impressionnants par leur finesse architecturale. Le complexe est entouré de murs défensifs massifs et se divise en plusieurs groupes de monuments, incluant l’église principale d’Amenaprkich (« Tout Sauveur ») et l’église de la Colline. Vous pourrez y admirer un travail de maçonnerie remarquable, notamment l’utilisation de tuff bicolore orange et noir formant des motifs en damier sur les façades. En explorant les lieux, ne manquez pas les nombreux khachkars (pierres-croix) sculptés et les anciennes chambres monastiques qui témoignent de la grandeur passée de ce sanctuaire niché en pleine nature. Comptez 5 kilomètres aller-retour depuis l’office du tourisme.

Havuts Tar réserve de Khosrov

Aghjots Vank

Aghjots Vank est un monastère du XIIIe siècle également connu sous le nom de Saint-Étienne de Goght. Ce site fascinant est niché le long d’un affluent de la vallée de la rivière Azat, à quelques kilomètres seulement des villages de Goght et de Garni. Selon la tradition locale, c’est Grigor Lusavorich (Grégoire l’Illuminateur) qui aurait fondé le monastère sur le lieu du martyre de Stepanos, un compagnon de Sainte Hripsimé. Bien qu’il soit aujourd’hui en ruines et inscrit sur la liste de surveillance du World Monument Fund, le complexe conserve une aura spirituelle puissante au milieu d’un paysage montagneux spectaculaire.

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En déambulant parmi les vestiges, vous découvrirez l’église principale de Saint-Étienne, construite au début du XIIIe siècle sous le patronage du prince Grigor Khaghbakian et de son épouse la princesse Zaza. Ne manquez surtout pas l’église des Saints Pierre et Paul, ajoutée en 1270, qui est célèbre pour ses magnifiques bas-reliefs représentant les deux apôtres flanquant le portail d’entrée. Au-delà de son rôle religieux, le monastère fut un centre éducatif majeur où l’historien Vardan Areveltsi fonda une école dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Malgré les ravages causés par le séisme de 1679 et les saccages successifs au fil des siècles, les nombreuses pierres-croix (khachkars) et le cimetière ancien situé à proximité témoignent encore de la grandeur passée de ce lieu.

Aghjots Vank se trouve à 8 kilomètres de l’entrée de la réserve de Khosrov. Il vous faudra une grosse journée de marche pour faire l’aller-retour où planifiez de dormir sur place dans une tente.

Lac de Vishap et la pierre du dragon

Pour les amateurs de randonnées sauvages, je vous emmène découvrir le lac Vishap, également connu sous les noms de lac Geghard ou Vanki gyol. Ce miroir d’eau de 30 hectares se cache à 2 620 mètres d’altitude dans la région de Kotayk, niché entre les sommets imposants de Vishapasar et d’Azhdahak. Pour l’atteindre, préparez-vous à une véritable aventure d’environ 15 km sur un sentier rocailleux et difficile au départ du village de Geghard, mais l’effort est largement récompensé par la vue plongeante sur les gorges et le monastère éponyme. Depuis 2008, ce site est officiellement classé parmi les monuments naturels d’Arménie, préservant ainsi son atmosphère paisible et hors du temps.

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L’aspect le plus fascinant de ce lieu réside dans la présence de deux mystérieuses « pierres du dragon », ou vishapakars, qui veillent sur les rives depuis deux ou trois millénaires. La plus grande de ces stèles monolithiques mesure 3,5 mètres de haut et arbore une gravure représentant une cigogne. Ces monuments, typiques des hauts plateaux arméniens, étaient autrefois au cœur de rituels préhistoriques dédiés au culte de l’eau et de la fertilité, souvent placés près des sources et des systèmes d’irrigation anciens. En marchant à leurs côtés dans ce paysage de haute montagne, on ressent physiquement le lien spirituel profond qui unit depuis la préhistoire les habitants de ces terres à leurs précieuses ressources en eau.

En partant de Geghard, la boucle complète avec les pétroglyphe fait environ 30 kilomètres donc il vous faudra poser votre tente au niveau du lac. Jetez un œil à ma carte interactive pour avoir tous les itinéraires.

Montagne de Gegham et ses pétroglyphes

La chaîne des montagnes de Gegham est une région volcanique fascinante qui s’étire majestueusement entre Erevan et le lac Sevan. Ce massif, composé de nombreux volcans éteints et de cônes spectaculaires comme l’Armaghan ou le Spitaksar, culmine au mont Azdahak à 3 597 mètres d’altitude. Avec une élévation moyenne de 2 500 mètres, ce haut plateau sert de bassin versant naturel pour de nombreuses rivières vitales, telles que l’Azat et le Vedi, tout en abritant une partie de la célèbre forêt de Khosrov sur ses pentes sud-est.

En grimpant vers les sommets, entre 2 800 et 3 000 mètres, vous découvrirez un véritable musée à ciel ouvert : plus de 12 000 pétroglyphes y ont été recensés par les archéologues. Ces gravures rupestres, dont les plus anciennes remontent au VIIe millénaire av. J.-C., ont été réalisées en entaillant ou en sculptant la surface de la roche pour y laisser une trace indélébile. D’ailleurs, les spécialistes considèrent ces illustrations comme exceptionnelles par leur nombre et leur précision, certains supposant même qu’elles servaient de forme primitive d’écriture ou qu’elles possédaient une profonde signification spirituelle et rituelle liée au culte du soleil.

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Ces œuvres millénaires dépeignent une multitude de scènes de la vie quotidienne, montrant des hommes en train de chasser, de combattre ou de danser, mais aussi des éléments astronomiques fascinants comme le Soleil, la Lune et diverses constellations. J’ai été particulièrement frappé par la diversité des représentations animales, allant des espèces encore présentes dans la région comme les chèvres bezoar, les ours et les léopards, à des animaux aujourd’hui disparus comme certains types de bétail sauvage. Ce lien entre l’homme et la nature sauvage, gravé pour l’éternité dans le basalte, offre un témoignage unique sur l’environnement et les croyances des anciens habitants des hautes terres arméniennes.

Où manger un bout dans la région ?

Pour vous restaurer dans les environs, gardez à l’esprit que la réserve est un sanctuaire naturel préservé, vous n’y trouverez donc pas de cafétéria au détour d’un sentier. La meilleure solution reste de prévoir votre propre casse-croûte : des aires de pique-nique et des espaces pour s’asseoir en extérieur sont d’ailleurs aménagés, notamment près de la forteresse de Kaqavaberd. C’est, à mon avis, la meilleure façon de savourer un bon repas tout en profitant d’un panorama exceptionnel sur les montagnes et les gorges de l’Azat,.

FAQ sur la réserve de Khosrov

Quel est le meilleur moment pour s’y rendre ?

D’après mon expérience, le printemps, de la fin mars jusqu’en juin, est la période idéale car les chutes d’eau sont à leur débit maximum et les fleurs sauvages colorent tout le paysage. L’automne, de septembre à novembre, est également magnifique pour ses couleurs chatoyantes et ses températures douces, parfaites pour la randonnée.

Quels animaux peut-on espérer croiser dans la réserve de Khosrov ?

Bien que très discrets, des prédateurs légendaires comme le léopard de Perse (il n’en resterait qu’une dizaine en Arménie) et l’ours brun syrien habitent ces montagnes. Vous aurez toutefois plus de chances d’apercevoir des chèvres bézoards sur les parois rocheuses ou d’observer l’un des 192 types d’oiseaux, comme le vautour moine qui niche exclusivement ici en Arménie

Y a-t-il des dangers ou des précautions à prendre ?

Soyez particulièrement vigilants face aux serpents venimeux, comme la vipère de l’Ararat ou la vipère de Radde, très présentes durant les mois chauds. Il faut savoir que le terrain est souvent escarpé avec des pentes dépassant les 30 degrés, rendant la marche exigeante.

Est-il obligatoire d’être accompagné d’un guide ?

Pour beaucoup de zones, et particulièrement pour accéder aux cascades ou aux sites reculés, la présence d’un guide professionnel est fortement recommandée, voire obligatoire, pour garantir votre sécurité et respecter les règlements de la réserve. Renseignez vous auprès de l’office du tourisme.

Avez-vous déjà visiter la réserve de Khosrov ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.

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