Quand j’ai posé le pied sur la colline de Dvin, j’ai été saisi par un silence presque déroutant : rien, à première vue, ne laisse deviner qu’ici s’élevait autrefois l’une des plus grandes villes du monde arménien. Et pourtant, sous cette terre discrète de la plaine de l’Ararat, à une trentaine de kilomètres au sud d’Erevan, dort l’ancienne capitale de l’Arménie, une cité qui compta jusqu’à cent mille habitants et fut, pendant près d’un millénaire, un carrefour incontournable entre Byzance, la Perse et le monde arabe. Ce site archéologique, aujourd’hui réduit à des fondations, des tronçons de remparts et des jarres de terre cuite, mérite qu’on prenne le temps de le comprendre avant d’y poser le regard. Dans les lignes qui suivent, je vous emmène à la découverte de l’histoire mouvementée de Dvin, de ses vestiges les plus parlants et de tout ce qu’il faut savoir pour organiser votre visite.
Temps de lecture estimé : 23 minutes
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Histoire de Dvin
Une fondation royale sur les rives de l’Azat
Bien avant qu’un roi n’y installe son trône, la colline de Dvin était déjà habitée : les fouilles soviétiques puis arméniennes ont mis au jour des traces d’occupation remontant au IIIe millénaire avant notre ère, ainsi que du mobilier de l’époque hellénistique. C’est cependant dans les années 330 que l’histoire s’accélère, lorsque le roi Khosrov III Kotayk fait édifier une citadelle et un palais royal au sommet de la colline, sur la rive gauche de l’Azat. Peu à peu, les habitants de la voisine Artachat désertent leur cité pour s’installer à Dvin, alors intégrée à la province de Vostan Dvno, au cœur de l’Ayrarat. Selon certaines sources anciennes, le site aurait même auparavant servi de réserve de chasse royale, preuve que cette terre attirait déjà les puissants avant de devenir une capitale à part entière.

Le tournant décisif survient en 428, lorsque la royauté arsacide est abolie en Arménie : Dvin devient alors le siège administratif, ou ostan, de l’Arménie perse, gouverné par un marzpan au nom du roi sassanide. Peu après, en 470 ou 471, le catholicossat de toute l’Arménie quitte Vagharchapat pour s’installer à Dvin, qui devient ainsi le centre spirituel du pays : plusieurs conciles s’y tiennent, dont celui de 555, qui condamne le concile de Chalcédoine et fixe le calendrier arménien encore en usage aujourd’hui. Économiquement, la cité prospère grâce à ses tapis de pourpre réputés jusqu’en Asie centrale, mais cette prospérité n’empêche pas les tensions religieuses : la construction d’un temple du feu zoroastrien par les autorités perses provoque même une révolte en 571-572.
Entre Byzance et le califat : une cité convoitée
Au VIIe siècle, Dvin se retrouve prise entre deux empires. Après que l’empereur byzantin Héraclius a repris une large partie de l’Arménie perse en 591, la ville se trouve directement sur la nouvelle frontière, tout en restant sous contrôle sassanide ; en 623, dans le cadre de sa campagne contre les Perses, Héraclius s’empare de la cité et la détruit. Ce répit byzantin est de courte durée : le 6 octobre 640, les troupes arabes conquièrent définitivement Dvin, qui devient le siège du gouverneur du califat, l’ostikan, une fonction qu’elle conserve jusqu’en 789. Aux IXe et Xe siècles, la ville reste un enjeu majeur entre la dynastie arménienne des Bagratides et les émirs arabes, aucun camp ne parvenant durablement à s’imposer.
L’année 885 marque un sommet symbolique : c’est à Dvin qu’Achot Ier est couronné roi des Arméniens, avant que la capitale ne soit transférée à Shirakavan. Huit ans plus tard, en 893, un séisme dévaste une large partie de la cité, sans pour autant l’achever. Sous le règne du roi bagratide Gagik Ier, entre 990 et 1020, Dvin connaît même un nouvel âge d’or, retrouvant une semi-indépendance et éliminant plusieurs émirats rivaux ; d’ailleurs, la majorité des vestiges archéologiques aujourd’hui exhumés datent précisément de cette période bagratide, signe de la vitalité retrouvée de la ville à cette époque.

Le crépuscule d’une capitale, de l’oubli à la redécouverte
Passé l’an mille, la cité devient l’objet de convoitises répétées. Des émirs kurdes et deylamites d’origine iranienne s’y succèdent, avant qu’une brève domination turque ne s’installe après 1100. Au XIIe siècle, c’est au tour du royaume de Géorgie de s’imposer : Georges III conquiert Dvin en 1173, et la ville reste liée au royaume géorgien sous le règne de la reine Tamar, entre 1201 et 1203. Cette dernière floraison ne dure guère : en 1225, l’invasion de Djalal ad-Din Mangburni porte un coup sévère à la cité, avant que les Mongols n’achèvent, entre 1233 et 1236, une destruction cette fois définitive. Après ces ravages, seuls quelques villages modestes subsisteront sur l’emplacement de l’ancienne capitale.
Il faudra attendre 1937 pour que les fouilles archéologiques systématiques commencent, interrompues seulement par la Seconde Guerre mondiale avant de reprendre durablement. Depuis 1995, le site figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, une reconnaissance qui témoigne de son importance historique. Plus récemment, depuis 2019, l’archéologue Hamlet Petrosyan a repris la direction de l’expédition et noué une collaboration avec l’université de Florence, avec un accent particulier mis sur le grand marché médiéval de la cité, encore largement inexploré. Ainsi, l’ancienne capitale continue, doucement, à livrer ses secrets.
Comment se rendre à Dvin ?
En marshroutka puis en taxi, le trajet demande un peu plus d’organisation mais reste tout à fait accessible aux voyageurs curieux et débrouillards. Depuis la gare routière de Kilikia à Erevan, des minibus rejoignent Artachat en environ quarante-cinq minutes ; sur place, il vous faudra ensuite négocier un taxi local pour rallier le site archéologique proprement dit, qui n’est pas directement desservi par les transports en commun.
En voiture, c’est de loin la solution la plus confortable : comptez environ quarante minutes de route depuis Erevan par l’axe sud, pour une trentaine de kilomètres à parcourir. J’apprécie particulièrement cette option pour la liberté qu’elle offre, notamment si vous souhaitez enchaîner avec le monastère de Khor Virap, situé à quelques kilomètres seulement plus au sud, dans un cadre magnifique face au mont Ararat. Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.
Informations pratiques sur Dvin
Horaires, prix des billets et temps de visite
Dans la pratique, comptez entre une heure et une heure trente pour parcourir l’ensemble des vestiges et le petit musée, sans vous presser. Mieux vaut prévoir votre visite en matinée, surtout en été, pour éviter la chaleur la plus intense sur cette plaine dépourvue d’ombre. Le site ouvre de 9h à 19h et l’accès est gratuit. Je vous conseille néanmoins de prévoir un peu de monnaie locale sur vous le jour de la visite, au cas où un tarif serait appliqué à l’entrée du site ou du musée.
Conseils pratiques et accessibilité
Sachez qu’il n’existe ni boutique ni restaurant sur place ou à proximité immédiate : pensez à emporter de l’eau, un chapeau et de quoi vous protéger du soleil, particulièrement entre avril et septembre. Le terrain, fait de tranchées de fouilles et de murets irréguliers, demande des chaussures fermées et confortables ; l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite reste limitée, le sol étant meuble et inégal par endroits. Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions de visite, avec une température clémente et une vue dégagée sur la plaine ; en hiver, les pluies peuvent rendre les chemins d’accès boueux, même si le mont Ararat s’y révèle alors particulièrement net les jours de grand froid.
Plan de Dvin
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Quoi voir à Dvin ?
Les remparts de la citadelle
À l’origine, seule la partie sommitale de la colline était fortifiée, sur une surface d’environ un demi-hectare abritant le palais et les bâtiments administratifs des souverains arsacides. Avec le temps, l’enceinte s’est étendue pour englober l’ensemble de la colline et une partie de la plaine septentrionale, ponctuée d’au moins quarante-quatre tours semi-circulaires dont les vestiges forment aujourd’hui des monticules de cinq à six mètres de haut. La partie basse des murs était bâtie en pierre non taillée sur environ un mètre, tandis que la partie supérieure, en brique crue, était parementée d’un rang de brique cuite.
En me promenant le long de ces tronçons de remparts, souvent réduits à des lignes de pierre affleurant à peine le sol, j’ai été frappé par l’ampleur du fossé qui ceinturait autrefois la citadelle et qu’on pouvait remplir d’eau pour la défense. Les entrées d’angle, plus larges que les autres tours, marquaient probablement l’emplacement des portes principales. C’est un exercice d’imagination qu’il faut accepter en arrivant sur place : ces vestiges discrets racontent, à qui prend le temps de les observer, l’histoire d’une cité fortifiée pensée pour résister aux sièges.
Le cœur du pouvoir : palais et salle du trône
Le quartier central du site correspond au cœur politique de l’ancienne capitale, là où se dressaient les palais des souverains arsacides puis, plus tard, ceux des gouverneurs sassanides et arabes. Les fondations mises au jour révèlent l’ampleur de ces constructions, notamment la grande salle du Ve siècle du palais catholicossal, longue de plus de vingt et un mètres, dont on devine encore le plan grâce aux bases de colonnes en tuf. Un peu plus loin, une autre salle à trois nefs, fouillée sur le bord oriental de la citadelle, fut longtemps identifiée comme la salle du trône des Arsacides avant que des recherches plus récentes n’y voient plutôt les traces d’une église ancienne aux influences syro-arméniennes.
Ce qui me touche particulièrement dans ce secteur, c’est la succession des usages qui s’y lit en creux : palais royal, résidence du gouverneur perse, lieu de culte zoroastrien éphémère avant d’être incendié par des rebelles arméniens au VIe siècle, puis à nouveau palais reconstruit au VIIe siècle avant de finir, sous les Arabes, transformé en mosquée. Peu de sites archéologiques arméniens racontent avec autant de netteté ces strates de pouvoir qui se sont succédé sur un même emplacement.
La cathédrale Saint-Grégoire
Édifiée à la fin du IVe siècle ou au tout début du Ve, la cathédrale dédiée à saint Grégoire l’Illuminateur fut d’abord une basilique à trois nefs avant d’être profondément remaniée au VIIe siècle en une église à coupole de plan cruciforme, l’une des plus grandes de toute l’Arménie médiévale selon les estimations des archéologues. Certaines traditions rapportent qu’elle aurait été bâtie sur l’emplacement d’un ancien temple païen, dont des matériaux auraient été réutilisés dans la nouvelle construction, un phénomène assez courant dans l’Arménie des débuts du christianisme.
Le tremblement de terre de 893 lui porta un coup fatal : l’édifice ne fut jamais reconstruit, et il ne subsiste aujourd’hui que les fondations en pierre, mises au jour par les fouilles du XXe siècle. J’aime m’attarder sur ce qu’il reste de l’abside, où l’on évoque la présence d’une mosaïque représentant la Vierge, considérée comme l’une des plus anciennes représentations de ce type retrouvées en Arménie. Debout au milieu de ces fondations silencieuses, on mesure difficilement qu’ici s’élevait autrefois l’un des plus grands édifices religieux de son temps.

Le grand marché de Dvin
À environ huit cents mètres de la citadelle, dans la partie sud-est de la ville basse, s’étendait le grand marché de Dvin, une immense salle rectangulaire à colonnades d’environ mille deux cents mètres carrés, portée par trente-six piliers de tuf disposés en rangées régulières. Daté des Ve-VIe siècles, ce marché fut détruit par le séisme de 893 puis reconstruit au Xe siècle, avant d’être définitivement anéanti lors de la destruction de la ville au milieu du XIIIe siècle. Sa taille exceptionnelle en fait, à ce jour, l’un des plus vastes édifices commerciaux médiévaux connus dans toute la région.
C’est précisément sur cette structure que se concentrent aujourd’hui les recherches les plus actives, menées depuis 2019 par une équipe arméno-italienne en collaboration avec l’université de Florence. Les archéologues y étudient notamment les dalles de pavement remarquablement conservées et les vestiges de colonnes, dans le but de mieux comprendre le rôle de Dvin sur les routes de la soie. Pour le visiteur curieux, savoir que des fouilles sont encore en cours sur ce secteur précis ajoute une dimension presque vivante à la visite : l’histoire de Dvin, ici, continue de s’écrire.

Le musée du site
Un petit bâtiment abrite, directement sur le site, un modeste musée présentant céramiques, monnaies et objets mis au jour lors des différentes campagnes de fouilles, accompagnés de panneaux explicatifs en arménien et en anglais. Si la majorité des découvertes majeures ont depuis rejoint les collections du musée d’histoire de l’Arménie à Erevan, ce petit espace suffit largement à donner une idée tangible de l’ampleur de la cité disparue et à orienter la visite des vestiges extérieurs.

Je recommande sincèrement de commencer votre parcours par ce musée avant de vous aventurer sur le terrain : les fondations discrètes prennent tout leur sens une fois qu’on a pu observer, ne serait-ce que quelques minutes, les objets du quotidien qui circulaient dans cette cité marchande. Cela transforme une simple promenade archéologique en un véritable voyage dans le temps, à la rencontre des artisans, des marchands et des religieux qui firent la richesse de Dvin.
Le panorama sur la plaine de l’Ararat
Depuis le sommet de la colline qui porte les vestiges de la citadelle, le regard porte loin sur la plaine de l’Ararat et, par temps clair, jusqu’à la silhouette du mont Ararat lui-même, à l’horizon sud-ouest. C’est sans doute mon moment préféré de la visite : ce paysage ouvert, presque intemporel, permet de comprendre pourquoi les souverains arméniens choisirent cet emplacement, à la fois défensif et stratégiquement placé au carrefour des routes commerciales.
Au fil des saisons, ce panorama change radicalement de visage : poussiéreux et brûlant en été, boueux mais lumineux en hiver, il offre au printemps et en automne son visage le plus généreux, avec une lumière douce qui sculpte joliment les reliefs du site. Prenez le temps de vous asseoir quelques instants sur l’un des murets, à l’écart du sentier principal, pour laisser ce silence particulier des sites abandonnés faire son effet.
Que faire aux alentours de Dvin ?
Monastère de Khor Virap
Si vous cherchez l’image la plus iconique de l’Arménie, c’est sans aucun doute vers le monastère de Khor Virap qu’il faut vous tourner, ce joyau perché dans la plaine de l’Ararat à environ 40 km au sud d’Erevan. Ce site est absolument fascinant car il représente le véritable berceau de la chrétienté arménienne : c’est ici que Saint Grégoire l’Illuminateur a été emprisonné pendant 13 ans dans une « fosse profonde » (sens littéral de Khor Virap) avant de guérir le roi Tiridate III, menant le pays à devenir la première nation chrétienne au monde en 301 apr. J.-C.. L’intérêt de la visite réside autant dans l’expérience physique — vous pouvez descendre par une échelle métallique raide de 27 barreaux dans le cachot sombre et exigu de 6 mètres de profondeur — que dans le panorama époustouflant qu’il offre. Le monastère se découpe majestueusement devant le mont Ararat, sommet sacré où se serait échouée l’arche de Noé, offrant sans doute le plus beau point de vue photographique du pays. Enfin, sa situation géographique est unique et poignante : situé à seulement 100 mètres de la frontière turque fermée, le site permet d’observer de très près les barbelés et les tours de guet, illustrant parfaitement les tensions géopolitiques de la région tout en restant un havre de paix spirituelle.
Forteresse de Tapi berd
Nichée sur une colline surplombant la rivière Khosrov, la forteresse de Tapi berd est souvent appelée le « Château de Gevorg Marzpetuni » en hommage à un célèbre prince et commandant arménien du Xe siècle. Son nom actuel, « Tap », apparaît pour la première fois dans une inscription de 1256 gravée directement sur les murs de son église. C’est un lieu chargé d’histoire qui appartenait autrefois à la province médiévale d’Urts, dont les racines nobles remontent au moins au Ve siècle.
Ce que je trouve fascinant ici, c’est l’état de conservation exceptionnel du site, surtout après les importants travaux de restauration menés entre 2008 et 2009. La forteresse se présente sous une forme rectangulaire protégée par des murs massifs renforcés aux quatre coins par de belles tours circulaires. À l’intérieur de l’enceinte, on découvre des bâtiments voûtés qui servaient autrefois de casernes ou d’écuries, mais le clou de la visite reste sa petite église du XIIIe siècle bâtie en pierres de felsite blanche. Entouré par les majestueuses montagnes de Kotuts, le complexe dégage une harmonie incroyable avec la nature sauvage environnante. On y trouve aussi d’anciens khachkars et des pierres tombales médiévales, ce qui rend la promenade dans l’enceinte vraiment unique et paisible.
Pour y accéder, vous devez rejoindre le village d’Urtsadsor et prendre une piste de 8 kilomètres qui vous conduira au pied de la forteresse. Si vous avez un 4×4, cela ne posera aucun problème autrement c’est une longue randonnée à la journée.

Canyon des anges
Ce petit canyon d’une beauté saisissante se trouve à peine à une heure d’Erevan, et pourtant rares sont ceux — même parmi les locaux — qui en ont entendu parler. Soyez parmi les premiers à découvrir le Canyon des Anges !
Juste après la ville de Vedi se trouve le paisible village de Dashtakar, à environ 50 minutes de route d’Erevan. Avant même d’atteindre l’entrée du village, un premier panneau indicateur vous accueille sur la gauche, vous invitant à emprunter une piste de terre menant à la boucle du Canyon des Anges. Suivez cette piste longeant la rivière Barakaghbyur sur un peu plus de 3 km, jusqu’à un gué peu profond. Garez-vous ici, ou traversez si vous êtes en 4×4. Un second panneau vous attend de l’autre côté : c’est là que l’aventure commence vraiment. La boucle vous y ramènera à la fin de votre randonnée. Depuis ce panneau, prenez le sentier sur la gauche pour rejoindre le Canyon des Anges — Hreshtakneri Dzor en arménien.

Court mais absolument spectaculaire, ce canyon possède un caractère unique. Ses roches rouges aux formes déchiquetées lui confèrent une atmosphère presque martienne, envoûtante et hors du temps. La proximité de la Réserve Naturelle de Khosrov enrichit l’expérience d’une faune surprenante : la tortue arménienne qui se promène tranquillement à vos pieds, ou l’aigle des steppes qui plane majestueusement dans le ciel au-dessus de vous.
Au bout du canyon, une courte escalade facile sur les rochers vous permet de poursuivre l’itinéraire le long d’un lit de rivière asséché. Le sentier, bien que sauvage, est balisé. À mi-parcours, un nouveau panneau vous oriente vers la piste de terre du retour, où vous attend une vue imprenable sur les collines environnantes et, au loin, le majestueux mont Ararat — symbole éternel de l’Arménie.
Visite de la cave à vin Tushpa
Nichée au pied du mythique mont Ararat, à seulement 40 minutes d’Erevan, la cave Tushpa est bien plus qu’un simple domaine viticole — c’est un véritable voyage à travers les siècles. Fondée en 1992 par Mihran Manasserian, elle tire son nom de Tushpa, l’antique capitale du royaume d’Urartu, rendant hommage à des racines ancestrales profondément ancrées dans l’histoire arménienne. Installée dans le village de Taperakan, à près de 800 mètres d’altitude, la cave bénéficie d’un terroir d’exception : sols argileux et volcaniques, ensoleillement généreux et brises montagnardes qui confèrent à chaque vin un caractère unique et authentique.
Venez vivre une expérience sensorielle et humaine comme nulle autre. Votre journée débute par une immersion au cœur de notre cave familiale, où notre guide vous dévoile les secrets d’une viticulture vieille de plus de 6 000 ans, l’histoire passionnante de notre domaine et le soin minutieux apporté à l’élaboration de nos vins à partir de cépages indigènes plus anciens que ceux de France. Puis vient le moment tant attendu : une dégustation guidée de trois de nos vins d’exception, sublimés par un dîner local en trois plats, préparé avec des produits de saison issus des fermes voisines. Vin blanc et amuse-bouches pour ouvrir les appétits, vin rouge et plat principal pour ravir les papilles, et en apothéose, notre délicat Muscat accompagné d’un dessert maison. Tout au long de votre visite, laissez-vous envoûter par la vue majestueuse sur le mont Ararat et ressentez la passion qui anime, génération après génération, ce domaine familial d’exception.

Où dormir non loin de Dvin ?
Autant vous le dire d’emblée : le site archéologique de Dvin lui-même ne propose aucun hébergement. Comme la grande majorité des voyageurs, je vous conseille donc de faire d’Erevan, à environ trente-cinq kilomètres, votre camp de base pour cette excursion.
Autrement du côté de Khor Virap, tu peux trouver des maisons d’hôtes et des petits hôtels à Artashat et à Vedi. Ce sont des hébergements plus basiques, mais c’est parfait pour découvrir l’hospitalité locale et vivre une expérience plus rurale.
Jettes un œil à l’hôtel Aristo, très bien noté, propre et confortable c’est l’endroit parfait pour une nuit. Du côté de Vedi, la maison d’hôtes Veni Vedi est largement recommandée pour son hospitalité et vous serez à deux pas du canyon des anges. Ces deux options ont un très bon rapport qualité-prix !
Où manger un bout à Dvin ?
Autant le savoir avant de partir : il n’existe ni restaurant ni échoppe sur le site archéologique de Dvin, ni même véritablement à ses abords immédiats. Si vous visitez le site en autonomie, je vous recommande vivement d’emporter un pique-nique et une bonne réserve d’eau, d’autant que l’ombre se fait rare sur cette plaine ouverte. C’est d’ailleurs une habitude que j’ai prise avec plaisir en Arménie : s’arrêter dans une épicerie de village pour composer un repas simple, fromage local, pain lavash et fruits de saison, avant de s’installer face au paysage pour déjeuner.
FAQ sur Dvin
Fondée dans les années 330, Dvin exerça une fonction de capitale ou de centre administratif majeur pendant près de mille ans, de sa fondation jusqu’à sa destruction définitive par les Mongols entre 1233 et 1236, avec une interruption lorsque le titre de capitale fut transféré à Shirakavan en 885.
L’origine exacte du nom reste débattue parmi les spécialistes. L’historien médiéval Movses Khorenatsi affirmait qu’il signifiait « colline » en persan, une interprétation aujourd’hui jugée peu fiable par les linguistes, sans qu’aucune étymologie iranienne alternative n’ait pu être clairement établie.
Les sources s’accordent à dire que la cité atteignit une population dépassant les cent mille habitants à son apogée, ce qui en faisait alors l’une des villes les plus peuplées et les plus prospères à l’est de Constantinople.
Le site archéologique de Dvin figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995, aux côtés d’autres monuments arméniens comme la basilique de Yererouk ou le monastère de Tatev, mais il n’a pas encore obtenu, à ce jour, une inscription définitive.
Les fouilles archéologiques systématiques ont débuté en 1937 et se sont poursuivies presque sans interruption depuis, sous la direction de plusieurs archéologues arméniens successifs. Depuis 2019, c’est le professeur Hamlet Petrosyan, de l’université d’État d’Erevan, qui dirige l’expédition, en collaboration avec des chercheurs de l’université de Florence.
Avez-vous déjà visiter le site archéologique de Dvin ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.

