Au sommet de l’avenue Mesrop-Machtots à Erevan, un bâtiment de basalte sombre garde depuis des décennies les pages qui ont sauvé l’alphabet, la mémoire et l’âme d’un peuple entier. Le Matenadaran, ce musée-institut consacré aux manuscrits anciens, conserve plus de 17 000 volumes en arménien, en grec, en persan ou en syriaque, échappés aux invasions, aux incendies et à l’oubli. Difficile de croire, en montant son escalier monumental sous le regard de bronze de Mesrop Mashtots, l’inventeur de l’alphabet arménien, que l’on s’apprête à visiter l’un des plus riches dépôts d’écrits médiévaux du monde. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de son histoire mouvementée, de ses trésors les mieux gardés et de tout ce qu’il faut savoir avant de pousser ses portes.
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- Histoire du Matenadaran
- Bons plans en un clic
- Comment se rendre au Matenadaran ?
- Informations pratiques sur le Matenadaran
- Carte de l’Arménie
- Quoi voir au Matenadaran ?
- La statue de Mesrop Mashtots et le parvis
- La façade et ses savants de pierre
- Le hall d’entrée et ses fresques
- Les manuscrits les plus anciens et les plus extraordinaires
- Les évangiles miraculeux enchâssés d’argent
- Les manuscrits scientifiques, médicaux et orientaux
- La bibliothèque et les premiers livres imprimés arméniens
- Visite guidée du Matenadaran
- Où dormir non loin du Matenadaran ?
- Où manger un bout au Matenadaran ?
- FAQ sur le Matenadaran
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Histoire du Matenadaran
Des origines au réveil du XIXe siècle
Le Matenadaran doit son nom à un mot arménien classique qui signifie tout simplement « lieu où l’on garde les manuscrits ». Son histoire commence bien avant le bâtiment actuel, puisqu’elle remonte au Ve siècle et au premier matenadaran d’Etchmiadzin, que la tradition rattache directement à l’invention de l’alphabet arménien par Mesrop Mashtots en 405. Ce terme ne désignait d’ailleurs pas un lieu unique : plusieurs monastères arméniens, comme Haghpat ou Sanahin, disposaient eux aussi de leur propre scriptorium portant ce nom, preuve que la conservation de l’écrit faisait partie intégrante de la vie monastique arménienne dès le haut Moyen Âge.
L’activité du dépôt s’intensifie particulièrement à partir de 1441, lorsque le Catholicossat se réinstalle à Etchmiadzin. Les invasions et les pillages qui frappent la région au XVIIIe siècle mettent cependant à mal la collection, dérobée une dernière fois en 1804. Il faut attendre 1828 et le rattachement de l’Arménie orientale à l’Empire russe pour qu’un vent plus calme permette enfin un travail de fond : un premier catalogue paraît en 1840, recensant 312 manuscrits, puis un second en 1863 en dénombre déjà 2 340, signe d’une collection en pleine expansion.
Du sauvetage du XXe siècle au musée d’aujourd’hui
En 1915, le génocide arménien perpétré dans l’Empire ottoman provoque un afflux massif de manuscrits en provenance d’Arménie occidentale, notamment du Vaspourakan, ainsi que de Tabriz en Perse : des moines et des survivants transportent alors ce qu’ils peuvent sauver vers Etchmiadzin. Par prudence, les collections sont même évacuées vers Moscou avant de revenir en 1922. Entre-temps, les nouvelles autorités soviétiques proclament le matenadaran propriété publique, comme l’ensemble des biens de l’Église, ce qui lui permet paradoxalement de s’enrichir encore de manuscrits venus de Moscou et de Tiflis.
En 1939, les collections quittent enfin Etchmiadzin pour Erevan, où un nouveau bâtiment est érigé en 1957 par l’architecte Mark Grigoryan dans un style néo-arménien épuré, avant que l’institution ne prenne officiellement, en 1959, le nom d’Institut Machtots de recherches sur les manuscrits anciens. Depuis 1997, sa collection de manuscrits est inscrite au registre international Mémoire du monde de l’UNESCO. Aujourd’hui, le Matenadaran conserve plus de 17 000 manuscrits et environ 300 000 documents d’archives couvrant l’histoire, la philosophie, le droit, la médecine, les mathématiques et la littérature du monde arménien médiéval.
Bons plans en un clic
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Comment se rendre au Matenadaran ?
À pied, en partant du centre-ville, comptez entre 15 et 25 minutes de marche depuis la place de la République en remontant l’avenue Mesrop-Machtots, une montée douce mais continue qui vous fait passer devant le marché couvert et la mosquée bleue. C’est sans doute la façon la plus agréable de rejoindre le musée par beau temps, puisque l’avenue est bordée de platanes et de façades en tuf aux teintes roses et abricot.
En taxi, les applications Yandex ou GG restent le moyen le plus simple et le plus économique de rejoindre le Matenadaran depuis n’importe quel point de la ville, avec des tarifs nettement plus doux que dans les capitales européennes voisines.
En transports en commun, la station de métro la plus proche, Yeritasardakan, se trouve à une dizaine de minutes de marche en contrebas du musée ; le réseau, unique ligne mais fréquent et bon marché, ne dessert toutefois pas directement le haut de l’avenue. Les marshroutkas, ces minibus collectifs très prisés des habitants, desservent également le secteur pour quelques centaines de drams, à condition de vous repérer un minimum en arménien ou en russe pour identifier le bon numéro de ligne.
Informations pratiques sur le Matenadaran
Horaires et temps de visite
Le musée du Matenadaran ouvre du mardi au samedi, de 10h00 à 17h50, la billetterie fermant aux mêmes horaires ; il reste fermé le dimanche, le lundi ainsi que les jours fériés et de commémoration, qui sont alors des journées chômées pour le personnel. Comptez entre une et deux heures pour une visite complète des salles permanentes, un peu plus si vous optez pour une visite guidée ou si vous vous attardez, comme beaucoup d’Arméniens le font, devant une page ou un manuscrit en particulier.
Prix des billets
Le billet d’entrée standard coûte 2 000 drams pour les adultes, 1 000 drams pour les visiteurs de 6 à 18 ans, et seulement 300 drams pour les écoliers et étudiants sur présentation d’une carte valide. Les enfants de moins de 6 ans entrent gratuitement. Une visite guidée en langue étrangère, dont le français, coûte 5 000 drams pour un groupe allant jusqu’à 10 personnes et 7 000 drams au-delà, mais elle doit impérativement être réservée à l’avance : sans réservation, les services en langue étrangère restent soumis aux disponibilités du moment.
Conseils pratiques et accessibilité
L’éclairage des salles d’exposition est volontairement tamisé afin de protéger les manuscrits les plus anciens, laissez donc le temps à vos yeux de s’habituer en entrant. La photographie est autorisée dans la plupart des galeries, mais le flash y est strictement interdit et les gardiens veillent au grain ; l’usage d’un appareil professionnel nécessite en revanche une autorisation préalable de la direction. Le vestiaire du rez-de-chaussée est obligatoire pour les sacs volumineux, gratuit, et vous évitera de trimballer votre sac à dos dans les salles. Enfin, si le ciel est dégagé, montez jusqu’aux fenêtres de l’étage supérieur : la vue sur le mont Ararat depuis là-haut vaut à elle seule la visite.
Carte de l’Arménie
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Quoi voir au Matenadaran ?
La statue de Mesrop Mashtots et le parvis
Avant même de franchir les portes du musée, prenez le temps de vous arrêter devant l’escalier monumental qui mène à l’entrée. Une statue de bronze représente Mesrop Mashtots, le moine érudit qui inventa l’alphabet arménien en 405, son disciple Korioun agenouillé à ses côtés : l’œuvre, signée du sculpteur Ghoukas Tchoubarian, date de 1962 et reste l’un des monuments les plus photographiés d’Erevan. Sur les murs de pierre qui bordent les marches, les trente-neuf lettres de l’alphabet arménien sont gravées en grand format, et il n’est pas rare de croiser des écoliers en sortie scolaire qui font glisser leurs doigts sur chacune d’elles.
Prenez le temps de vous retourner avant d’entrer : la perspective sur l’avenue Mesrop-Machtots et, par temps clair, sur le mont Ararat au loin, constitue l’une des plus belles vues civiques de la capitale arménienne. C’est aussi ici que se mesure le mieux la symbolique du lieu, érigé comme un vaisseau amiral de la mémoire nationale plutôt que comme un simple bâtiment culturel : le Matenadaran n’a jamais cherché à impressionner par la taille, et c’est précisément ce dépouillement qui rend l’expérience si forte une fois à l’intérieur.

La façade et ses savants de pierre
Le bâtiment lui-même, construit en 1957 par l’architecte Mark Grigoryan, se distingue par son revêtement en tuf volcanique aux teintes gris-bleu et rose, un matériau emblématique de l’architecture arménienne qui donne à l’ensemble des airs de temple laïque. De part et d’autre de l’entrée, six statues rendent hommage à des figures majeures de la pensée arménienne médiévale : le peintre miniaturiste Toros Roslin, le théologien Grégoire de Tatev, le savant Anania de Shirak, l’historien Moïse de Khorène, le juriste et fabuliste Mkhitar Goch, et le poète Frik.
Au-dessus de l’entrée figure, selon la tradition, la toute première phrase jamais écrite en arménien, tirée du Livre des Proverbes : une manière discrète mais puissante de rappeler que ce bâtiment célèbre avant tout une langue et son alphabet, bien avant de célébrer une institution. Les flancs de l’édifice sont par ailleurs ornés de khatchkars, ces stèles de pierre sculptées si caractéristiques du paysage arménien, qui ajoutent une touche funéraire et sacrée à l’ensemble avant même d’entrer dans les salles d’exposition proprement dites. Prenez le temps d’observer ces détails en longeant la façade : chaque sculpture, chaque inscription a été pensée comme un prologue silencieux à la visite qui vous attend à l’intérieur.

Le hall d’entrée et ses fresques
Dès le hall d’entrée, une mosaïque signée Hovhannès Khatchatrian représente la bataille d’Avarayr de 451, cet affrontement resté dans la mémoire collective arménienne comme un combat pour la préservation de la foi et de l’identité nationale face à l’empire perse sassanide. L’escalier principal qui mène à l’étage est quant à lui orné d’une fresque en triptyque du même artiste, retraçant successivement l’époque urartéenne, la création de l’alphabet arménien, puis les influences helléniques qui ont précédé et nourri l’œuvre de Mashtots, comme pour mieux situer cette invention dans une histoire intellectuelle plus large.

Ces décors ne sont pas de simples ornements : ils installent d’emblée le visiteur dans le récit que le musée va développer salle après salle, celui d’un peuple qui a fait de l’écrit un outil de survie autant que de transmission. Prenez quelques minutes pour les observer avant de poursuivre, car le contraste entre ces grandes fresques héroïques et la minutie des manuscrits qui suivent est justement ce qui rend la visite du Matenadaran si particulière, entre grand récit national et intimité du geste scribal.
Les manuscrits les plus anciens et les plus extraordinaires
Dans la salle consacrée aux manuscrits arméniens anciens, les fragments les plus vénérables remontent aux Ve et VIe siècles, tandis que le plus ancien manuscrit complet connu, l’Évangile Lazarian, est daté de 887. Le Matenadaran conserve également les deux extrêmes de l’art du livre médiéval : l’Homéliaire de Mouch, copié entre 1200 et 1202 au monastère des Saints-Apôtres, qui mesure 70,5 sur 55 centimètres pour 27,5 kilos et dont la légende veut qu’il ait fallu deux bœufs pour le transporter à travers les montagnes ; et à l’inverse, un minuscule calendrier liturgique de 1434, large de seulement 4 centimètres sur 3 pour 19 grammes.
Cette confrontation entre le gigantisme et la miniature résume à elle seule l’esprit du lieu : chaque manuscrit, quelle que soit sa taille, représentait un investissement considérable en temps, en matière première et en savoir-faire, à une époque où chaque page de parchemin ou de vélin pouvait prendre des mois à préparer. Les scribes qui les ont copiés, souvent dans des conditions périlleuses, glissaient parfois dans les marges de courtes notes personnelles, sur le froid, la fatigue ou une prière, qui donnent à ces objets une dimension intime rare pour des pièces aussi anciennes.
Les évangiles miraculeux enchâssés d’argent
Dans une petite galerie plus discrète du deuxième étage, accessible par des couloirs étroits que beaucoup de visiteurs pressés ignorent, reposent deux évangiles manuscrits enchâssés dans de l’argent auxquels la tradition populaire arménienne a longtemps attribué des pouvoirs de guérison. L’un d’eux, l’Évangile de Shurishkan, occupe une place particulière dans la dévotion locale : chaque année, une semaine après Pâques, il est sorti du musée en grande cérémonie pour être porté jusqu’à l’église Saint-Gevorg, où un office est célébré en présence des pèlerins venus parfois de loin.

Le second, l’Évangile de Charsandjak, fut réalisé à Jérusalem en 1471, mais le nom de son scribe, de son enlumineur et même de son commanditaire restent à ce jour inconnus, ce qui ajoute encore au mystère qui entoure cette pièce d’une grande finesse. Ces deux manuscrits rappellent que le Matenadaran n’est pas seulement un lieu de conservation scientifique : pour de nombreux Arméniens, il conserve aussi des objets de foi vivante, à mi-chemin entre le patrimoine et le sacré. Ne manquez pas ce détour par les couloirs latéraux du second étage, aisément ignoré par les groupes pressés, mais qui offre l’un des moments les plus silencieux et les plus intenses de toute la visite.
Les manuscrits scientifiques, médicaux et orientaux
Passé les salles consacrées aux évangiles, une autre partie du musée réserve une surprise à qui s’attendait à ne trouver que des textes religieux : des traités médicaux du XIIe siècle, des diagrammes chirurgicaux, des cartes du ciel et des recueils de plantes médicinales témoignent d’une tradition scientifique arménienne nourrie par les échanges avec la Perse, Byzance et le monde arabe. La salle des manuscrits orientaux présente quant à elle des documents en persan, en arabe, en ottoman ou en afghan, souvent liés à des thématiques religieuses ou médicales, qui rappellent le rôle de carrefour joué par l’Arménie médiévale entre l’Orient et l’Occident.
On y apprend, par exemple, que des hôpitaux et des léproseries existaient déjà en Arménie dès le IVe siècle, et que des dissections anatomiques y étaient pratiquées dès le XIIIe siècle, une avance considérable sur une bonne partie de l’Europe de la même époque. Les médecins et savants arméniens ont pris soin de documenter ces pratiques dans des manuscrits richement illustrés, aujourd’hui précieusement conservés dans ces mêmes salles, entre calculs astronomiques et prescriptions à base de plantes de montagne. Cette salle rappelle combien l’Arménie médiévale a fonctionné comme un carrefour intellectuel, absorbant et retraduisant les savoirs perses, byzantins et arabes plutôt que de vivre repliée sur elle-même.
La bibliothèque et les premiers livres imprimés arméniens
Le département de la bibliothèque conserve un fonds d’ouvrages imprimés d’une valeur patrimoniale considérable, à commencer par le plus ancien livre imprimé en langue arménienne connu à ce jour, l’Ourbataguik, publié à Venise en 1512, bien avant que l’imprimerie ne s’installe durablement sur le territoire arménien lui-même. On y trouve également le tout premier livre imprimé en Arménie, un livre de prières publié à Etchmiadzin en 1772, qui marque symboliquement le passage du monde manuscrit au monde imprimé pour la culture arménienne.
Cette transition, souvent négligée par les visiteurs pressés d’admirer les enluminures médiévales, mérite pourtant un arrêt : elle montre comment le Matenadaran ne s’est jamais figé dans la seule contemplation du passé, mais a continué à absorber et à documenter chaque étape de l’histoire du livre arménien, jusqu’à ses laboratoires de restauration et de numérisation contemporains, que l’on aperçoit parfois en activité derrière de grandes baies vitrées. On y devine des restaurateurs penchés sur des reliures fragiles, dans un travail patient qui prolonge, quatre siècles plus tard, le même souci de transmission qui animait déjà les copistes du Moyen Âge.
Visite guidée du Matenadaran
J’ai sélectionné pour vous 2 excursions. La première est une balade dans le centre ville qui inclut le Matenadaran et la seconde est une virée culturelle autour de la ville pour voir le musée du Génocide, l’ancienne capitale Erebouni et le Matenadaran.
Où dormir non loin du Matenadaran ?
Pour un séjour économique, misez sur le quartier de Kentron, autour de la place de la République : c’est la zone la plus dense en auberges de jeunesse et petites hôtels, à une vingtaine de minutes à pied du musée, avec un accès facile aux cafés et restaurants bon marché qui font le charme du centre-ville arménien. Dans ce cas, je vous invite à voir les deux options suivante :
- R&R Hotel : hôtel moderne, 3 étoiles avec parking privé gratuit. Excellent rapport qualité-prix.
- Nova Hotel : dans le même style mais avec une étoile en plus pour un budget raisonnable par rapport à la qualité et l’emplacement.
Pour un compromis confortable, orientez-vous vers le quartier de la Cascade, juste en contrebas du Matenadaran : ses immeubles en tuf rose, ses ruelles calmes le soir et sa proximité immédiate avec les musées et jardins de la Cascade en font une base agréable pour combiner culture et tranquillité, à quelques minutes à pied seulement du complexe.
Là je vous invite à considérer la maison Heritage, sobre demeure très confortable et au calme dans ce quartier animé.

Où manger un bout au Matenadaran ?
Pour un déjeuner rapide près du musée et qui ne coute pas un sous, allez au Zhengyalov hatz. Ici, on ne trouve qu’une seule spécialité à la carte, mais quelle spécialité : le zhengyalov hatz, une crêpe fine originaire de l’Artsakh, généreusement garnie d’une douzaine d’herbes sauvages cueillies en montagne. Sain, savoureux et entièrement végétalien, ce plat constitue à mes yeux la pause déjeuner idéale entre deux visites, d’autant que deux grandes crêpes suffisent à caler l’après-midi pour moins de trois dollars. Si l’adresse ne désemplit jamais, c’est justement parce qu’elle mise tout sur l’authenticité d’une recette préparée selon une méthode artisanale immuable, sans jamais cherchez à séduire par le décor : la salle reste volontairement dépouillée, l’essentiel se jouant dans la fraîcheur incomparable des herbes. Je considère d’ailleurs cette expérience culinaire, aussi simple soit-elle en apparence, comme un passage obligé pour tout voyageur curieux de goûter à l’Arménie dans ce qu’elle a de plus authentique.
Pour un déjeuner plus conséquent, l’enseigne Yerevan Taverne fait la job comme il faut. C’est dans l’une des adresses de cette enseigne, au décor inspiré des maisons traditionnelles de nos campagnes, que je vous emmène volontiers savourer un khorovats fumant ou des dolmas généreusement servis. Les soirées où des musiciens interprètent en direct des airs traditionnels au son du doudouk y créent une ambiance de fête populaire que je trouve chaque fois assez bouleversante d’authenticité. Aussi, pour un dîner convivial entre amis loin de l’agitation du centre, leurs salles privées ornées de motifs typiques valent vraiment le détour, tout comme la succursale installée au bord de la rivière Hrazdan, parfaite pour profiter d’un cadre verdoyant en été. Une seule précaution s’impose : réservez, car c’est une table extrêmement prisée des familles locales le soir venu.
FAQ sur le Matenadaran
En arménien classique, ce mot désigne littéralement un « lieu où l’on garde les manuscrits ». Il ne s’agit donc pas d’un nom propre unique : plusieurs monastères arméniens médiévaux, comme ceux de Haghpat ou de Sanahin, possédaient eux aussi leur propre matenadaran, avant que le terme ne devienne le nom de l’institution d’Erevan que l’on connaît aujourd’hui.
Non, l’entrée au musée ne nécessite pas de réservation et la billetterie se trouve juste à l’entrée. En revanche, si vous souhaitez une visite guidée en français ou dans une autre langue étrangère, mieux vaut réserver quelques jours à l’avance, faute de quoi ce service dépendra des disponibilités du moment.
Oui, depuis 1997, sa collection de manuscrits anciens figure au registre international Mémoire du monde de l’UNESCO, sous le nom de Collection de manuscrits anciens du Matenadaran Mashtots.
La photographie est autorisée dans la plupart des salles, mais sans flash, afin de protéger les pigments et les parchemins anciens. L’usage d’un appareil professionnel ou d’un caméscope nécessite une autorisation préalable de la direction du musée.
Comptez une à deux heures pour parcourir les salles permanentes à un rythme confortable, un peu plus si vous optez pour une visite guidée ou si vous vous attardez devant certaines pièces, comme le font volontiers de nombreux visiteurs arméniens.
Le musée se visite agréablement toute l’année puisque le climat intérieur est contrôlé pour protéger les manuscrits. Pour combiner la visite avec une balade dans Erevan, privilégiez toutefois le printemps ou l’automne, quand les températures sont douces, ou évitez le cœur de la journée en juillet et août, période la plus fréquentée.
Le Matenadaran propose des billets spécifiques pour les 6-18 ans ainsi que des programmes éducatifs avec ateliers, ce qui en fait une sortie tout à fait envisageable en famille. Les sources consultées ne précisent toutefois pas d’aménagements spécifiques pour les poussettes ou les personnes à mobilité réduite : mieux vaut se renseigner directement auprès du musée avant la visite si ce point est déterminant.
Les billets s’achètent directement sur place, à la billetterie du musée, ouverte aux mêmes horaires que les salles d’exposition. Il est également possible de réserver en ligne via le site officiel du Matenadaran.
Avez-vous déjà visité le Matenadaran ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.

