Monastère de Geghard

Écrit par Sébastien

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Geghard, dont le nom signifie « lance » en arménien, est un trésor médiéval absolument fascinant niché au cœur de la province de Kotayk. Ce qui me laisse toujours sans voix, c’est que ce complexe, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est en grande partie sculpté directement dans la roche de la montagne, offrant une harmonie totale entre l’ingéniosité humaine et la nature brute. Fondé au IVe siècle par Saint Grégoire l’Illuminateur sur le site d’une source sacrée, il était autrefois connu sous le nom d’Ayrivank, ou « monastère de la grotte ». Son nom actuel rend hommage à la Sainte Lance qui, selon la tradition, aurait été apportée ici par l’apôtre Thaddée après avoir percé le flanc du Christ, faisant de ce lieu un sanctuaire mystique et un centre culturel majeur de l’Arménie ancienne. Vous l’avez compris c’est un lieu unique à ne pas manquer en Arménie.

Temps de lecture estimé : 27 minutes

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Brève histoire de Geghard

Le monastère de Geghard est un lieu chargé de mystère dont l’origine remonte au IVe siècle, lorsqu’il fut fondé par Saint Grégoire l’Illuminateur. À ses débuts, on l’appelait Ayrivank, ce qui signifie « le monastère de la grotte », car il a été édifié à l’intérieur d’une cavité naturelle abritant une source sacrée qui coule encore aujourd’hui. Malheureusement, cette structure primitive n’a pas survécu aux tourments de l’histoire : elle a été incendiée et détruite par les Arabes au IXe siècle, puis endommagée par des séismes, marquant ainsi la fin de sa première ère.

C’est au XIIIe siècle que le complexe a véritablement pris son essor architectural sous l’impulsion des frères Zakare et Ivane, généraux de la reine Tamar de Géorgie, puis du prince Prosh Khaghbakian qui a fait sculpter les églises rupestres et les tombeaux familiaux que j’admire tant aujourd’hui. Le site a été renommé Geghard (la lance) vers 1250, en référence à la relique de la Sainte Lance apportée par l’apôtre Thaddée, qui aurait percé le flanc du Christ lors de la crucifixion. Véritable centre culturel médiéval abritant une école et un scriptorium, ce joyau classé à l’UNESCO illustre parfaitement le paroxysme de l’architecture médiévale arménienne grâce à ses structures magistralement taillées dans la roche.

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Comment se rendre à Geghard ?

Pour vous rendre à Geghard depuis Erevan, vous avez plusieurs options très simples, car le village n’est situé qu’à environ 30 kilomètres (soit 40 minutes de route) de la capitale.

En bus ou minibus (Marshrutka)

C’est l’option la plus économique. Les bus partent de la gare routière de Gai, située au 14/3 avenue Gai, juste à côté du concessionnaire Mercedes-Benz. Pour rejoindre cette station depuis le centre d’Erevan, vous pouvez prendre les bus 22, 26 ou 36. Une fois sur place, cherchez les minibus numéros 266, 26 ou 284. Ils partent environ toutes les 40 minutes (ou quand ils sont pleins) et le trajet coûte environ 1,5 €.

En voiture de location ou en taxi

Le taxi est très pratique, surtout si vous êtes plusieurs. Je vous recommande d’utiliser l’application locale GG Taxi ou GOTRIP.GE pour un chauffeur. Vous pouvez aussi essayer de partager un taxi avec des locaux pour environ 750 AMD par personne.

Pour ceux qui privilégient la flexibilité et la découverte à leur propre rythme, la voiture de location est une excellente option en Arménie. Dans ce cas, considérez Local Rent qui regroupe diverses agences locales proposant des tarifs compétitifs, avec de nombreux véhicules incluant une assurance tous risques SANS caution.

Carte interactive de l’Arménie

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Informations pratiques sur le monastère de Geghard

Si vous préparez votre visite au monastère de Geghard, voici toutes les informations pratiques dont vous aurez besoin pour profiter au mieux de ce lieu mystique.

Horaires et tarifs du monastère de Geghard

Le monastère est généralement ouvert au public tous les jours de la semaine, de 9h00 à 18h30. La bonne nouvelle pour votre budget est que l’entrée au complexe est totalement gratuite, bien que les dons pour l’entretien du site soient appréciés. Si vous vous y rendez avec votre propre véhicule de location, prévoyez simplement une petite somme de 200 AMD pour le parking situé à l’entrée.

Mes conseils pour une visite réussie

  • Le moment idéal : Je vous recommande vivement d’arriver tôt le matin. Non seulement vous éviterez les foules de touristes, mais vous profiterez aussi d’une lumière magnifique pour vos photos sur les falaises environnantes.
  • Équipement : Portez de bonnes chaussures de marche car le terrain est rocheux et inégal. En été, n’oubliez pas votre chapeau et de la crème solaire, car le soleil arménien peut être très fort.
  • Expériences à ne pas manquer : Une fois à l’intérieur, cherchez la source d’eau sacrée qui coule directement dans l’une des chapelles rupestres ; elle est réputée pour ses propriétés curatives. Prêtez aussi l’oreille : si vous avez de la chance, vous entendrez des chants liturgiques dont l’acoustique, amplifiée par la pierre sculptée, est absolument envoûtante.
  • Traditions locales : À l’extérieur, vous verrez peut-être des gens jeter des cailloux dans les niches de la falaise ou attacher des rubans aux arbres ; ce sont des rituels locaux pour faire des vœux.
  • Gourmandise : Ne repartez surtout pas sans avoir goûté la célèbre « gata » de Geghard, ce pain sucré traditionnel vendu par les mamies à l’entrée du site. C’est, selon moi, la meilleure de tout le pays !

Visite privée du monastère de Geghard

Pour en profiter pleinement à votre rythme sans une masse de touriste, voici les deux meilleurs visites privées pour voir le temple de Garni et ce qui suit.

Plan du monastère de Geghard

Voici le plan du monastère avec tous les points à voir que je décris plus bas.

plan geghard

Quoi voir au monastère de Geghard ?

Sur place, votre exploration commencera par la Katoghiké, l’église principale construite en 1215, reconnaissable à son dôme majestueux et ses sculptures soignées. Elle est reliée à un « gavit » (narthex), une grande salle voûtée dotée d’une acoustique phénoménale où vous aurez peut-être la chance d’entendre des chants liturgiques résonner contre les parois de pierre. Ne manquez surtout pas les chapelles entièrement creusées dans le rocher, dont celle abritant le caveau de la famille princière Proshyan, ainsi que la source sacrée qui coule à l’intérieur d’une des salles rupestres. Cette eau est réputée pour ses propriétés curatives et reste une étape fraîcheur incontournable pour les pèlerins.

En sortant des bâtiments principaux, prenez le temps de flâner le long des parois rocheuses pour admirer les innombrables khachkars (pierres à croix) finement ciselés dans la pierre. Je vous conseille aussi de traverser le vieux pont de pierre situé à l’arrière du monastère, au-dessus de la rivière Azat, pour profiter d’un cadre verdoyant et paisible. À l’entrée du site, vous trouverez aussi quelques marches qui vous conduiront à une chapelle creusée dans la roche.

1. Église Katoghike (1215)

L’église Katoghike est le cœur battant du complexe de Geghard, une structure magistrale érigée en 1215 à l’époque des frères Zakarian. Pour moi, c’est l’exemple parfait de l’architecture médiévale arménienne : elle se présente comme une structure à croix inscrite dans un carré, surmontée d’un dôme majestueux reposant sur une base carrée. À l’intérieur, j’ai remarqué que le plan forme une croix aux bras égaux et qu’on y trouve de petites chapelles à deux étages nichées dans chaque angle. Les murs sont d’ailleurs couverts de nombreuses inscriptions de donateurs qui nous racontent l’histoire de la piété et de la générosité des pèlerins à travers les siècles.

À l’extérieur, vous serez impressionnés par la finesse de la maçonnerie en basalte volcanique et la richesse des décorations sculptées qui ornent l’édifice. Le portail sud est un véritable chef-d’œuvre avec ses frises ciselées représentant des grenadiers chargés de fruits, des grappes de raisin et des feuilles d’acanthe entrelacées. Juste au-dessus, ne manquez pas la sculpture d’un lion attaquant un bœuf, un symbole puissant représentant la force princière de l’époque. Entre l’arche et le cadre extérieur, on peut aussi apercevoir des colombes délicatement sculptées dont les têtes sont tournées vers l’axe du portail, ajoutant une touche de poésie à cette façade de pierre.

2. Gavit de Katoghike (1225)

Le gavit de l’église Katoghike, que vous trouverez juste à l’ouest du bâtiment principal, est une structure de type narthex construite entre 1215 et 1225. Ce que je trouve absolument unique ici, c’est la façon dont cette salle est à la fois bâtie de manière classique et partiellement sculptée à même la roche de la montagne. Lorsque vous entrerez dans ce grand espace carré, vous verrez quatre colonnes centrales massives qui soutiennent un plafond de pierre percé d’un trou central pour laisser passer la lumière du jour. Prenez un moment pour lever les yeux : la coupole centrale est ornée de stalactites complexes, appelées muqarnas, un style qui proviendrait de l’architecture islamique et dont Geghard offre l’un des plus beaux exemples d’Arménie. Au Moyen Âge, ce n’était pas seulement un lieu de prière, mais un véritable centre de vie servant aux réunions, à l’enseignement et à l’accueil des voyageurs.

Avant de franchir la porte, je vous recommande de bien observer le portail ouest, car il se distingue par ses bandes sculptées ornées de motifs floraux très fins. Le tympanum au-dessus de l’entrée est superbe avec ses grandes fleurs entrelacées dans des branches et ses feuilles oblongues, un détail qui témoigne du savoir-faire des artisans de l’époque. Une fois à l’intérieur, vous serez sans doute saisis par l’acoustique phénoménale de la salle, qui donne une dimension presque mystique à la visite. C’est d’ailleurs dans cet environnement inspirant que de grands érudits, comme l’historien Mkhitar Ayrivanetsi au XIIIe siècle, ont vécu et travaillé. Enfin, ouvrez l’œil pour repérer les nombreux khachkars (pierres à croix) qui sont directement gravés ou encastrés dans les parois de ce vestibule sacré.

gavit Katoghike geghard

3. Église d’Avazan creusée dans la roche avec la source (1240)

L’église d’Avazan est sans doute l’endroit le plus mystique du complexe de Geghard. Située au nord-ouest du gavit, cette chambre a été entièrement sculptée dans la roche monolithique dans les années 1240 par l’architecte Galdzak, sous le règne du prince Avag. Ce qui me fascine à chaque fois, c’est de savoir qu’elle a été creusée à l’emplacement exact d’une grotte naturelle abritant une source sacrée qui était déjà vénérée à l’époque païenne. C’est précisément à cause de ce lieu que le monastère portait autrefois le nom d’Ayrivank, ce qui signifie le « monastère de la grotte ».

Sur le plan architectural, l’intérieur forme une croix aux bras égaux, une prouesse réalisée sans aucun mortier puisque tout est extrait du rocher. En levant les yeux, on découvre une coupole centrale magnifique ornée de stalactites de pierre finement ciselées qui laissent passer une lumière tamisée. Les parois sont décorées de bas-reliefs représentant des grenades et des motifs floraux complexes, tandis que le nom de l’architecte Galdzak est gravé à la base de la structure, entouré de sculptures délicates. La précision de ces formes géométriques taillées directement dans le basalte donne à la salle une harmonie parfaite entre le travail humain et la nature brute.

Mais le véritable cœur de cette église, c’est sa source d’eau fraîche qui jaillit directement du mur nord pour s’écouler dans un bassin creusé au sol dans le noir total. Cette eau est réputée depuis des siècles pour ses propriétés curatives miraculeuses, et c’est un rituel incontournable pour les visiteurs que d’en boire ou d’en remplir une bouteille. L’acoustique y est exceptionnelle, et si vous avez la chance d’y être seul un instant, le simple son de l’eau qui coule contre la pierre crée une atmosphère de sérénité absolue. Aujourd’hui encore, cette source reste un lieu de pèlerinage majeur où la tradition de foi et de guérison se perpétue à travers les âges.

Geghard avazan church

4. Sépulture de Prochian (1283)

La sépulture de la famille Prochian est l’un des espaces les plus mystiques du monastère de Geghard, entièrement creusée dans la roche en 1283 par l’architecte Galdzak. On y accède depuis le gavit principal, et j’ai trouvé fascinant de découvrir cette salle monumentale où le prince Prosh Khaghbakian a choisi d’établir le mausolée de sa lignée après avoir racheté le complexe au XIIIe siècle. Les tombes sont disposées directement dans le sol de pierre de cette chambre rupestre, créant une ambiance de recueillement unique renforcée par l’ingéniosité de cette construction réalisée sans aucun mortier.

Le clou de la visite réside dans les sculptures monumentales qui décorent les parois, notamment sur le mur nord où figurent les armoiries spectaculaires de la famille Prochian. J’ai été particulièrement impressionné par le haut-relief représentant une tête de bélier (parfois décrite comme un taureau) tenant dans sa gueule une chaîne qui lie deux lions, le tout surmontant un aigle saisissant un agneau dans ses serres. Sur la paroi orientale, on peut également observer des figures humaines aux têtes auréolées, qui représenteraient les membres de la dynastie princière ayant ordonné la création de ce chef-d’œuvre de l’architecture médiévale arménienne.

5. Chapelle Saint Astvatsatsin (1283)

La Chapelle Saint Astvatsatsin, que l’on appelle aussi l’Église de la Sainte-Mère-de-Dieu ou église des Proshyan, est la seconde structure rupestre que tu découvriras au cœur du monastère de Geghard. On y accède de manière assez spectaculaire en traversant le sépulcre de la famille princière Proshyan, une salle elle-même sculptée dans le roc. Creusée en 1283 dans le granit monolithique par le talentueux architecte Galdzak, elle a été offerte par le prince Prosh Khaghbakian pour servir de sanctuaire et de mausolée à sa lignée. Ce qui me fascine toujours ici, c’est cette prouesse technique qui a permis de transformer l’intérieur d’une montagne en un espace sacré d’une telle régularité, le tout sans utiliser le moindre morceau de mortier.

Une fois à l’intérieur, tu seras frappé par son plan cruciforme et sa coupole magnifiquement décorée, dont le tambour alterne entre des demi-colonnes et des fenêtres aveugles, le tout surmonté d’une ouverture circulaire laissant filtrer une lumière tamisée. La richesse des sculptures est incroyable pour une église souterraine : tu pourras y admirer des reliefs d’animaux, notamment une chèvre réaliste sculptée à la base de l’escalier de l’autel, ainsi que des motifs de rosettes et des entrelacs géométriques. Ouvre bien l’œil car sur un khachkar à gauche de l’autel se trouve une figure humaine tenant un bâton, que l’on pense être une représentation du prince Prosh lui-même. Comme dans le reste du complexe, l’acoustique y est phénoménale, rendant chaque murmure ou chant presque surnaturel.

6. Gavit supérieur Zhamatun (1288)

Pour découvrir le Gavit supérieur, également appelé Zhamatun, vous devrez emprunter un escalier extérieur situé près de l’entrée du narthex principal. Creusée en 1288 dans la roche monolithique, cette salle spacieuse au plan carré servait de sépulture au prince Papak Proshyan et à son épouse Ruzukan. On y accède par un long couloir étroit d’environ 10 mètres, dont les parois sont ornées de nombreuses croix gravées dans la pierre qui créent une ambiance très solennelle. Bien que les sépultures d’origine de Papak et Ruzukan aient disparu avec le temps, vous pourrez toujours y observer les pierres tombales des princes Merik et Grigor.

À l’intérieur, je suis toujours frappé par l’architecture qui reproduit fidèlement la forme d’un gavit classique, avec quatre colonnes centrales massives taillées dans la masse supportant des arches semi-circulaires. Le plafond est couronné par une coupole sphérique percée d’un orifice central qui laisse passer une lumière zénithale tamisée. Une particularité que j’aime beaucoup souligner est la présence d’une petite ouverture au sol, dans le coin arrière droit, qui permet de voir directement dans le tombeau situé à l’étage inférieur. Enfin, je vous conseille vraiment d’y rester un instant en silence : l’acoustique de cette chambre haute est absolument extraordinaire, rendant chaque vibration sonore presque irréelle.

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Si vous avez de la chance, vous pourrez entendre les chants polyphoniques des cœurs de Geghard. Je vous garantie que ça donne la chair de poule tellement c’est magnifique. J’ai eu cette chance lors de ma première visite et je m’en rappelle encore. Je vous mets un petit extrait ci-dessous et je vous propose d’organiser une représentation de cette choral lors d’un circuit avec moi.

7. Cellule de Saint Grégoire l’Illuminateur

Pour les plus courageux d’entre vous, je vous conseille de grimper les longues et étroites marches de pierre situées sur le côté est du monastère pour atteindre la cellule de Saint Grégoire l’Illuminateur. C’est dans cette petite cavité rupestre que le saint a choisi de vivre une vie d’ascète après avoir cédé son siège de Catholicos à son fils Aristakes. Ce lieu est considéré comme le point de départ symbolique du complexe, car c’est ici, dans ces grottes naturelles, que Grégoire a fondé le premier couvent au IVe siècle, à l’époque où le site portait encore le nom d’Ayrivank. Aujourd’hui, cette cellule est devenue un haut lieu de pèlerinage pour les Arméniens qui viennent y prier, attirés par la dimension mystique de cet espace sacré.

12. Chapelle Sainte Astvatzatzin

La chapelle de Saint-Grégoire l’Illuminateur (anciennement connue sous le nom de Chapelle de la Mère de Dieu – Sainte Astvatzatzin), construite avant 1177, se dresse en hauteur au-dessus de la route, à une centaine de mètres de l’entrée du monastère. Partiellement taillée dans un massif rocheux solide, sa conception a très probablement été largement influencée par la forme de la grotte qui existait à cet emplacement ; de plan rectangulaire et dotée d’une abside en fer à cheval, elle est prolongée à l’est et au nord-est par des couloirs et des annexes creusés à différents niveaux, certains superposés les uns aux autres. À l’intérieur, des traces de plâtre et des vestiges de fresques sombres témoignent de la présence d’anciennes peintures murales, tandis que des khatchkars aux ornements variés sont incrustés dans les murs extérieurs et gravés sur les surfaces rocheuses environnantes.

Les meilleurs excursions en groupe

Le bon plan que vous attendiez : 2 excursions en groupe exceptionnellement bien notées, pour une expérience inoubliable… sans se ruiner ni se compliquer la vie.

Quoi voir sur la route de Erevan à Geghard ?

En partant de Erevan, il y a pleins de choses à voir avant d’atteindre le monastère de Geghard. Je vous décris tous les points d’intérêt ci-dessous.

Arche de Charents

Lors de votre trajet entre Erevan et Geghard, je vous conseille vivement de faire une petite pause au village de Voghjaberd pour admirer l’Arche de Charents. Érigé en 1957 par l’architecte Rafayel Israyelian, ce monument de basalte gris à l’extérieur et de tuff orange à l’intérieur rend hommage au célèbre poète Yeghishe Charents, qui venait souvent ici chercher l’inspiration. Perché à 1500 mètres d’altitude sur une colline, cet édifice rectangulaire de 5 mètres de haut peut sembler discret depuis la route, mais il a été conçu spécifiquement pour célébrer le lien profond entre le poète et la terre arménienne.

Ce qui rend cet endroit vraiment magique, c’est la façon dont l’arche encadre parfaitement le majestueux Mont Ararat, offrant l’une des vues panoramiques les plus époustouflantes de la région. En vous tenant sous la structure, vous pourrez lire un vers célèbre de Charents gravé dans la pierre : « Passe le monde entier, il n’est pas de sommet aussi blanc que celui de l’Ararat ». C’est pour moi une étape incontournable pour capturer des photos mémorables du mont Masis et des vallées environnantes, tout en s’imprégnant de l’âme littéraire de l’Arménie.

Arche de Charents Garni

Grottes de Voghjaberd

Au village de Voghjaberd, vous apercevrez des cavités intrigantes sculptées dans les pentes de la montagne : ce sont les grottes de Voghjaberd. Ces abris creusés par l’homme datent principalement des XIIe et XIVe siècles, une époque où la création d’églises et de khachkars rupestres était très populaire et où la population locale cherchait probablement à se protéger des invasions ennemies et de l’instabilité politique. Bien qu’il n’existe pas de recherches définitives sur leur origine exacte, j’ai trouvé fascinant d’apprendre que ces grottes n’étaient pas seulement des refuges temporaires, mais de véritables lieux d’habitation aménagés par les hommes de l’époque médiévale.

Pour les explorateurs en herbe, l’accès demande un petit effort de randonnée ou de varappe depuis le village, mais la récompense en vaut la peine, car le site offre une vue spectaculaire par temps clair sur les monts Ararat et Aragats. Même si les cavités ne sont pas aussi profondes ou nombreuses que ce que l’on pourrait imaginer, l’ambiance y est unique et c’est un endroit idéal pour une pause contemplative face au paysage. Le site est d’ailleurs entouré d’autres trésors historiques, comme des monuments mégalithiques (cromlechs) datant du IIe millénaire avant J.-C. au nord et les ruines d’une église à dôme du IVe ou Ve siècle au sud, ce qui témoigne de l’occupation très ancienne de ces pentes.

La symphonie des pierres

La Symphonie des Pierres, que l’on appelle aussi l’« Orgue de Basalte », est une merveille naturelle située dans les gorges de Garni qui me laisse toujours sans voix par sa régularité quasi artistique. Imaginez d’immenses colonnes de basalte, composées de prismes hexagonaux et pentagonaux parfaitement formés, qui s’élèvent jusqu’à 50 mètres de haut le long des falaises abruptes. Contrairement à la célèbre Chaussée des Géants en Irlande, ces formations semblent littéralement pendre du haut de la gorge plutôt que de sortir du sol, créant l’illusion d’un instrument de musique monumental sculpté pour des géants. Ce spectacle visuel unique s’étend sur plusieurs kilomètres le long de la rivière Azat, offrant un rythme géométrique surréaliste qui témoigne de la créativité brute de la nature.

D’un point de vue géologique, ce site fascinant est le résultat de processus volcaniques remontant à environ 40 millions d’années, lorsque de la lave en fusion a refroidi et s’est contractée en se solidifiant pour créer ces fractures verticales parfaites. Pour vous y rendre, le site est très accessible : il se trouve à environ 2 kilomètres en contrebas du temple de Garni et peut être rejoint par une route pavée ou une randonnée d’une trentaine de minutes depuis le village. En plus des colonnes, je vous conseille de ne pas manquer le pont médiéval du XIe siècle qui enjambe la rivière à proximité, lui aussi construit en blocs de basalte. C’est un lieu magique pour la photographie, mais restez prudents et respectez les zones de sécurité, car des fragments de roche peuvent parfois se détacher des parois.

Entrée payante (300 AMD) et piétonne. Parking 200 AMD.

symphonie des pierres Garni

Le temple de Garni

Quand on arrive devant le temple de Garni, on est tout de suite frappé par son allure impériale qui détonne magnifiquement dans le paysage caucasien. C’est un édifice de style gréco-romain classique, construit sur un haut podium et entouré d’une colonnade élégante composée de 24 colonnes ioniques en basalte gris. J’adore m’attarder sur les détails sculptés : les frises sont ornées de feuilles d’acanthe, de lauriers et de grenadiers, tandis que des piédestaux représentant le Titan Atlas flanquent l’entrée. Bien qu’il ait été réduit en miettes par un séisme en 1679, il a été méticuleusement reconstruit entre 1969 et 1975 selon la technique de l’anastylose, en utilisant les pierres d’origine complétées par du basalte gris lisse pour que l’on puisse distinguer les parties restaurées des fragments anciens.

L’intérieur du temple abrite la cella, une pièce sacrée relativement petite qui ne pouvait contenir qu’une vingtaine de personnes, ce qui laisse supposer qu’elle servait principalement à abriter une statue du dieu du soleil, Mihr. La structure globale est un chef-d’œuvre d’ingénierie antique : les blocs de basalte massif ont été assemblés sans mortier, mais reliés par des attaches en fer scellées au plomb pour garantir leur stabilité. C’est pour moi un témoignage unique et émouvant des liens profonds qui unissaient autrefois l’Arménie aux mondes grec et romain.

temple de Garni

Où séjourner autour de Geghard ?

Si vous décidez de poser vos valises dans la province de Kotayk plutôt que de faire l’aller-retour depuis Erevan, vous avez plusieurs options très sympas. Beaucoup de voyageurs choisissent de visiter Garni et Geghard en une seule journée car le site n’est qu’à environ 40 minutes de route de la capitale, mais y rester une nuit ou deux permet de découvrir les environs à un rythme beaucoup plus détendu.

Si vous avez envie de prolonger l’expérience et de dormir au cœur du village, le Harmonia Garden est l’une des adresses les plus recommandées pour séjourner sur place. Bien que beaucoup de voyageurs fassent l’aller-retour depuis Erevan dans la journée, choisir cet hôtel vous permet de profiter pleinement de la région de Garni et de ses paysages sans vous presser. C’est une excellente option pour ceux qui souhaitent s’immerger un peu plus dans la culture et l’histoire locales avant de poursuivre leur aventure arménienne.

Logement Garni

Mon option préférée se trouve entre Garni et Geghard. Le village de Goght abrite le 3Gs Camping and Bed and Breakfast. C’est un véritable havre de paix niché au milieu des vergers où vous pouvez choisir entre le camping (avec location de tente possible) et des chambres doubles confortables. L’endroit dispose d’une piscine avec une vue magnifique sur la vallée, ce qui en fait un point de chute idéal pour se relaxer après une randonnée. L’hôte, Sandra parle français.

Où déguster les meilleures spécialités locales ?

Dans le coin de Garni et Geghard, on mange vraiment super bien et les options ne manquent pas pour découvrir les saveurs locales. Si vous voulez une vue à couper le souffle sur le temple et les gorges, je vous conseille vivement le restaurant 7 QAR, où l’on sert de délicieux barbecues arméniens au milieu de danses traditionnelles. Pour une ambiance plus culturelle juste avant d’entrer au temple, Noah’s Garden est une étape géniale car vous pouvez y déguster des khorovats (viandes grillées) tout en observant des ateliers de fabrication de tapis ou de lavash.

Le restaurant familial Mer ojakh est aussi une excellente option pour savourer des classiques comme des dolmas ou des rouleaux d’aubergines face au panorama des gorges.

Enfin, du côté du monastère de Geghard, il est impératif de goûter à la célèbre gata, ce pain sucré beurré vendu tout chaud par les marchands à l’entrée du site. Pour un repas plus posé dans ce secteur, vous trouverez également un charmant café doté d’un balcon en bois offrant une vue imprenable sur la vallée environnante.

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FAQ sur Geghard

Faut-il payer pour visiter le monastère de Geghard ?

Non, l’entrée du monastère de Geghard est gratuite, bien que les dons soient les bienvenus.

Où peut-on avoir la meilleure vue sur le Mont Ararat ?

L’Arc de Charents, situé près du village de Voghjaberd sur la route de Garni, offre un panorama spectaculaire et encadre parfaitement le mont Ararat. Il a été érigé en 1957 en hommage au poète Yeghishe Charents.

Quel est le meilleur moment pour visiter la région ?

Le printemps et l’automne sont idéaux pour des températures clémentes. Pour la photographie, privilégiez le matin tôt ou la fin d’après-midi pour éviter les foules et profiter d’une lumière plus douce sur les pierres.

Avez-vous déjà visiter Geghard ? Partagez vos impressions dans les commentaires ci-dessous.

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