La première fois que j’ai posé le pied dans le Cimetière de Noradouz, j’ai eu l’étrange sensation de marcher au milieu d’une armée figée dans le temps : des centaines de silhouettes de pierre, penchées vers l’avant comme pour saluer le vent qui descend du lac Sevan. Ici, dans la province de Gegharkunik, à environ 90 kilomètres au nord-est de Erevan et à quelques encablures de la ville de Gavar, se trouve le plus vaste champ de khatchkars de toute l’Arménie. On y vient rarement par hasard, et c’est justement ce qui en fait un lieu à part : loin des foules, on y ressent quelque chose que peu d’autres sites arméniens offrent avec autant de force. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de son histoire, je vous explique comment vous y rendre, ce qu’il faut savoir avant d’y aller, et je vous partage mes recommandations pour prolonger l’étape autour du lac.
Temps de lecture estimé : 20 minutes
> Ouvrir le sommaire
- Histoire du Cimetière de Noradouz
- Bons plans en un clic
- Comment se rendre au cimetière de Noradouz ?
- Informations pratiques sur le Cimetière de Noradouz
- Carte de l’Arménie
- Quoi voir dans le Cimetière de Noradouz ?
- Visite guidée du cimetière de Noradouz
- Où dormir non loin de Noradouz ?
- Où manger un bout non loin du Cimetière de Noradouz ?
- FAQ sur le cimetière de Noradouz
Remarque : cet article contient des liens d'affiliation, ce qui signifie que je peux percevoir des clopinettes si vous effectuez un achat en cliquant sur un lien (sans frais pour vous).
Histoire du Cimetière de Noradouz
Des vishaps aux khatchkars : la naissance d’un art funéraire
Avant même l’apparition des premières croix de pierre, ce coin de l’Arménie connaissait déjà une tradition de stèles sacrées. À l’époque du royaume d’Ourartou, on dressait ici des vishaps, ces pierres sculptées en forme de dragons censées protéger les terres et les sources contre les envahisseurs. C’est de cet héritage païen qu’est né, à partir du IXe siècle, l’art du khatchkar — littéralement la « pierre-croix », de khach (croix) et kar (pierre). Sous la domination musulmane qui pesait alors sur la région, sculpter une croix dans le roc devint une manière discrète et têtue d’affirmer une identité chrétienne. Les premiers khatchkars du site restaient sobres : une croix simple, posée sur un bloc à peine dégrossi, sans fioriture.
Il faudra attendre les XIIIe et XVIIe siècles pour voir le Cimetière de Noradouz atteindre son apogée artistique. C’est durant cette période que travaillèrent les plus grands maîtres tailleurs de la région, au premier rang desquels Kiram Kazmogh, actif à la toute fin du XVIe siècle, ainsi que ses contemporains Arakel et Meliset. Sous leurs ciseaux, le tuf volcanique et le basalte sombre se transformèrent en dentelles minérales : rosaces, entrelacs, grappes de raisin et grenades vinrent envelopper la croix centrale, elle-même métamorphosée en un arbre de vie stylisé. Ne vous étonnez pas si, en observant certains motifs, vous croyez déceler une influence perse ou ottomane : l’Arménie de l’époque vivait sous la tutelle safavide, et cet échange culturel forcé a laissé sa trace jusque dans la pierre.
D’une principauté médiévale aux légendes qui hantent encore le site
Noradouz n’a pas toujours été ce simple village agricole que l’on traverse aujourd’hui. Les sources médiévales le mentionnent comme une véritable « ville fortifiée », et aux XIIIe et XIVe siècles, la région appartenait à la puissante famille des Zakarian, qui y installa le siège de son intendance. Plus tard, au XVIe siècle, un prince de la famille Azarian y transféra même la capitale de son melikdom, la principauté locale de Tsmak. C’est de cette époque prospère que datent les deux chapelles nichées au cœur du cimetière, distantes d’une trentaine de mètres l’une de l’autre : la première, plus ancienne, remonte au XIIIe siècle, tandis que la seconde fut édifiée en 1714 par un certain Aleksan, avant d’être restaurée dans les années 1970.
Aucune visite du Cimetière de Noradouz ne serait complète sans sa légende la plus célèbre. On raconte qu’à l’approche des troupes de Tamerlan, les habitants du village auraient habillé les khatchkars de casques et appuyé des épées contre leurs flancs, donnant à distance l’illusion d’une armée postée en défense. Trompé par cette mise en scène, l’envahisseur aurait rebroussé chemin sans livrer bataille. Une autre version locale attribue le même stratagème au roi Gegham, fondateur légendaire du village. Curieusement, le site porte aussi la mémoire d’un drame plus récent et bien réel : après la destruction méthodique du cimetière de Djoulfa au Nakhitchevan par les autorités azerbaïdjanaises, Noradouz est devenu le plus grand ensemble de khatchkars survivant au monde, un statut qui a pesé lourd lorsque l’UNESCO a inscrit l’art du khatchkar au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010.
Bons plans en un clic
Depuis Erevan : Excursion privée au lac Sevan, Noradouz, Hayravank, Sevanavank
Grosse journée pour voir : lac Sevan, Hayravank, Noradouz, Sevanavank, Jermuk et Vayots Dzor
Location de voiture : comparez les prix ici et trouvez les meilleures offres en Arménie
Un hébergement pas cher et confortable ? Voir l’Maison d’hôtes Mardoyan ici !
Comment se rendre au cimetière de Noradouz ?
En transports en commun
Les transports en commun demandent un peu plus de patience et d’organisation, mais restent tout à fait faisables pour les voyageurs curieux et débrouillards. Depuis la gare routière nord d’Erevan, la marchroutka numéro 326 rejoint Gavar environ toutes les demi-heures, entre 9h40 et 18h40 (le trajet retour s’effectue plutôt entre 7h40 et 15h40), pour un peu plus de 1 100 drams. Une fois à Gavar, il faut ensuite prendre un second minibus local en direction du village de Noradouz, au départ de la place centrale près de l’église Sainte-Mère-de-Dieu ; ces navettes circulent environ toutes les 15 minutes entre 8h30 et 14h30.
En taxi ou en voiture
Le taxi privé reste une option agréable si vous ne conduisez pas ou si vous préférez vous laisser porter. Depuis Erevan, un aller-retour avec attente sur place tourne généralement autour des 22 000 drams, chauffeur compris pour la journée. Réservez votre course sur GOTRIP.GE. Sur place, à Gavar, un taxi local jusqu’au village de Noradouz coûte nettement moins cher, de l’ordre de 600 drams — mais mieux vaut négocier le prix avant de monter, car certains chauffeurs appliquent volontiers une « taxe touriste » aux visiteurs non avertis.
En voiture, c’est de loin la solution la plus confortable et la plus flexible pour rejoindre le Cimetière de Noradouz. Depuis Erevan, comptez environ 1h30 à 2h de route en empruntant l’autoroute en direction du lac Sevan, puis la M10 vers Gavar. L’itinéraire est simple à suivre, et je vous conseille personnellement de partir tôt le matin : la lumière rasante sur les khatchkars est bien plus belle qu’en plein midi, et vous éviterez en prime les groupes qui arrivent en fin de matinée. Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.
Enfin, l’excursion organisée séduira ceux qui préfèrent tout déléguer et combiner la visite avec d’autres trésors de la région. De nombreux circuits d’une journée associent le Cimetière de Noradouz au monastère de Sevanavank, à celui de Hayravank, voire à Areni et Jermuk pour les formules les plus longues, avec des tarifs allant d’une trentaine à un peu plus de cent dollars par personne selon la durée et le niveau de confort. C’est aussi, à mon sens, la meilleure façon de comprendre le site sans passer des heures à déchiffrer seul les symboles gravés dans la pierre.
Informations pratiques sur le Cimetière de Noradouz
Horaires & temps de visite
Le Cimetière de Noradouz n’a ni grille ni horaire d’ouverture à proprement parler : le site est accessible en permanence, à toute heure du jour. Comptez tout de même entre une heure et deux heures sur place pour en apprécier pleinement la richesse sans vous presser. Si vous avez le choix, privilégiez une visite en matinée : la lumière rasante révèle le moindre relief sculpté, alors qu’en plein soleil de midi, les motifs les plus fins s’aplatissent et perdent en lisibilité.
Prix & accessibilité
L’entrée au Cimetière de Noradouz est entièrement gratuite, ce qui en fait l’un des sites les plus accessibles de tout le circuit arménien classique. Il n’existe aucune billetterie ni structure d’accueil formelle : vous vous garez simplement en bordure du champ et vous entrez librement parmi les pierres. Gardez tout de même quelques billets en petites coupures sur vous, car des vendeurs de souvenirs et d’artisanat local s’installent parfois aux abords du site.
Côté accessibilité, il faut avoir conscience que le terrain reste naturel : une prairie en pente douce, parfois humide tôt le matin, sans allée aménagée ni signalétique en français ou en anglais. Le vent souffle presque toujours depuis le lac, même en plein été, alors emportez une petite laine même par beau temps. Enfin, aucun guide n’est présent sur place : pour vraiment comprendre ce que racontent les pierres, mieux vaut vous renseigner en amont ou faire appel à un guide local à Gavar ou à Erevan — un service que je propose d’ailleurs volontiers pour ceux qui souhaitent une lecture approfondie du site.
Carte de l’Arménie
Découvrez l’Arménie sans effort grâce à ma carte interactive, conçue pour vous faire gagner du temps et simplifier votre voyage. Cette superposition Google Maps, accessible depuis n’importe quel appareil, regroupe ma sélection des plus beaux lieux à visiter, des meilleurs restaurants, des bons plans hébergements et plus de 600 points d’intérêt. Mes recommandations proviennent d’années de travail à explorer le pays. Je les partage encore gracieusement pour un certain temps, alors profitez en ! Fini les recherches fastidieuses : ouvrez simplement la carte et laissez-vous guider vers les trésors cachés et les incontournables de Géorgie.

Quoi voir dans le Cimetière de Noradouz ?
Les khatchkars les plus anciens
Dans la partie nord de l’enclos se dressent les pièces les plus vénérables du Cimetière de Noradouz, certaines remontant au IXe ou au Xe siècle. Leur style tranche immédiatement avec celui des khatchkars plus tardifs : ici, pas de dentelle ornementale, mais une croix simple, presque brute, gravée sur un bloc de basalte à peine équarri. L’érosion a fait son œuvre depuis plus de mille ans, et beaucoup de ces stèles portent aujourd’hui les cicatrices du gel, du lichen orangé et de la mousse qui les recouvre par endroits.
J’aime particulièrement m’arrêter devant ces pièces anciennes, car elles racontent les débuts hésitants d’un art qui allait devenir l’une des plus grandes expressions de l’identité arménienne. On y perçoit encore l’influence directe des vishaps préchrétiens, ces stèles-dragons dont le khatchkar a hérité la fonction protectrice. Prenez le temps de vous accroupir face à l’une de ces croix austères : le contraste avec les pièces les plus tardives du site, à quelques mètres à peine, donne une leçon d’histoire de l’art à ciel ouvert, sans qu’aucun panneau explicatif ne soit nécessaire.

L’atelier de Kiram Kazmogh
Si un seul nom devait résumer la virtuosité du Cimetière de Noradouz, ce serait celui de Kiram Kazmogh, maître tailleur actif à la fin du XVIe siècle et considéré par beaucoup comme le plus grand sculpteur de khatchkars que l’Arménie ait connu. Une trentaine de ses œuvres, sur la cinquantaine qu’on lui attribue au total, sont encore visibles ici. Ses compositions se distinguent par une densité ornementale saisissante : rosaces entrelacées, grappes de raisin, grenades et motifs floraux enveloppent la croix centrale jusqu’à transformer chaque pierre en une véritable tapisserie minérale.
Autour de lui gravitaient d’autres artisans de talent, Arakel et Meliset en tête, dont les œuvres complètent celles de Kazmogh sans jamais chercher à les imiter. Repérez les khatchkars où la croix se prolonge en un arbre de vie stylisé, souvent couronné d’un motif solaire : c’est la signature typique de cette génération de maîtres. Ce qui frappe surtout, en observant ces pièces de près, c’est la précision du geste sur une matière pourtant capricieuse ; le tuf volcanique se travaille bien, mais la moindre erreur de ciseau y est irréversible, ce qui rend chaque khatchkar d’autant plus précieux.
Les deux chapelles blotties parmi les pierres
À une trentaine de mètres l’une de l’autre se dressent les deux petites chapelles du Cimetière de Noradouz, presque dissimulées parmi la forêt de croix qui les entoure. La plus ancienne des deux date du XIIIe siècle et se distingue par sa sobriété : murs en pierre nue, absence quasi totale de décor intérieur, à l’image de nombreux édifices religieux arméniens de cette période où la simplicité tenait lieu de piété. Elle continue d’accueillir, aujourd’hui encore, quelques offices ponctuels pour les défunts inhumés à proximité.
La seconde chapelle, plus tardive, fut édifiée en 1714 par un donateur nommé Aleksan, en des temps que les inscriptions décrivent comme particulièrement difficiles pour la communauté arménienne, alors fragmentée entre différents khanats turcophones. Restaurée dans les années 1970, elle mérite qu’on y jette un œil si sa porte est ouverte lors de votre passage. Ce qui rend l’ensemble si émouvant, c’est le dialogue silencieux entre ces deux petits édifices de prière et les centaines de khatchkars qui les encerclent, comme si toute la communauté du village continuait, siècle après siècle, à veiller sur ses morts.
Les scènes de vie gravées dans la pierre
Au-delà des croix proprement dites, le Cimetière de Noradouz recèle un ensemble fascinant de tombstones plates et de stèles ornées de scènes figuratives, un genre plus rare dans l’art funéraire arménien. On y découvre des banquets animés, des scènes de chasse, des noces villageoises et même des travaux agricoles, sculptés avec un souci du détail presque narratif. Certaines pierres montrent des hommes et des femmes debout aux côtés de leurs chevaux ou de leurs bœufs, tandis que d’autres mettent en scène un joueur de musique ou un laboureur penché sur son araire.

Ces scènes suggèrent que les défunts qu’elles honorent appartenaient probablement à une élite locale, noble ou marchande, désireuse d’inscrire dans la pierre le souvenir de son statut et de son mode de vie. Prenez le temps de flâner sans itinéraire précis dans cette partie du site : c’est souvent au hasard d’une déambulation, entre deux rangées de khatchkars plus classiques, que l’on tombe sur l’une de ces scènes surprenantes. Elles offrent un contrepoint vivant et presque intime à la solennité générale du lieu.
Le champ où l’armée de pierre trompa Tamerlan
Il est difficile de traverser le Cimetière de Noradouz sans repenser à sa légende fondatrice, celle de cette armée de pierre qui, casquée et armée d’épées empruntées, aurait fait fuir les troupes de Tamerlan sans qu’un seul coup ne soit porté. En vous tenant au centre du champ, tôt le matin, quand la brume se lève encore sur le lac Sevan, il est facile de comprendre comment des rangées de khatchkars dressés ont pu, de loin, ressembler à des silhouettes humaines postées en défense.
Cette légende n’est pas qu’une simple curiosité folklorique : elle dit quelque chose de profond sur la manière dont les Arméniens ont toujours investi leurs monuments funéraires d’une fonction protectrice, héritée directement des vishaps préchrétiens évoqués plus haut. Une variante locale attribue d’ailleurs le même stratagème au roi Gegham, fondateur légendaire du village, qui aurait utilisé la ruse plutôt que la force pour repousser un assaut turc. Que l’on y croie ou non, difficile de ne pas ressentir un frisson en imaginant la scène au milieu de ces centaines de silhouettes immobiles.
L’église Sainte-Mère-de-Dieu et le cimetière moderne voisin
Au centre du village de Noradouz se dresse l’église Sainte-Mère-de-Dieu, fondée à la fin du IXe siècle par le prince Sahak, frère du seigneur de Gegharkunik. C’est dans la cour de cet édifice que fut retrouvé le plus ancien khatchkar daté connu à ce jour, gravé en 996 et aujourd’hui conservé au musée d’Histoire d’Erevan — une pièce fondatrice pour comprendre l’évolution de tout l’art du khatchkar en Arménie. L’église elle-même mérite une halte avant ou après votre visite du grand champ de pierres.
Juste à côté de l’ancien cimetière médiéval, séparé par une simple clôture, s’étend un cimetière moderne toujours en activité. Cette proximité n’a rien d’anecdotique : elle illustre la continuité funéraire ininterrompue du village de Noradouz depuis l’époque paléochrétienne jusqu’à nos jours, un cas assez rare en Arménie où la plupart des grands sites historiques ont depuis longtemps cessé leur fonction d’origine. Marcher de l’un vers l’autre, c’est un peu traverser mille ans d’histoire familiale en quelques pas.

Le panorama sur le lac Sevan
Depuis les hauteurs du Cimetière de Noradouz, le regard porte naturellement vers l’horizon bleu-gris du lac Sevan, la plus grande étendue d’eau douce de toute l’Arménie et du Caucase. Ce panorama n’est pas qu’un simple bonus scénique : il ancre le site dans son paysage, rappelant que ce champ de pierres a toujours vécu au rythme du lac tout proche, source de subsistance et de vie pour le village depuis des siècles.
Par temps clair, on distingue parfois au loin la silhouette de la péninsule de Sevan et le monastère de Sevanavank qui s’y accroche. C’est un excellent argument, si vous en aviez encore besoin, pour combiner votre étape à Noradouz avec une visite du lac lui-même : les deux sites se répondent magnifiquement, l’un tourné vers les morts et la mémoire, l’autre vers l’eau et la lumière. Gardez d’ailleurs un œil sur le ciel en fin de journée : les couchers de soleil sur Sevan, vus depuis le cimetière, comptent parmi les plus beaux souvenirs que je garde de cette région.
Visite guidée du cimetière de Noradouz
Voici deux excursions au départ d’Erevan qui incluent le cimetière de Noradouz.
Où dormir non loin de Noradouz ?
Pour une étape simple et immersive, l’auberge-restaurant Oazis, installée directement dans le village de Noradouz à deux pas du cimetière, offre des chambres sobres mais parfaitement fonctionnelles. C’est le genre d’adresse familiale qui dépanne merveilleusement bien si vous voyagez à l’improviste ou si vous souhaitez simplement dormir à quelques minutes à pied des khatchkars pour profiter de la lumière du petit matin. La cuisine maison, à base de poisson du lac Sevan, fait aussi partie de ses atouts.
Pour une expérience plus chaleureuse et typiquement arménienne, je recommande volontiers la Maison d’hôtes Mardoyan, à Gavar, à une quinzaine de minutes de route seulement. Les propriétaires y accueillent leurs hôtes comme des membres de la famille, avec un petit-déjeuner copieux digne d’un mariage arménien et, parfois, une initiation improvisée au tissage de tapis. C’est exactement le type d’hébergement que j’affectionne pour mes voyageurs curieux d’une immersion humaine, loin des grands complexes hôteliers standardisés.
Enfin, pour une catégorie plus confortable en bordure du lac Sevan, l’hôtel Tufenkian Avan Marak Tsapatagh, entièrement construit en pierre locale avec un intérieur tout en bois, propose des chambres avec vue sur l’eau. Il faut compter un peu plus de route pour y accéder depuis Noradouz, mais l’adresse reste un choix pertinent si vous prévoyez de combiner votre étape au cimetière avec plusieurs jours d’exploration autour du lac Sevan.
Où manger un bout non loin du Cimetière de Noradouz ?
Sur place, à Noradouz même, le restaurant Oazis reste mon adresse de référence : on y sert un poisson grillé du lac Sevan généreux et savoureux, à des prix très raisonnables, dans une ambiance décontractée qui contraste agréablement avec la solennité du cimetière voisin. C’est aussi une halte pratique si vous arrivez affamé après la route depuis Erevan, ou si vous cherchez simplement un endroit pour reprendre des forces avant de repartir vers le lac.
À quelques minutes de là, le petit Cafe Batya, également dans le village, propose une cuisine arménienne simple et généreuse, avec une mention spéciale pour le poisson là aussi à l’honneur. Plus largement, dans toute la région du lac Sevan, ne manquez pas de goûter à l’ishkhan, la fameuse truite endémique du lac, souvent servie grillée ou en gata (une sorte de tourte feuilletée), accompagnée de lavash tout juste sorti du four. C’est une cuisine simple, mais furieusement authentique, à l’image du reste de votre étape à Noradouz.
FAQ sur le cimetière de Noradouz
Oui. Un cimetière moderne, séparé de l’ancien site médiéval par une simple clôture, continue d’accueillir des sépultures contemporaines. Cette continuité funéraire ininterrompue depuis plus de mille ans est l’une des particularités les plus remarquables du village de Noradouz.
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est vivement conseillé. Aucune signalétique en français ou en anglais n’accompagne les khatchkars sur place, et un guide local permet de replacer chaque pierre dans son contexte historique et légendaire, ce qui change complètement la profondeur de la visite.
Difficilement. Le terrain se compose d’une prairie naturelle en pente douce, sans allée aménagée ni revêtement stable, ce qui rend la circulation malaisée pour les personnes à mobilité réduite ou avec une poussette classique.
Le printemps, en mai et juin, offre une lumière douce et une campagne verdoyante particulièrement photogénique. Privilégiez surtout les heures matinales : la lumière rasante fait ressortir le relief des sculptures, alors qu’en plein midi les ombres courtes aplatissent les motifs les plus fins.
Avez-vous déjà visiter le cimetière de Noradouz ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.


